vendredi 15 mai 2026

4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité d'interviewer mon cher ami, Eric Larcheveque. Eric est devenu, depuis sa participation à "Qui Veut Etre Mon Associé" une star sur les réseaux sociaux et dans la vraie vie. Vous pouvez retrouver la vidéo ci-dessous :


Eric est vu en France, et sans doute à raison, comme étant "Monsieur Bitcoin". Cela lui vaut d'ailleurs pas mal de contraintes de sécurité comme il me l'a raconté, ce qui est tout simplement insupportable !

Eric est, comme moi, un "Bitcoin Maximalist". Je considère en effet que le jeton bitcoin est le seul qui puisse éventuellement être considéré comme une monnaie. Les autres jetons qu'il s'agisse d'Ethereum, de Solana, du XRP et de l'ensemble des cryptomonnaies sont des projets globalement très intéressants, souvent bien plus fonctionnels que la blockchain bitcoin, mais qui doivent être valorisés selon une logique de société et non pas comme des monnaies. 

Eric a plusieurs fois affirmé que 100% de sa trésorerie disponible était investi en bitcoins. Quand il parle de sa trésorerie disponible, il fait référence à l'argent qui n'est pas investi dans ses actifs, tels que son domaine ou bien ses investissements dans des startups. 

En d'autres termes, pour la préservation de son capital, Eric ne fait confiance qu'au Bitcoin. Il envisage un futur dans lequel les autres actifs, à commencer par les monnaies fiat seront très fortement secouées, voire retourneront à leur valeur intrinsèque, ... comme dirait Voltaire. 

En d'autres termes, Eric investit toutes ses économies disponibles dans la cryptomonnaie Bitcoin. Et il le fait dans une logique de "sécurité émotionnelle". Il dort bien précisément parce qu'il sait que ses actifs sont exclusivement en Bitcoin. Il a mis tous ses oeufs dans le même panier, mais c'est pour lui un panier en titane, absolument incassable. 

Dans un autre registre, mon ami JS, installé dans la Silicon Valley et qui travaille depuis une dizaine d'années pour Google, ne jure que par les hyperscalers de la Silicon Valley. La plus grande partie de ses actifs (hors immobilier) est investi sur certains des plus grands noms à l'épicentre de cette révolution que constitue l'Intelligence Artificielle : Alphabet bien sûr, la maison mère de Google, mais également Nvidia et Amazon. Il a également d'autres stocks tels qu'Intel et sans doute de manière plus anecdotique Meta et Microsoft. Nvidia est une conviction très forte et cette pondération découle de ce qu'il observe au quotidien : la demande est très très forte, personne ne peut (pour l'instant) remplacer Nvidia qui est l'un des 

Soyons clairs : la réalité lui donne raison pour le moment. La demande est gigantesque. Nvidia n'arrête pas, depuis plusieurs trimestres, de battre toutes les prévisions pourtant régulièrement relevées des analystes. 

Nvidia est en général vu comme un concepteur de puces alors qu'il dispose de tout un ecosystème, en particulier CUDA. Comme l'explique cet article de Wired, Nvidia est aussi et peut-être avant tout une société de logiciel. 

A côté, les chiffres d'Alphabet et même d'Amazon sont également très flatteurs, si on met de côté la baisse énorme du free cash flow, conséquence de l'explosion des Capex, pour des équipements présents dans des datacenters dont la durée de vie avant obsolescence est singulièrement courte

Donc, peut-être que cette fois, c'est différent. 

Mais peut-être sommes-nous en bulle ? 

Et justement, certains semblent le penser, comme en témoigne cette excellente vidéo de Xavier Delmas :


Le sujet des Capex est en effet vertigineux et souvent mis de côté. La phrase attribuée à Larry Page dans l'image ci-dessous, si elle est réelle reflète bien ce qui est en train de se passer au niveau de l'intelligence artificielle : il s'agit d'une guerre d'attrition !

Le 02 juillet, j'aurai le plaisir d'interviewer un chef d'entreprise et investisseur de tout premier plan de l'écosystème français. Et lui ne jure que par Tesla qu'il a pourtant découvert assez tardivement (vers 2021 ou 2022). Il a investi plusieurs millions d'euros (ou dizaines de millions ?) dans cette société. De son propre aveu, il passe plusieurs jours par jour à explorer différents aspects des sociétés de Musk, de la concurrence, du marché,... 

Il est incollable sur un certain nombre de sujets et vois le cours arriver à 2000 dollars ce qui multiplierait son investissement initial par près de dix. 

Voici en particulier l'un de ses derniers tweets sur la difficulté de reproduire la capacité des mains humaines et l'avance prise, selon lui, par Tesla sur ce sujet. 


Cet entrepreneur est intimement convaincu que la société Tesla a pris une avance extraordinaire qui se matérialisera dans les années à venir. Et selon lui, les actions Tesla constitueront une réserve de valeur quels que soient les scénarios futurs, y compris le décès actuel de son emblématique PDG. On va mettre de côté le scénario d'une apocalypse nucléaire dans lequel la réserve de valeur deviendrait de facto la nourriture et les armes. 

De mon côté, je considère que les métaux précieux, or et argent en particulier n'en sont qu'au début de leur ascension séculaire. Nous allons payer le prix (ou bénéficier, selon le camp dans lequel on se trouve) de près de 50 ans de gabegie inflationniste et pour l'instant mon observation du marché est que Bitcoin se comporte comme un actif "risk-on", c'est à dire qu'il monte lorsque les actifs (actions...) corrélés au risque, augmentent. Pour survivre à la prochaine crise financière (pas nécessairement pour prospérer avant), il faudra être investi en métaux précieux ou mieux encore en actions de sociétés minières. 


4 investisseurs et 4 façons différentes d'envisager les réserves de valeur du futur. 
Probablement, un seul de ces investisseurs aura raison, même s'il n'est pas interdit de penser que nous puissions avoir raison à tour de rôle.
 
Pour ma part, après avoir envisagé chacun de ces scénarios, je m'en tiens à mon approche. Le scénario des stocks relatifs à l'IA et au semiconducteurs est celui qui me semble le plus fragile, même si bien sûr, c'est également celui qui, depuis un an ou deux, connait son heure de gloire
Le poids relatif de l'IA dans le S&P500 est exagéré à environ 45% de l'indice. Il dépasse même ce que l'on a vu pendant les excès de la bulle des Dotcoms. Bien sûr, ce poids pourrait encore augmenter, mais le graphique ci-dessous représente un signal "contrarien" important :


J'aime beaucoup Tesla, mais je reste persuadé que la boite va se retrouver en-dessous de 100 dollars au creux de la prochaine grande crise financière et probablement même sous les 80 dollars. 
Musk a énormément semé. Il n'a pas le temps de tout gérer. On voit déjà de grosses difficultés avec le rachat de Cursor alors même que l'équipe de xAI s'enfuit en masse. 
Sur le plan des voitures électriques, Tesla a perdu la guerre contre BYD pour la domination planétaire. Sur le sujet des robots domestiques, le momentum appartient en ce moment à la Chine et à des sociétés telles que Figure AI. Il leur reste bien d'autres batailles à livrer et Tesla est loin d'avoir perdu la guerre. Mais il y aura plein d'occasions pour racheter l'action à un prix plus attractif, selon moi. 

L'image ci-dessous montre les PER (Price Earnings Ratios) de ceux que l'on appelle les "Magnificent Seven". Cherchez l'erreur...

Je n'ai rien contre le Bitcoin. Simplement même à 75 000 dollars (ou plus, au gré des journées), le prix me semble trop élevé. 
Rappelons que Bitcoin et donc l'ensemble des cryptomonnaies n'ont jamais connu de véritable grande crise financière. Bitcoin est né en 2009 en plein pendant la GFC ("Great Financial Crisis"). Au moment de la "crisounette" de mars 2020, le prix d'un BTC était tombé à environ 3000 dollars, mais cela n'est rien en comparaison de ce qui nous attend lors de la prochaine crise de liquidités. Je maintiens qu'il sera possible d'acheter du BTC en dessous de 10000 dollars US. 

Cela fait 50 ans que l'or et l'argent sont compromis par des manipulations du COMEX appuyées en sous-main par les grandes banques (oui, vous pouvez dire que je suis un complotiste !) : ce n'est pas la timide reprise de l'année dernière qui aura permis de normaliser tout cela. 
L'achat d'actions minières permet même d'obtenir le meilleur des deux mondes : 
1) La protection contre une crise de confiance massive dans les monnaies fiat puisqu'elles impriment de l'argent, du véritable argent ! 
2) Des ratios de valorisation très intéressants et la hausse du sous-jacent (les cours des métaux précieux) qui font que l'achat de certaines actions s'apparente à un achat de type "Value". Les résultats du premier trimestre par les principaux acteurs du marché viennent corroborer ce sentiment. 
3) On le sait peu mais le secteur des matières premières est sous-représenté dans les indices. En particulier, la proportion de minières au niveau du S&P500 est historiquement faible. 










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