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samedi 7 janvier 2023

Le drame des boulangeries

Pour démarrer cette année 2023, j'écris au plus vite (car mon agenda ne me permet pas d'y passer autant de temps qu'il le faudrait) cet article sur le drame vécu par les boulangeries et ce qu'il dit de notre pays. 

Je dois avouer que je n'ai pas prêté autant d'attention à ce problème qu'il aurait été nécessaire, et je ne suis pas sûr de bien maitriser tous les tenants et aboutissants du dossier. 

jeudi 22 octobre 2020

La boite à outils de la BCE

 

Je rencontre partout cette expression : la BCE dispose d'une  "boite à outils". 

C'est devenu trop difficile... Je n'arrive plus à supporter cette expression aussi fausse qu'il est possible de l'être.


Pour commencer, cette image de "boite à outils" donne l'impression que la BCE est un artisan. 

Rien n'est plus éloigné de la vérité : un artisan se doit d'être précis, minutieux. Il gagne son pain à la sueur de son front et à la force de son talent.  L'idée de l'artisan qui travaille implique, le plus souvent, le sentiment de travail bien fait. 

Les banques centrales n'effectuent aucun travail : ce qu'elles font s'apparente à de la pornographie

Elles ont créé un monstre. Dont elles ont peur. Ce monstre réclame sans cesse plus d'argent : il faut le nourrir et pour cela, il faut imprimer. Rien d'artisanal là dedans. 


Ensuite cette expression laisse à croire que la BCE a toute une panoplie de moyens lui permettant de soutenir l'économie. 

En réalité, la BCE n'a que 2 de ces soi-disants "outils". Il n'est donc absolument pas nécessaire de prévoir une boite pour les ranger. 


1) Le premier est la capacité à imprimer de manière infinie de l'argent. 

A la limite, cette impression massive d'argent pourrait être une bonne chose ... dans notre malheur, sauf qu'elle profite bien entendu, quasi exclusivement, à ceux qui sont le plus proches de ce monstre basé à Francfort

Rarement, entendra-t-on le petit paysan du Larzac se réjouir de l'impression monétaire de la BCE. 

L'impression monétaire profite aux gouvernements (pour masquer leur incurie) et avant tout aux banques et à toute la cohorte de parasites qui se nourrit aux prébendes des banques centrales.


2) Le deuxième est la capacité à mentir en permanence, à enrober justement le point 1) de paroles mielleuses qui dissimulent le fait que la BCE (la Fed, la BoJ, ...) :

  • Accroissent les inégalités en distribuant des tombereaux de pognons aux déjà riches
  • Préparent le grand reset et la ruine future. 

La BCE, comme toutes les banques centrales, prépare la ruine de notre civilisation ! Je n'ai pas de mots assez forts pour qualifier ces voyous. 

Si la BCE était empêchée de poursuivre l'avilissement de l'Euro, tâche commencée presque dès la création de la monnaie unique, et poursuivie avec une ferveur croissante, principalement ces dernières années, nous n'en serions pas là, sur un très grand nombre de problèmes actuels : principalement la surconsommation (et son corollaire, l'écologie), la perte des repères, le règne de l'argent roi, ...

J'ai bien conscience d'insister fortement sur ce sujet des banques centrales. C'est parce que, de tous les problèmes qui nous assaillent, je crois bien que la gestion efficace de celui-ci aura un impact fort sur le règlement de tous les autres. 



samedi 11 juillet 2020

Tesla : un peu plus près des étoiles...



Sur les 7 derniers jours, le cours de l'action Tesla est passé de 1000 à 1500 dollars, ... sans qu'aucune nouvelle ne vienne expliquer l'augmentation des cours.  Il a clôturé ce vendredi à 1544 USD pour une capitalisation approchant les 300 milliards de dollars ( entre un  tiers et un quart de celle de Google qui est très profitable).



Il y a eu un article de SRSrocco intitulé sobrement "Total Market Insanity : Toyota vs Tesla" qui démontre à quel point le fait que la capitalisation de Tesla (259 milliards à la date de l'écriture de l'article) dépasse celle de Toyota est une aberration.

Mais c'est de l'histoire ancienne : Telsa a depuis pris près de 30 milliards de dollars de valorisation complémentaire en quelques jours ( plus de 4 fois la valorisation de Renault S.A.) et ceci, comme je l'ai dit, sans aucune nouvelle, à part l'assurance une fois de plus de la part de Musk que la conduite autonome allait bientôt arriver. 

Aujourd'hui, la société TSLA dépasse à elle seule la capitalisation boursière combinée de GM, Fiat / Chrysler, Honda, BMW, Nissan, Hyundai, Mercedes et Ford.



Pas mal pour une société qui n'a jamais dégagé de profit et je pèse mes mots.

Le site TeslaCharts va plus loin. Il montre en particulier que les livraisons de véhicules n'ont pas significativement progressé sur toute l'année 2019.


Bien entendu, ces livraisons sont une fraction seulement des ventes de chacun de ces concurrents dont Tesla dépasse la valeur combinée.

J'ai bien conscience que je fais une fixation sur Tesla... Mais en fait, ce n'est pas mon sujet. 

Mon sujet est de montrer à quel point l'action absolument insensée des banques centrales rend ce genre de situation possible. 

J'ignore combien de temps cette insanité durera. Je ne pense pas qu'elle durera encore 10 ans.

Et surtout : elle aura des conséquences horribles qui nous toucheront tous...

Mais l'ignorance des foules aura sans doute la capacité de retarder cette prise de conscience indispensable. 

Et dans cette catastrophe annoncée, chaque voix compte pour rappeler qui sont les vrais coupables.

 









samedi 30 mai 2020

L'or, encore et toujours


Pourquoi est-ce que je parle tellement de l'or ?
Parce que l'or est vraiment le canari dans la mine, l'avertisseur des problèmes à venir.


J'ai longtemps expliqué, même sans avoir connaissance du graphique ci-dessous, qu'en 2020, au regard de la création monétaire, l'or qui est LA MONNAIE par essence, n'est vraiment pas cher.

Je le redis d'une autre manière : au 31 Décembre 1999, l'or cotait, selon la côte CPRor environ 290 dollars l'once.
Je maintiens, sans avoir de preuves formelles, que ce prix était en fait plus cher que le prix actuel de 1730 dollars ( presque 6 fois plus), tout simplement parce que la création monétaire a entre temps été multipliée par plus de 6. Et même en tenant compte des extractions de métaux précieux, le rapport reste favorable à l'or.

Le site US Debt Clock montre l'évolution des dettes selon les différents acteurs économiques sur différentes périodes.


Sur 2020, la dette nationale US est estimée à 25,7 billions de dollars.

Comparons la situation avec l'année 2000, puisque le site donne également des estimations sur différentes années passées.


Sur cette période, la dette nationale US s'élevait à 5,7 billions.
L'augmentation est de l'ordre d'un facteur 4,5 (et non pas 6 fois), ce qui me semble à première vue me donner tort, sauf que :

  • Le vrai chiffre à retenir sur ce tableau est celui de la monnaie est des dérivées de crédit qui s'établit à ce jour (30 Mai 2020) à 682 billions. Et là encore, il s'agit d'une estimation. Les vrais montants sont incalculables pour quiconque. 
  • Ces chiffres ne prennent pas en compte l'augmentation des masses monétaires dans les pays émergents. C'est en Chine et dans d'autres pays en développement que l'impression monétaire a été la plus gigantesque, pas aux Etats-Unis. 


Prenons donc les rapports papier vers métal argent et papier vers or maintenant


Bien entendu, ces variations sont approximatives, mais elles donnent une idée de la différence entre avant et maintenant. Elles matérialisent le fait que les métaux précieux représentent une valeur immuable dans le temps, contre laquelle viennent se fracasser les monnaies papiers dont la valeur s'érode au fil des ans.

Selon l'article paru ce jour sur le site de Zerohedge, les mouvements de l'or en ce moment même sur le COMEX sont historiques : on parle ici d'or physique ce qui montre bien que l'inquiétude est monté d'un cran.

Car, et cela fait référence à l'article de l'un de mes blogueurs favoris, Bruno Bertez : l'or est rationné comme tout ce qui n'est pas à son prix, personne ne l'a encore compris.

L'idée que Bertez exprime fort justement est ce que je ressens confusément, même si j'ai un mal fou à l'exprimer simplement (et pourtant, j'essaie) : l'or n'est pas un marché libre.
Le plus souvent, dans des proportions qui donnent le vertige, il est remplacé par du papier.

J'ai presque envie de répondre qu'il y a quand même un certain nombre de personnes (dont votre serviteur) qui l'ont compris, mais c'est vrai que ce n'est pas un sujet qui sera abordé au journal de 20 heures sur TF1.
Et c'est pour cela qu'il faut le répéter, sans se lasser.

J'écris sur l'or, encore et encore, pour éveiller les consciences afin que la manipulation des pseudos-magiciens prenne fin...

Que cela soit avec le Bitcoin, l'or, le platine,  ou tout ce que vous voulez, il faut que ce transfert de richesses s'arrête.
Le peuple en est le plus grand perdant, au bénéfice d'une caste sans cesse rétrécie de crapules dont le seul avantage est de pouvoir imprimer à leur profit une monnaie qui devrait être le bien commun...

dimanche 3 mai 2020

Comment est fixé le prix de l'or


Je pense que cet article est, de loin, le plus important que j'ai jamais publié ce blog.

Je s'interroge sur la manière dont sont établis les prix de l'or et pourquoi ce dernier ne monte pas autant qu'il le devrait.

On a tendance à croire que le prix du métal précieux s'établit par la simple combinaison de l'offre et de la demande, comme tout marché qui se respecte.

En fait, pas du tout.

L'or est une denrée bien trop stratégique pour qu'on lui permette d'exprimer directement son potentiel.


Je vais ci-dessous expliquer ce que je sais, c'est à dire peu de choses, et surtout, je vais exprimer mon ressenti, ce que je crois, après avoir pratiqué le marché pendant de nombreuses années.

Le prix de l'or est majoritairement défini en Angleterre par la LBMA, London Bullon Metal Association, qui est reconnu comme l'opérateur de référence sur ce marché des métaux précieux.

L'ancien système faisait appel à un fixing de l'or, une opération qui se produit 2 fois par jour (à 10:30 et 15:00 et qui faisait intervenir 5 banques : Deutsche Bank, Barclays, HSBC USA, Société Générale et Scottia Mocatta, qui n'est rien d'autre que le plus vieux négociant en or du monde (établi en 1671 !) et dont la maison mère, Bank of Nova Scotia vient d'annoncer la fin des activités.

Le nouveau système fait appel à 15 acteurs : Bank of China, the Bank of Communications, Coins 'N Things, the Industrial and Commercial Bank of China, INTL FCStone, Jane Street Global Trading, HSBC Bank USA, JPMorgan Chase, Koch Supply and Trading, Marex Financial, Morgan Stanley, Standard Chartered, the Bank of Nova Scotia, et la banque Toronto-Dominion.
Comme on peut le voir, l'écrasante majorité des participants sont des banques.
Cet article de BullionVault en détaille l'historique et le principe.

En parallèle de cela, la COMEX située aux Etats-Unis permet de gérer des contrats d'achats et de vente sur le prix de l'or qui sont presque exclusivement conclus en monnaie papier.

Si vous cherchez sur Internet, vous trouverez d'innombrables articles d'inspiration à priori plus ou moins conspirationnistes, y compris sur des sites aussi sérieux que celui de Forbes.
Que disent en substance l'ensemble de ces sites : qu'il existe une action parallèle au niveau du LBMA et du COMEX pour contraindre la hausse du marché des métaux précieux. 

Cet article de 2012, de Jean-François Faure, fondateur de AuCoffre.com explique la situation et en particulier le fait que la COMEX ne détient pas l'or physique qu'elle échange, ce qui fait que si les participants demandent la livraison physique de leur or, elle se retrouvera dans l'incapacité d'honorer ses contrats.

L'article suivant fait un point de situation à fin Décembre 2019.

Pour être clair, la manipulation du cours par les banques n'est pas seulement une vue de l'esprit des conspirationnistes : 
En 2014, la Barclays a été condamnée à une amende de £26 millions.
En 2016, la Deutsche Bank a été condamnée à une amende de $60 millions.
Au moins 10 grandes banques auraient été engagées dans la manipulation des prix.
En ce moment, une enquête est en cours sur JPMorgan.

Sans commentaires... Quand un système vous permet de gagner des centaines de millions de dollars et que vous payez une amende de plusieurs dizaines de millions de dollars, il y a de quoi rire très fort.

Une organisation en particulier, s'occupe de dénoncer avec une constance qui force l'admiration, la manipulation supposée des prix. Il s'agit du GATA (Gold Anti Trust Action Committee) qui, sous l'égide de Chris Powell dénonce inlassablement depuis 1998 les actions des institutions financières pour encadrer le prix de l'or.

Il y a également ce site, Investment Research Dynamics de Dave Kranzler que j'aimais consulter, mais je dois avouer qu'il est pénible de lire des articles qui tous découlent de la même veine : le marché de l'or est sur le point d'exploser à la hausse, la fraude du LBMA va être dévoilée au vu et au su de tous, le COMEX va faire défaut, ... Pour être sans cesse démenti par la réalité, et pour finalement observer que la situation perdure au fil du temps.

Voici ce que je pense : oui, il y a de la fraude, et les banques qui s'en rendent coupables s'acquittent d'une amende qui rend malgré tout l'opération très profitable.

Très régulièrement, le site Zerohedge fait état d'ordres de vente massifs faisant chuter brutalement les cours.


Quand vous êtes négociant de métaux précieux et que vous souhaitez vendre une grande quantité d'or, vous ne vendez pas la totalité de vos contrats à tout prix, d'un seul tenant sans fractionner en ordres plus petits ... Sinon vous allez affoler le marché et le faire baisser brutalement, vous allez déclencher des stops de protection, et donc vous allez vendre moins cher votre or.
C'est pourtant ce qui se produit régulièrement depuis des années et notamment sur tout ce mois d'Avril 2020.
La seule raison pour laquelle ce ou ces mystérieux vendeurs passent des ordres de cette nature, c'est précisément parce qu'ils veulent baisser les prix.
Ces mystérieux vendeurs veulent absolument que le prix baisse pour pouvoir vendre moins cher.
Ces vendeurs ne peuvent être que des banques ou bien des banques centrales, agissant de concert avec les gouvernements.
Ils utilisent l'argent papier qui ne leur coûte rien à produire pour faire baisser les prix.

Dire cela, ce n'est pas être conspirationniste, c'est simplement constater la réalité des faits.

Oui, les prix de l'or sont anormalement bas, et ils sont maintenus à ces niveaux, parce que cela arrange presque tout le monde :

Cela arrange les banques centrales : car l'or est le canari dans la mine, qui montre l'hypercroissance de la masse monétaire... Il ne faut pas que l'on soit aperçoive de l'explosion des déficits et du gonflement des bulles monétaires.
D'ailleurs, l'achat d'or par les banques centrales se renforce fortement ces dernières années et surtout ces derniers mois : elles profitent de cette "gestion contrôlée des prix" en sachant bien que le seul pouvoir des autorités est de retarder l'inévitable.

Cela arrange les banques commerciales, car l'or échappe à leur contrôle. En principe, elles ne peuvent pas ou plus difficilement le taxer, générer des frais sur les échanges, etc...

Cela arrange les Etats-Unis dont le statut de monnaie de réserve du dollar leur permet de continuer à faire la pluie et le beau temps sur les échanges et à imprimer pour soutenir leur train de vie.

Cela arrange les gouvernements "occidentaux" qui peuvent ainsi imposer des taux négatifs, après avoir glosé sans réserve pendant des années sur le fait que les métaux précieux ne rapportaient rien.

Cela arrange les gouvernements dans le viseur de Washington, tels que la Russie et la Chine qui en profitent, à leur rythme, pour convertir leurs coffres et se débarrasser de leurs dollars.

Et pourtant, la situation est plus complexe : l'or est au coeur d'un conflit géopolitique important entre les Etats-Unis et tous les états qui veulent retirer le "privilège exhorbitant" du dollar US, selon les mots déjà prononcés en 1964 par Giscard d'Estaing, alors ministre des finances de De Gaulle.
Demandez à BNP Paribas (et à d'autres) ce qu'ils en pensent : en 2015, BNP Paribas s'est vu infliger une amende record pour avoir utilisé des dollars américains lors de transactions avec le Soudan (il ne s'agit pas ici de commenter le bien fondé de l'action de BNP Paribas : si vous me connaissez, vous savez déjà ce que je pense des banksters).
La liste des pays qui souhaitent s'affranchir du dollar US comme monnaie de réserve n'est pas limité aux suspects habituels, Russie et Chine ...
La Chine est de plus en plus vocale dans sa demande de créer un système alternatif : le président du Shanghai Gold Exchange a appelé à mettre en place une monnaie supra souveraine, indexée au moins en partie sur l'or.
Mais il gardent cet atout dans leur manche, car la situation globale n'est pas assez dégradée. Un jour, il faudra que chaque joueur montre ses cartes. 

Donc au final, la situation actuelle arrange tout le monde, sauf les investisseurs particuliers, qui, il faut bien l'avouer, aimeraient bien que leur investissement au moins ne perde pas de sa valeur.

Du point de vue du petit investisseur américain, le haut des prix atteint en 2013 n'a toujours pas été atteint en dollars constants. La perte ajustée de l'inflation est donc importante, et pénible quand on sait qu'on a raison.
Et cela fait 7 ans que cela dure...

Bien sûr, si l'on regarde sur une durée plus longue, le prix de l'or augmente, et de manière conséquente.
Quand on observe ci-dessous le prix sur 20 ans, le constat est sans appel.


En Août 2000, un kilo d'or vaut 9460 € ( 9092 € en Mars 2003).
Le 1er Mai 2020, soit près de 20 ans plus tard, un kilo d'or s'échange environ 49 050 €.

Cet article de Philippe Drouin Ristori, indique que depuis son lancement en 1999, l'euro a perdu plus de 77% de sa valeur contre l'or.

Et tout cela inclut la manipulation massive de 2013 que j'ai connu et qui m'a fait énormément souffrir puisque j'ai acheté un peu avant la chute sévère, et j'ai vu le prix s'effondrer de plus de 25% en quelques séances.

Il faut également comprendre que l'on n'achète pas au prix "spot" : il y a toujours un "premium" (une différence entre le prix affiché d'une once d'or et le prix effectif du produit) qui dépend de plusieurs facteurs.

Alors, si le prix de l'or est manipulé, comment se fait-il qu'il augmente malgré tout de manière régulière au fil des ans ?
Est-ce qu'il ne devrait pas plutôt baisser compte tenu des sommes massives mises en jeu pour "shorter l'or" ?

En fait, l'or est un thermomètre du sentiment des marchés.
Donc, l'objectif n'est pas tant de le faire baisser que de contrôler l'augmentation des prix.
Sans ce contrôle et ces manipulations de tous les instants, le prix effectif serait bien plus élevé. 
Car, par rapport à la quantité de dollars disponibles, l'or et surtout l'argent ne sont pas chers.

Ce que je dis plus précisément, c'est qu'à mon avis, l'or n'est pas plus cher aujourd'hui à environ 1700 dollars l'once qu'il ne l'était au 31 Décembre 1999 à environ 290 dollars l'once. Car entre temps, la masse monétaire a été multipliée par un facteur bien plus important.

Voici l'évolution de la masse monétaire de Janvier 1959 à Mars 2020 selon l'indicateur M1 :

Evolution de l'indicateur M1 sur les 60 dernières années - Source : CEICDATA

Et ci-dessous de la masse monétaire selon M2 :

Evolution de l'indicateur M2 sur les 25dernières années - Source : TradingEconomics


Ce qui compte vraiment, c'est l'indice M3, malheureusement la Fed de Saint Louis a cessé de le publier depuis le milieu des années 2000 : on s'apercevrait que la multiplication est de plus de 5.




En ce moment particulièrement, le "premium" entre le prix de l'or "spot" et le produit physique est plus élevé qu'il ne l'a été. Pour l'argent et le platine, ce "premium" est tout simplement hallucinant...
Ce "premium" est un indicateur parmi d'autres des contorsions actuelles entre le prix indiqué par un cartel de banques et le prix auquel on accepte de le vendre.

Ainsi donc, le prix de l'or est encadré, enserré et on l'empêche de monter trop haut, trop vite, et de devenir un outil de spéculation.

Seul le bitcoin a pu s'échapper de cette gestion : les autorités monétaires occidentales ont peur de l'or. 
Pour le moment, elles n'ont pas peur des cryptomonnaies.













lundi 27 janvier 2020

RNO vs Tesla : le match des extrêmes

En ce début d’année 2020 (déjà bien entamée), il me semble intéressant de faire un bref parallèle entre 2 actions de constructeurs automobiles qui connaissent des fortunes diverses sur les marchés (pour dire le moins).

A ma gauche, nous avons donc l’action RNO qui tutoyait les 100 Euros en Mars 2018, et qui moins de 2 ans plus tard vaut à peine 35 Euros, au plus bas depuis 2012.



Bien sûr les ventes de Renault ont baissé de 3,4% en 2019, comme indiqué dans cet article, mais compte tenu de leur positionnement mondial et des remous de l’année dernière, ce recul peut plutôt être interprété comme une bonne surprise.
Renault a vendu plus de 3 750 000 véhicules l’année dernière, plus de 10 fois plus ceux de Tesla.
La société est présente sur la quasi-totalité des segments de marché : on ne peut pas en dire autant de Tesla, dont le seul Model 3 cannibalise les ventes de ses deux autres modèles, S et X.
Renault a distribué l’année dernière en Mai 2019 un dividende de 3,55 €.
A part, l’absence de DG opérationnel, Renault ne va pas si mal, et apparemment cette nomination ne devrait plus tarder.



A ma droite, nous avons Tesla (TSLA), qui a vendu à peine 367 000 véhicules en 2019 et dont la capitalisation vient de dépasser les 100 milliards de dollars.


Tesla vole de record en record, alors que son modèle n’est même pas validé : Tesla n’a jamais réalisé de trimestre bénéficiaire, autrement qu’en modifiant outrageusement son reporting financier ( ce que l’on appelle les GAAP – Generally Accepted Accounting Principles).

Pendant longtemps, Tesla a pu jouer de son image de pionnier et gagner pas mal d’argent en revendant des droits à polluer, ce que j’ai montré dans un précédent article. Cette période est terminée.

Aujourd’hui, Tesla affronte une énorme concurrence, menée par un très grand nombre de constructeurs bien décidés à en découdre : la période de grâce est complètement terminée.


Je ne suis pas en train de dire qu'il faut acheter RNO et shorter TSLA. 

Mon propos est de démontrer le côté absurde de la situation financière.
La situation actuelle n’est pas seulement anormale, elle n’est pas seulement incroyable : elle est le reflet des incroyables manipulations financières auxquelles se sont livrés les banquiers centraux depuis environ 11 ans si l’on veut être gentil, depuis 1913 si l’on souhaite être plus exhaustif.


vendredi 9 août 2019

Pourquoi il faut acheter de l’Or en 2019


Introduction
Je suis ravi de démarrer par ce premier article, qui est, je l’espère, le premier d’une longue série par l’exposé de mes pensées concernant l’or, même si je m’apprête malgré tout à déborder sur le sujet d’un métal promis, selon moi, à un avenir plus important, le métal argent.
Le sujet de cet article traine dans mon esprit depuis au moins Avril, c’est-à-dire qu’il anticipe de beaucoup la montée assez importante de l’or qui l’a vu allégrement dépasser la barre des 1400 dollars l’once (*)
Si vous ne souhaitez retenir qu’une seule chose de mon article, retenez ceci : l’or est de l’énergie condensée.
Dans un monde qui est amené à connaitre des faiblesses d’approvisionnement en énergie (ce sera l’objet d’un prochain article), l’or est donc l’une des meilleures (mais peut-être pas la meilleure) manifestation que l’on possède de l’énergie. Bien meilleure que le Bitcoin et l’ensemble des cryptomonnaies.  

Pour rester concis toutefois, il n’est pas question d’acheter de l’or sous une optique de concentration énergétique.
Il y a eu tellement de faux départs de l’or depuis son point haut temporaire en 2011 et il y a eu très régulièrement des articles, notamment de la part de Peter Schiff qui indiquent en permanence que les métaux précieux et l’or en particulier, sont sur le point de s’envoler…. Que toute crédibilité est difficile à établir.
Cependant je crois que le moment est finalement venu où la manipulation avérée ( !) des cartels bancaires va devoir prendre fin. A tout le moins, on peut parier qu’ils n’auront plus la possibilité de s’opposer avec autant de force au « canari dans la mine » que représentent les métaux précieux.
 Et donc, si l’on passe en revue les raisons qui font que 2019 pourrait bien être une année en or, on observe :

Les taux négatifs
L’un des reproches faits constamment à propos de l’or, en particulier par Warren Buffet, est qu’il ne rapporte rien. C’est une remarque totalement juste, et pourtant les taux négatifs coûtent aussi de l’argent à leur emprunteur. Quand on a le choix entre prêter de l’argent à un taux négatif ou bien l’investir dans des métaux précieux, de plus en plus cette dernière alternative s’impose d’elle-même.
L’article du 19 Juin 2019 d’Insolentiae met l’accent sur le fait que plus de 12 000 milliards d’obligations sont à rendement négatif.
Cela, c’était avant.
Il y a quelques jours, on apprenait que ce montant était passé à 15 trillions.
Les taux en Italie, grâce à l’action de la Banque Centrale Européenne se négocient moins chers que …
C’était déjà le cas de la Suisse avec, par exemple, des rendements à 50 ans offrant un taux négatif, mais l’Allemagne est une économie bien plus grande.
De manière générale, la Fed et pratiquement toutes les banques centrales du monde entier se rapprochent d’une situation de taux très faibles voire gratuits, ou pour le dire autrement, se préparent à imprimer « de grandes quantités de pognon ».
C’est l’invariant qu’il ne faut vraiment pas oublier en matière de valorisation : l’or est valorisé en dollars. Si la quantité de dollars vient à augmenter spectaculairement, tout à fait logiquement , le prix de l’or exprimé en dollars devrait monter d’autant… Ce qu’il n’a pas fait depuis un certain nombre d’années.  Au 31 Décembre 1999, une once d’or cotait 290 dollars… Mais c’était des dollars de 1999.

La mise en place de Bâle 3 (Basel III)
Concernant l’or, l’une des nouvelles les plus intéressantes du premier trimestre est passée relativement inaperçue : avec la mise en application des accords de Bâle III par la BRI (en anglais la BIS, Bank of International Settlements), l’or qui était classé en actif de troisième catégorie vient de passer en actif de 1ère catégorie.
Concrètement, l’or détenu par les banques peut maintenant être valorisé dans les livres comptables à sa véritable valeur et non pas avec une décote de l’ordre de 50%. Autrement dit, l’or est valorisé à son prix actuel.
C’est, au niveau bancaire, le premier changement d’envergure depuis des décennies pour l’or, et cela aura des implications énormes dans la durée. Basel III ouvre la voie à la remonétisation de l’or qui avait été abolie par les Etats-Unis en 1971 : pour être précis, Nixon avait parlé d’une suspension « temporaire » de la convertibilité du dollar en or. 
Bien entendu, un certain nombre de banques centrales en profiteront plus que d’autres, la banque centrale russe au premier plan.

Le pacte des banques centrales concernant l’or a pris fin
A peu près dans le même temps, un pacte signé entre la BCE, les dix-huit institutions monétaires de la zone euro ainsi que les banques centrales suisse et suédoise ont mis fin à un pacte vieux de 20 ans, selon lequel elles s’engageaient à ne pas vendre des quantités d’or au-delà d’un certain plafond pour ne pas bouleverser le marché.
Aujourd’hui, comme le souligne l’article des Echos, la situation a nettement changé, et même si le discours officiel est que cet accord ne se justifie plus, la vérité est que l’attitude des banques centrales vis-à-vis de l’or a véritablement changé.
Est-ce une conséquence de la raison précédente ? La demande d’or mondiale a fortement augmenté au 1er semestre de 2019. L’appétit pour l’or est au plus haut depuis 2016, tiré par des achats records de la part des banques centrales.
Selon cet autre article, les banques centrales, portées par celles de Russie, de Pologne et de Chine, n’avaient plus acheté autant d’or depuis 50 ans.
Même si le dollar US demeure l’étalon mondial en matière de mesure des prix, il faut bien comprendre que dans la livre anglaise, le yuan chinois et la roupie chinoise, l’or a atteint des plus hauts historiques.

Le changement de paradigme selon les grands gestionnaires
Une fois de plus, c’est Bruno Bertez qui a porté à mon attention, le changement relativement récent des grands investisseurs financiers, au premier rang desquels se trouve Ray Dalio.
Pour résumer, l’idée principale de leur discours est qu’il va falloir se méfier de l’ensemble des investissements (immobilier, actions, obligations) qui dépendent de l’inflation du bilan des banques centrales. Plus probablement, le focus devra être porté sur les investissements qui se portent bien lorsque la valeur de la monnaie se déprécie. C’est notamment le cas de l’or.
Ces gestionnaires de fonds sont rejoints dans leur raisonnement par les plus improbables des intervenants, les banquiers centraux. C’est notamment le cas d’Alan Greenspan, ex-patron de la Federal Reserve, dans cet article daté de 2015 et qui estime que l’or d’ici 5 ans aura un prix beaucoup plus important. 
On peut croire ce bon vieux Alan Greenspan sur parole : il est retiré des affaires depuis longtemps et suffisamment proche du moment où il pourra grignoter des pissenlits (par la racine) à longueur de journée.  En d’autres mots, il n’a plus rien à craindre pour sa carrière et peut se concentrer sur l’image qu’il souhaite léguer : celle d’un homme qui avait vu juste … même s’il a fait tout le contraire pendant sa période de « Chairman ».

Le coût du minage d’or augmente
L’or est une matière première comme le pétrole (voilà une porte ouverte qu’il ne m’a pas coûté cher de démolir). En tant que matière première, il y a une question qu’il faut systématiquement se poser : le coût d’extraction.
Ce dernier est orienté à la hausse.
Cet article du GoldTelegraph donne un coût total de l’extraction d’or et surtout de la quantité d’énergie qu’il faut pour extraire 1 once de métal précieux : les images parlent d’elles-mêmes.
L’indicateur qui mesure le coût total (All In Sustaining Cost ou bien AISC) est estimé pour 2019 à 1000 Dollars US pour 1 once d’or, et à mon avis cela place un cap sur la baisse potentielle même en cas de très sévère déflation.

Un dernier mot sur le métal argent…
Je lis beaucoup de choses sur le métal argent qui est remarquablement à la traine sur l’or en termes de valorisation (en dollars US, bien évidemment). L’une des citations les plus amusantes, c’est que l’argent n’est pas de l’argent … C’est quand même un peu moins ridicule en l’écrivant en anglais : « silver is not money ». Il y a au moins 14 langues répandues, dont le français pour lequel les mots désignant le métal et celui désignant la monnaie sont confondus.
Comme il y a beaucoup de choses à dire et que mon temps est limité, je dirais simplement que pendant des centaines d’années le ratio de valorisation entre l’argent et l’or était compris entre 12 et 15. Ce ratio n’est pas sorti du chapeau : il correspondait tout simplement à la disponibilité de chacun de ces métaux avec les moyens de l’époque. Autrement dit, il y avait à peu près 15 fois plus d’argent que d’or. Aujourd’hui, ce ratio dépasse les 80 (et même les 85) alors que la production est inférieure à la demande depuis plusieurs années.
Depuis 2011, le métal argent a été reconnu par l’Union Européenne comme une matière première minérale critique.
Donc oui, le métal argent va monter… Beaucoup plus comparativement que le métal or. C’est même lui qui donnera le top du vrai départ.
En matière de revalorisation des métaux précieux, ce que nous avons vécu en Juillet-Août 2019 n’est qu’un apéritif.

(*) C’est mignon : je relis mon article avant de le publier, et le cours du métal jaune n’est plus de 1400 dollars mais de 1500…


4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

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