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vendredi 15 mai 2026

4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité d'interviewer mon cher ami, Eric Larcheveque. Eric est devenu, depuis sa participation à "Qui Veut Etre Mon Associé" une star sur les réseaux sociaux et dans la vraie vie. Vous pouvez retrouver la vidéo ci-dessous :


Eric est vu en France, et sans doute à raison, comme étant "Monsieur Bitcoin". Cela lui vaut d'ailleurs pas mal de contraintes de sécurité comme il me l'a raconté, ce qui est tout simplement insupportable !

Eric est, comme moi, un "Bitcoin Maximalist". Je considère en effet que le jeton bitcoin est le seul qui puisse éventuellement être considéré comme une monnaie. Les autres jetons qu'il s'agisse d'Ethereum, de Solana, du XRP et de l'ensemble des cryptomonnaies sont des projets globalement très intéressants, souvent bien plus fonctionnels que la blockchain bitcoin, mais qui doivent être valorisés selon une logique de société et non pas comme des monnaies. 

Eric a plusieurs fois affirmé que 100% de sa trésorerie disponible était investi en bitcoins. Quand il parle de sa trésorerie disponible, il fait référence à l'argent qui n'est pas investi dans ses actifs, tels que son domaine ou bien ses investissements dans des startups. 

En d'autres termes, pour la préservation de son capital, Eric ne fait confiance qu'au Bitcoin. Il envisage un futur dans lequel les autres actifs, à commencer par les monnaies fiat seront très fortement secouées, voire retourneront à leur valeur intrinsèque, ... comme dirait Voltaire. 

En d'autres termes, Eric investit toutes ses économies disponibles dans la cryptomonnaie Bitcoin. Et il le fait dans une logique de "sécurité émotionnelle". Il dort bien précisément parce qu'il sait que ses actifs sont exclusivement en Bitcoin. Il a mis tous ses oeufs dans le même panier, mais c'est pour lui un panier en titane, absolument incassable. 

Dans un autre registre, mon ami JS, installé dans la Silicon Valley et qui travaille depuis une dizaine d'années pour Google, ne jure que par les hyperscalers de la Silicon Valley. La plus grande partie de ses actifs (hors immobilier) est investi sur certains des plus grands noms à l'épicentre de cette révolution que constitue l'Intelligence Artificielle : Alphabet bien sûr, la maison mère de Google, mais également Nvidia et Amazon. Il a également d'autres stocks tels qu'Intel et sans doute de manière plus anecdotique Meta et Microsoft. Nvidia est une conviction très forte et cette pondération découle de ce qu'il observe au quotidien : la demande est très très forte, personne ne peut (pour l'instant) remplacer Nvidia qui est l'un des 

Soyons clairs : la réalité lui donne raison pour le moment. La demande est gigantesque. Nvidia n'arrête pas, depuis plusieurs trimestres, de battre toutes les prévisions pourtant régulièrement relevées des analystes. 

Nvidia est en général vu comme un concepteur de puces alors qu'il dispose de tout un ecosystème, en particulier CUDA. Comme l'explique cet article de Wired, Nvidia est aussi et peut-être avant tout une société de logiciel. 

A côté, les chiffres d'Alphabet et même d'Amazon sont également très flatteurs, si on met de côté la baisse énorme du free cash flow, conséquence de l'explosion des Capex, pour des équipements présents dans des datacenters dont la durée de vie avant obsolescence est singulièrement courte

Donc, peut-être que cette fois, c'est différent. 

Mais peut-être sommes-nous en bulle ? 

Et justement, certains semblent le penser, comme en témoigne cette excellente vidéo de Xavier Delmas :


Le sujet des Capex est en effet vertigineux et souvent mis de côté. La phrase attribuée à Larry Page dans l'image ci-dessous, si elle est réelle reflète bien ce qui est en train de se passer au niveau de l'intelligence artificielle : il s'agit d'une guerre d'attrition !

Le 02 juillet, j'aurai le plaisir d'interviewer un chef d'entreprise et investisseur de tout premier plan de l'écosystème français. Et lui ne jure que par Tesla qu'il a pourtant découvert assez tardivement (vers 2021 ou 2022). Il a investi plusieurs millions d'euros (ou dizaines de millions ?) dans cette société. De son propre aveu, il passe plusieurs jours par jour à explorer différents aspects des sociétés de Musk, de la concurrence, du marché,... 

Il est incollable sur un certain nombre de sujets et vois le cours arriver à 2000 dollars ce qui multiplierait son investissement initial par près de dix. 

Voici en particulier l'un de ses derniers tweets sur la difficulté de reproduire la capacité des mains humaines et l'avance prise, selon lui, par Tesla sur ce sujet. 


Cet entrepreneur est intimement convaincu que la société Tesla a pris une avance extraordinaire qui se matérialisera dans les années à venir. Et selon lui, les actions Tesla constitueront une réserve de valeur quels que soient les scénarios futurs, y compris le décès actuel de son emblématique PDG. On va mettre de côté le scénario d'une apocalypse nucléaire dans lequel la réserve de valeur deviendrait de facto la nourriture et les armes. 

De mon côté, je considère que les métaux précieux, or et argent en particulier n'en sont qu'au début de leur ascension séculaire. Nous allons payer le prix (ou bénéficier, selon le camp dans lequel on se trouve) de près de 50 ans de gabegie inflationniste et pour l'instant mon observation du marché est que Bitcoin se comporte comme un actif "risk-on", c'est à dire qu'il monte lorsque les actifs (actions...) corrélés au risque, augmentent. Pour survivre à la prochaine crise financière (pas nécessairement pour prospérer avant), il faudra être investi en métaux précieux ou mieux encore en actions de sociétés minières. 

samedi 2 décembre 2023

Achat du titre Graines Voltz à 29 €

J'ai commencé à écrire cet article fin Octobre et son titre était "achat du titre Graines Voltz à 24 €". 
Malheureusement, ou plutôt heureusement, l'actualité m'a rattrapé, avant que je ne me décide à finaliser cet article.

Graines Voltz est spécialisée dans la distribution de semences.
Schématiquement, l'activité est séparée en 3 segments : horticulture, maraîchage et fermes verticales. 

En allant sur le site, on s'aperçoit que la société coche beaucoup de cases des "sujets" en vogue actuellement : 
  • Une société qui représente un métier passion : on ne devient pas vraiment semencier pour gagner de l'argent. 
  • Une offre en phase avec l'évolution des modes de vie qui consiste à manger plus de légumes et moins de viande. 
  • Des gammes de produits au cours des préoccupations actuelles : résistants à la sécheresse et pouvant être destinés à la production de fermes verticales. 
  • Une préoccupation RSE constante.
  • Une taille critique qui lui permet, même en situation financière délicate, de continuer à racheter des acteurs de moindre taille. 

samedi 29 juillet 2023

L'apport du BTFP sur l'euphorie boursière

 Je continue de suivre avec grand intérêt presque avec fascination, les prévisions de David Hunter se dérouler, malgré le scepticisme initial qui entourait chacun de ses tweets, il y a encore 6 mois. 

David Hunter est un analyste macroéconomique, principalement actif sur Twitter ( https://twitter.com/DaveHContrarian) qui pronostique une explosion à la hausse des indices (un "meltup" dans la langue de Shakespeare) suivi d'un effondrement ("bust") qui devrait amener les bourses à la baisse de 80%. Bien qu'il refuse de donner les détails qui l'ont amené à son raisonnement, il est clair que le sentiment de marché fait partie de ses indicateurs. 

Malgré l'augmentation des indices, un nombre important des intervenants restent pessimistes, nourris en particulier par l'augmentation ultra-rapide des taux directeurs de la Fed. Cette augmentation a, 

L'augmentation des taux de la Fed a été, c'est vrai, particulièrement impressionnante comme en atteste le graphique ci-dessous : 

Pourtant, cette augmentation ne semble pas avoir encore produit tous ses effets sur l'économie réelle et encore moins sur les taux. Il est vrai qu'on admet en général une période de 12 à 24 mois avant qu'une augmentation ne fasse son effet dans l'économie réelle.

Il est un autre sujet, avec un rôle probablement très important dans l'équation globale, c'est le programme BTFP ( Bank Term Funding Program). 

Ce programme lancé par la Fed en Mars 2023 en réponse à la faillite de la Silicon Valley Bank (que ces choses-là semblent lointaines !) vise à fournir de la liquidité aux banques en échange de collatéraux tels que des obligations, ... 

Comme l'a souligné Sven Heinrich, depuis que ce programme a été lancé en Mars 2023, il n'y a eu aucune baisse significative des marchés et ce en dépit de l'augmentation la plus rapide des taux depuis très longtemps. 

Comme l'a indiqué JP Morgan, les réserves indiquées pourraient se monter à plus de 2 000 milliards de dollars. 

Est-il étonnant dans ces conditions que certains comparent le BTFP a un Q.E. caché ? 

Dans d'autres articles, le BTFP est comparé à l'hôtel California, en référence à la fameuse chanson des Eagles : " you can check it anytime, but you can never leave". 
Cela fait par ailleurs écho aux articles de Bruno Bertez que je cite une fois de plus : le resserrement auquel nous avons eu droit n'est qu'un resserrement fictif. Derrière les apparences, la liquidité est finalement toujours très abondante et cette liquidité va s'engager sur les marchés financiers. 

Cette idée d'une forte augmentation des marchés suivie d'un crash est même reprise par certains que l'on pourrait, sans peine qualifier de conspirationnistes. 



En résumé, la fin du programme BTFP serait l'occasion de déclencher des faillites en cascade parmi les banques US et de regrouper les banques en seulement quelques institutions ce qui faciliterait grandement, il est vrai, l'introduction d'une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). 
Je n'ai, à ce stade, pas assez d'informations pour me prononcer sur cette théorie. 

En tout état de cause, les marchés ont besoin de liquidités pour simplement poursuivre leur parcours et le BTFP répond à cette problématique.

lundi 17 juillet 2023

L'action Total Energies


L'interview de Patrick Puyanné par un journaliste de Boursorama est vraiment intéressante et met en avant 5 points fondamentaux qui méritent d'être mentionnés, y compris pour les investisseurs expérimentés. 

Voyons ensemble ces 5 points : 

  • Total Energies est la "major" pétrolière la plus rentable de l'ensemble des grandes sociétés pétrolières, ce qui n'est pas un petit exploit => à partir de 0'50" dans la vidéo. J'en profite pour rappeler que le PER reste inférieur à 6, ce qui pour une société de cette taille est faramineux !

  • Le point mort de Total est extrêmement bas : Total commence à gagner de l'argent à partir d'un baril à 25 $ (USD). C'est un point mort extrêmement bas, comme le rappelle le PDG à partir de 1'32 dans la vidéo. 
  • Total étant une société principalement pétrolière, elle est forcément mal vue des escrologistes. Toutefois, il faut aussi savoir que c'est la major pétrolière la plus engagée dans les énergies renouvelables avec des positions très fortes dans le Gaz Naturel Liquéfié et l'énergie solaire comme le rappelle le journaliste à partir de 3'25 dans la vidéo

  • Total n'a jamais baissé son dividende depuis 1982, soit plus de 40 ans. Ceci est précisé à partir de 21'29". Il y a de la part du PDG une intention très forte de ne pas baisser le dividende. La politique actionnariale est l'un des piliers du groupe. Le payout ratio, niveau de redistribution du dividende a dépassé le 37% et il sera poursuivi voire augmenté, à la fois avec d'autres dividendes exceptionnels et la poursuite du rachat d'action.  

  • Total Energies sur les 10 dernières années a un rendement annuel supérieur à 10% (si l'on tient compte des dividendes). Ceci est expliqué très clairement à partir de 21'20

Dans les carburants aériens durables, Total est positionné pour obtenir 10% du marché mondial, et ceci tout en conservant une bonne rentabilité. 

La neutralité carbone souhaitée pour 2050 ( à partir de 13'58") est attaquée à partir de plusieurs types d'énergie : centrale à gaz, biogaz (avec des positions en France, en Pologne, aux Etats-Unis) et en particulier dans la fabrication de gaz de synthèse notamment aux Etats-Unis. Le mix énergétique est déjà décarboné de 12% par rapport à 2015. 

A ceux qui veulent que Total aille plus vite dans la décarbonation, Pouyanné rappelle avec raison ( à 17'20") que ce sont avant tout que les clients qui fournissent la demande qui ira dans les énergies décarbonées et en ce sens, Total ne peut pas s'engager dans du biocarburant avant que, par exemple, les moteurs d'avions ne soient validés. 

Le PDG en profite aussi pour "mettre en pièces" ceux qui prônent la réduction de la production de pétrole en énonçant ce fait évident : la baisse de la production entrainera une flambée des prix et une grosse crise à venir. 

L'occasion de rappeler ce que dit souvent Charles Gave (et d'autres) à savoir que l'économie, ce n'est rien d'autre que de l'énergie transformée. 

Total Energies et même l'ensemble des autres sociétés productrices d'énergie peuvent accompagner le processus de décarbonation, même ne peuvent pas le contrôler à elles seules. 


samedi 1 avril 2023

Résultats annuels d'Exacompta

 Le 30 Mars 2023, dans l'indifférence quasi générale, la société Exacompta a publié ses résultats pour l'année 2022, et comme on pouvait l'espérer, ceux-ci sont d'excellente facture. 

Avant de les commenter, intéressons-nous au profil de la société Exacompta Clairefontaine. 

Il s'agit d'une holding opérant dans le secteur de la papeterie qui regroupe à la fois Exacompta, Clairefontaine et d'autres sociétés. 

Exacompta a fait le choix d'une intégration verticale, ce qui fait de lui tout à la fois un producteur, un transformateur et un distributeur de papier, ce qui lui permet de résister plus efficacement aux aléas du marché. 

Il s'est diversifié avec succès, en cohérence avec son métier d'origine, en devenant par le biais de plusieurs rachats, le leader européen des fabricants de classeur à levier. 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le groupe Exacompta Clairefontaine a sur prendre le virage du Web avec les acquisitions de Photoweb, Fizzer et Lalab. 

Comme souvent s'agissant d'une société bien gérée, le groupe Exacompta Clairefontaine est une entreprise familiale, détenue par la famille Nusse. 

Les résultats annoncés par Exacompta sont présentés sur ce lien

Les chiffres sont très bons comme on peut le constater ci-dessous : 

Le résultat fait état d'un PER de 5,5 sur la base des données indiquées et du cours de clôture au 31 Mars 2023.

Le dividende proposé sera de 4,40 € par action (contre 3,68 € pour l'année précédente) ce qui fait ressortir un rendement de 3,30%, pas véritablement extraordinaire, mais cohérent avec la politique prudente d'une société familiale. 

Le point important de cette publication est la décote sur les fonds propres. Ceux-ci ressortent à 471 369 K€ c'est à dire plus de 416 € par action (il y a 1131480 actions), ce qui représente quand même une décote de 70% sur la capitalisation actuelle. 

La trésorerie brute est de 118 720 K€ au 31 décembre 2022 contre un endettement net de 106 003 K€.

Les perspectives du premier trimestre 2023 extrapolées à l'ensemble de l'année laissent présager d'une excellente année, sous réserve de la poursuite des commandes. 

Principale ombre au tableau : les prix de l'énergie qui risquent de peser défavorablement sur les marges du groupe à l'avenir. 

Par ailleurs le flottant n'est que de 19,5%, ce qui peut limiter la liquidité du titre. 

En résumé, Exacompta est une entreprise de grande qualité, qui ne fera peut-être pas de miracles haussiers en Bourse, mais qui saura certainement s'apprécier dans la durée, comme le bon vin.  

vendredi 24 mars 2023

23 Mars 2023 : fortunes diverses en Bourse

Ce 23 Mars, 2 sociétés (notamment) actifs dans le secteur de l'énergie dévoilaient leurs résultats annuels pour 2022 : Esso SAF et Voltalia. 

Esso, filiale à 86% de l'américain Exxon Mobil est spécialisée dans le raffinage avec 2 raffineries. C'est d'ailleurs l'un des principaux acteurs de ce marché en France, avec Total. Elle dispose par ailleurs d'un réseau de plus de 600 stations services. 

Voltalia est spécialisée dans la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables. Le chiffre d'affaires se répartit entre vente d'énergies (44,1%) et prestations de services (55,9%) telles que la vente d'équipements pour les centrales solaires. Le groupe est actif principalement en Europe (60%), en Amérique latine (33%) et un peu en Afrique (7%). 

Pour l'année écoulée, Voltalia a donc annoncé : 

  • Un chiffre d'affaires à 469 millions d'euros, soit +31% par rapport à l'année précédente.
  • Une perte nette de 72 millions contre un déficit de 1,3 M€ en 2021
  • Un EBITDA stable à 137,4 M€
  • Une dette financière totale de 1,313 Milliards d'Euros, en hausse de 25%, suite à la croissance des immobilisations. 
  • Une trésorerie nette à 384 M€ en hausse de 32%
Voltalia étant en pertes a un PER négatif.
La capitalisation est de 1 854 millions d'euros. 

lundi 13 mars 2023

Quoi qu'il en coûte

 Souvenez-vous, c'était il y a environ 3 ans : 


Il faut relier les déclarations et les conséquences. Voici l'une des conséquences :  

A ceux qui diraient que le déficit du commerce extérieur de la France n'a rien à voir avec les mesures de "protection" des français au détriment de l'activité des entreprises, je réponds : faux ! 

Tout est lié. Il n'y a de vérité que de tout. L'argent que l'on met dans un projet ou dans un objectif, on ne le met pas ailleurs. Et non, je ne suis pas en train d'écrire qu'il ne fallait pas protéger les français. 

La Suède n'a pas confiné et elle est dans une bien meilleure forme économique que nous ... Même si elle a d'autres problèmes au moins aussi graves à mon humble avis. 

En l'occurence, pour analyser plus finement les rapports de cause à effet entre l'image ci-dessous et les décisions qui ont été prises, il est plus facile de pointer le blâme là où il faut : 


J'ai déjà pris le temps d'écrire tout le bien que je pense de l'actuel ministre des finances. Ce type est tellement nul, tellement minable que c'en est impressionnant. 

Pour paraphraser Jefferson, je crois que B. Lemaire est plus dangereux pour notre économie que des armées prêtes au combat. Je n'ai pas envie d'achever une bête à terre et donc je ne mettrai pas le lien dans lequel ce gros sottard se félicite en Janvier 2023 de la résilience de l'économie française. 
Et puis, allez, soyons fous : le voici

Les trois causes principales de cette explosion du déficit commercial de la France sur 2022 sont : 

  • L'augmentation du prix de l'énergie qui est une conséquence directe de notre décision de "couler" l'économie russe comme l'a souhaité Von Der Leyen, ce qui a été traduit par Lemaire en bon caniche obéissant par l'arrêt d'import de pétrole russe. Bien entendu, nous continuons d'acheter du pétrole russe à l'Inde qui nous le raffine au passage et nous le revend beaucoup plus cher. 
  • La dépréciation de l'euro par rapport au dollar qui rend nos importations beaucoup plus coûteuses est une lointaine conséquence du "Whatever It takes" de Mario Draghi et de toutes les décisions qui en découlent. 
  • La faiblesse persistante de l'industrie française. Le président actuel n'est bien sûr pas le seul en cause. Il est le successeur d'une longue lignée qui depuis Mitterrand ne comprend rien ni à l'économie ni au monde industriel. Et leurs ministres respectifs de l'économie et des finances sont du même acabit (à l'exception notable de Francis Mer, ministre sous Jacques Chirac). 

samedi 25 février 2023

Investir dans l'immobilier avec 10% de rendement

Aujourd'hui, l'immobilier est vu comme l'un des piliers majeurs de la constitution d'un patrimoine, ce qui est bien normal. 

Il n'en a pas toujours été ainsi et surtout, actuellement la rentabilité d'un investissement immobilier est notoirement insuffisante (de 1 à 4% pour une acquisition sur Paris en moyenne). 
Ce rendement affiché ne prend même pas en compte les tracasseries administratives et les problèmes de toutes sortes (mauvais payeur, dégâts des eaux, frais d'entretien d'immeubles,...) 

Cette vidéo de mon ami Patrick référence 15 raisons de ne pas investir directement dans un bien immobilier en 2023 : 

lundi 20 février 2023

Investir dans ESSO avant le 23 Mars

Esso représente à ce stade ma plus forte conviction boursière, en tout cas sur le marché français. 

Le 23 Mars, donc relativement tardivement, les résultats annuels 2022 seront publiés et je considère qu'il s'agit d'une bonne opportunité pour investir dans le titre. Bien entendu, mes convictions n'ont absolument pas valeur de conseil et d'ailleurs mon historique d'investissement plaide plutôt contre moi. 

Examinons en détail pourquoi le titre Esso pourrait augmenter significativement lors de la publication de ses résultats annuels. 

Tout d'abord, pour parler des chiffres actuels, à la date du 17 Février, la capitalisation du groupe Esso est de 653 Millions d'Euros. 


Sur le site d'informations financières Zonebourse, on obtient : 


Il en était ressorti : 
  • Un C.A. sur 9 mois à 18.4 milliards d'euros, soit +70% par rapport au 30 Septembre de l'année précédente.
  • Trésorerie nette de toute dettes : 464 millions d'euros au 30 Septembre. A comparer avec une trésorerie nette de 66 millions d'euros au 30 Juin 2022. La trésorerie a augmenté de 400 millions d'euros en un seul trimestre !
Au 30 Juin 2022, les capitaux propres nets tangibles avaient été estimés à 1,972 milliards d'euros. Il s'agit principalement de pétrole dans les cuves. Cela représente plus de 153 Euros par action. 

En face, répétons-le la capitalisation n'est que de 653 millions d'euros

mercredi 29 juin 2022

Intel : analyse d'une action à fort potentiel

A l’heure où le marché boursier subit une baisse significative, où le marché obligatoire connait une véritable déroute et où le marché des cryptos descend en enfer, il me semble intéressant d’attirer l’attention du lecteur sur une société qui représente, à mon avis, une excellente opportunité d’investissement de cours, moyen et long terme. Cette société n’est autre que le leader mondial du marché des semiconducteurs, Intel Corporation.  

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l’investissement dans Intel est en ce moment même une belle opportunité, et nous allons les détailler ci-dessous.

Lorsqu’on examine l’investissement dans une entreprise, la plupart des recommandations à l’achat ou à la vente démarrent par une analyse graphique. Ce ne sera pas mon propos. Je m’intéresse davantage à l’analyse fondamentale. Quels seront les facteurs considérés ?

Nous allons regarder :

  • La barrière à l’entrée : ce qui protège Intel de la concurrence
  • L’équipe dirigeante et en premier lieu, bien entendu le CEO
  • Les technologies et les axes de développement d’Intel
  • Les éléments de valorisation actuels ( chiffre d’affaires, EBITDA, PER,…)
  • L’évolution du cours ces dernières années
  • La politique de dividende, très régulière
  • Les aspects géopolitiques qui sont à moyen et longs terme, très favorables à Intel

 

Barrière à l’entrée

Commençons par un facteur essentiel : lorsqu’on investit dans une entreprise, on ne souhaite pas que celle-ci se fasse doubler par la concurrence (Yahoo !; Altavista, Hotbots,…) ou que les technologies qu’elle propose deviennent obsolètes.

De ce point de vue, Intel officie dans le secteur avec, à mon avis, la plus gigantesque barrière à l’entrée au monde. Les investissements sont tellement énormes dans la course à la miniaturisation que seuls Intel et Samsung peuvent suivre la course effrénée menée pour l’instant par TSMC.

Par exemple, rien que pour l’Europe, Intel a annoncé un plan d’investissement de 80 milliards sur 10 ans.

Ce n’est pas pour rien que Rob Larson sur le site Jacobin.com (repris en français par le site Les Crises) a parlé d’un oligopole dangereux.

Intel est pour l’année 2021 par ailleurs à la 6ème place de l’IFI Claims Patent Services qui publie notamment le TOP 250 des entreprises ayant déposé des brevets, loin devant AMD, Microsoft, Amazon et toutefois derrière TSMC et Samsung.

 

Dirigeant

En Janvier 2021, Pat Gelsinger a succédé au terne Bob Swan.

Un ingénieur technique qui succède à un financier : ce point est fondamental. Intel est une entreprise de high-tech et a besoin d’un vrai technicien. Microsoft a connu son heure de gloire avec Bill Gates, Google a démarré avec Sergey Brin et Larry Page, etc…

Et Pat Gelsinger n’est pas n’importe qui : il s’agit de l’architecte en chef du processeur X486, qui doit éveiller quelques souvenirs pour les plus anciens parmi nous.

Son mantra, « Intel is back » n’est pas une parole en l’air, comme nous allons le voir ci-dessous.

En 1 an et demi, Pat Gelsinger a effectivement annoncé une série d’investissements significatifs, souvent contre l’avis de Wall Street et ces annonces ont été des facteurs déterminants, à mon sens, dans la baisse du titre.  

 

Technologies

Dans son cœur de métier, la production de puces pour les PCs de bureau et les serveurs, Intel a fait dès le mois d’Août de l’année dernière, une série d’annonces sur la douzième génération de processeurs Core. Ces annonces ont permis à Intel de rattraper son retard sur la concurrence, sauf pour ce qui est de la finesse de gravure par rapport à AMD.

La 13ème génération est déjà attendue pour le deuxième semestre 2022.

La conférence annuelle « Intel Investor Day » permet d’identifier les technologies et axes de recherche qui constitueront les relais de croissance de demain.

Dans cette conférence, Intel indique être en avance sur son planning de finesse de gravure.

Ce point a d’ailleurs été renforcé par une annonce d’Avril 2022, selon laquelle l’ère Angström démarrera au second semestre 2024, soit 6 mois plus tôt que prévu. Cette ère annoncée par Intel devrait lui permettre de récupérer sa couronne de fondeur ayant la gravure la plus fine. On rappelle qu’un Angström fait 10-10 mètres ou encore 0,1 nm. Dans la réalité, les premiers processeurs de l’ère Angström seront gravés à 1,8 nm (soit 18 Angström).

Pour rassurer les investisseurs de long terme, Intel précise aussi ses domaines de recherche à l’occasion d’une conférence également annuelle, intitulée « Intel Vision Day ». La dernière s’est tenue les 10 et 11 Mai 2022 et elle a permis de clarifier les points suivants :

Ø  La création d’un nouveau processeur mobile ultra-puissant, le Core-HX, preuve s’il en est qu’Intel n’a pas abandonné le créneau des processeurs pour les équipements mobiles (principalement les ordinateurs portables).

Ø  Le lancement d’une nouvelle catégorie de processeurs dédiée à l’optimisation des centres de données : les IPU (Infrastructure Processing Unit).

Ø  La mise en production prochaine d’une nouvelle génération d’Intel Xeon, les Sapphire Rapids.

Ø  Une infrastructure complète logicielle et matérielle, appelée Gaudi 2, spécialement optimisée pour l’IA et les processus de « deep learning ».

Ø  Une plateforme complète de TaaS ( « Trust As A Service ») permettant aux entreprises de certifier les processus s’exécutant sur une plateforme à distance, tout en conservant à distance les clés de chiffrement. Chez Intel, cette initiative porte le nom de projet Amber. Gageons que cette offre connaitra un succès certain auprès d’un certain nombre d’agences gouvernementales.

On le voit, Intel est à la pointe sur de très nombreux fronts et la finesse de gravure n’est qu’un seul aspect de ses efforts de recherche et développement.

Mais Intel, c’est aussi une position de leader sur le marché émergent des puces neuromorphiques, avec la sortie de la puce Loihi 2, qui mime le comportement d’un réseau neuronal. Sur ce sujet, très stratégique pour le futur, Intel fait pratiquement jeu égal avec IBM.

Enfin Intel, c’est surtout une politique d’acquisition très intelligente, en particulier MobilEye, qui est à mon avis l’entreprise la plus avancée dans les solutions permettant de démocratiser la conduite autonome. Plus de 50 millions de véhicules utilisent déjà ses produits. Sa puce, la EyeQ Ultra permettra en principe une vraie conduite autonome de niveau 4, à partir de 2025.

Intel a entamé les démarches pour introduire en Bourse ce très beau fleuron d’ingénierie, dont il gardera la majorité du capital.

 

Valorisation

La valorisation actuelle, s’agissant d’un leader mondial est troublante pour dire le moins. Si l’on reporte les données issues du site YCHARTS, on observe une valeur d’entreprise sensiblement égale à la capitalisation boursière.

Les ventes se maintiennent à un plus haut, bien que les nouvelles mesures du PDG n’aient pas encore porté leurs fruits :


LE PER (Price Earning Ratio) est parmi les plus bas sur les 5 ans écoulés. A environ 6,2 fois les résultats de l’année en cours, il ne reflète pas la valorisation d’un leader mondial.

Selon le site MacroTrends, celui-ci est même à un plus bas de 13 ans :

La marge nette s’établit à 31,68%, le plus bas de ces 10 dernières années (toujours selon le site macrotrends.net) :

Le ratio Valeur d’Entreprise (VE) sur EBITDA, indicateur plus apprécié des professionnels est également très intéressant, notamment par rapport à la concurrence, selon le site Finbox :


Le site GuruFocus annonce des ratios encore plus intéressants :

Evolution du cours

En dépit de la stratégie technique décrite plus haut, l’évolution du cours de bourse reste décevante sur ces 5 dernières années :


Dividendes

Intel délivre un dividende trimestriel sans interruption depuis des dizaines d’années, même pendant la grande crise financière de 2008-2009.

Ce dividende est soit stable, soit en augmentation. Il n’a jamais diminué, si l’on fait bien sûr exception des périodes de fractionnement d’actions (« stock split »).


L’historique des dividendes est présenté en suivant ce lien.

Le graphique de l’évolution du dividende depuis 1994 sur le site de Macrotrends est encore plus clair : le dividende n’a jamais connu de réduction importante.

 
La politique de rémunération des actionnaires est donc un principe de base chez Intel, et au regard des temps troublés que nous allons traverser, cette simple nouvelle est réconfortante.

 

L’argument national

Intel est, ne l’oublions pas, le seul fondeur réellement américain avec Texas Instruments. TSMC est comme ses initiales l’indiquent basé à Taiwan et Samsung est coréen.

Les autres ( AMD, Qualcomm, Nvidia,…) ne sont pas fondeurs, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas les usines incroyablement sophistiquées qui permettent de fabriquer les puces. On dit qu’ils sont « fabless ».

Qu’on le souhaite ou non, Intel fait partie de la guerre que l’état profond américain a lancé contre la Chine qui ne fait pas mystère de ses ambitions de reprendre Taiwan, avec toutes les conséquences que cela aurait sur le marché mondial des semiconducteurs. Même si cet état de fait constitue un risque financier à court et moyen terme, il est aussi facteur de soutien à plus long terme.

Le « Chips Act » est un aspect concret de cette préférence nationale : le congrès américain a récemment voté pour débloquer un package global de 52 milliards afin d’aider les entreprises fabricants de semiconducteurs à implanter ou réimplanter leurs usines aux Etats-Unis. C’est ce qui a conduit Intel à décider la création de deux usines ultra-modernes dans l’Ohio pour un montant de près de 20 milliards de dollars et très récemment, à en délayer l’inauguration dans le but de forcer le Congrès à tenir ses engagements.

En Europe, le programme équivalent, « European Chips Act » permettra à Intel de toucher 6,8 milliards d’euros.

Il y a d’autres facteurs favorisant Intel, comme le fait que cette dernière n’est presque pas orientée vers la fournitures de solutions de minage à l’attention des cryptomonnaies à preuve de travail (« Proof Of Work ») contrairement à AMD et Nvidia : avec la poursuite probable de la chute de valorisation des cryptomonnaies, une baisse des ventes des solutions de minage est à prévoir.

Pour les investisseurs évoluant en zone Euro, parier sur Intel est également un pari sur le dollar et il y a de fortes chances que celui-ci continue de s’apprécier par rapport à la monnaie de la BCE. A cet égard, le pari est tout à fait approprié.

 


En conclusion, ce n’est pas souvent qu’un leader mondial se trouve malmené à ce point, en particulier sur un secteur aussi essentiel que celui des semiconducteurs, qui sous-tend toute l’industrie de l’informatique.

Retenons toutefois qu'il est probable que le secteur des semiconducteurs soit amené à connaitre un ralentissement conséquent, qui ferait logiquement suite à des années de vaches grasses ayant amené à des surinvestissements.  IDC prévoit une baisse des ventes dès 2023, dès que la pénurie de composants se sera apaisée. 

Ma conviction sur le long terme, en dépit des turbulences à venir, est un achat fort.

 

 

 

mercredi 24 juin 2020

Wirecard : on commence à y voir plus clair ...


J'aime cette réplique de Depardieu dans Buffet Froid (aux alentours de 1:13 dans l'extrait ci-dessous) : "on commence à y voir plus clair".



C'est bien une citation que j'ai envie de reprendre à propos de Wirecard.

Résumé des faits : Wirecard est une société allemande créée en 2002 s'est développée, principalement par acquisition jusqu'à compter plus de 5000 personnes dans le monde et un chiffre d'affaires supérieur à 2 milliards d'euros en 2019.

En Juin 2020, plus précisément il y a quelques jours, des irrégularités de près de 2 milliards d'euros sont découvertes.
Ce désastre financier est notamment bien expliqué dans le blog de Charles Sannat.

A l'issue d'une simple opération de circularisation, les banques des Philippines dans lesquelles Wirecard aurait placé près de milliards d'euros ( en Pesos Philippins !) ont confirmé qu'elles n'avaient aucune relation d'affaires avec la société Wirecard.

Parmi les nombreux aspects de cette affaire, il est deux points que je voudrais approfondir plus particulièrement :

1) La lutte permanente de l'autorité des marchés financiers allemands contre les lanceurs d'alertes.

Comme le souligne l'ensemble des articles la "honte" s'est abattue sur la finance allemande.
Et ce déshonneur est justifié, car au fil des années, il y a eu quantité de lanceurs d'alertes, que non seulement la Bafin n'a pas encouragé, mais qu'elle a combattue.
En 2015, le Financial Times a sortie une série d'articles, sobrement intitulés "The House of Wirecard".
Le 20 Novembre, le journaliste Dan McCrum s'interrogeait sur les entités business en Asie de Wirecard avant de conclure qu'elles étaient réduites à la partie congrue, au mieux.
Le résultat : McCrum a été villipendé , y compris par ses pairs, pendant plusieurs années.

Cette liste n'est que la partie émergée de l'iceberg...

L'article de BFM relate, en abrégé comment la BaFin s'est systématiquement porté au secours de son protégé, en ouvrant des enquêtes à l'encontre des journalistes, en interdisant les ventes à découvert,...

C'est le capitalisme de connivence, que les gens mal informés confondent avec le capitalisme tout court, et qui leur donne, très souvent des envies de néo-communisme.

2) L'ultra-nullité des commissaires au compte, tel qu'exposée de manière plus feutrée dans cet article des Echos, qui se concentre sur Ernst & Young, déjà sous le feu des projecteurs pour NMC Health et Thomas Cook.

Là dessus, et c'est l'objet principal de mon billet, je souhaiterais faire part de ma propre expérience.
Pour ma toute petite société, compte tenu de la création d'une filiale dans un pays lointain, nous avons été amenés, avant que la législation n'évolue à prendre les services d'un commissaire aux comptes, basé à Dijon.
Je savais déjà que cela ne servait à rien pour une société comme la notre : nous n'avions pas de stocks et absolument rien à cacher.
Je me rappelle très bien, en dépit de la très petite taille de notre société (moins de 1 million d'euros de chiffres d'affaires) le zèle de nos auditeurs et leur demande de contrôle sur tout, jusqu'au contenu de notre caisse destinée à payer les opérations courantes (achat de timbres, etc...)
J'avais déjà une conviction forte, qui s'en est trouvée renforcée : pour nos activités de services en B2B, il n'y a rien à cacher, rien à creuser et en dessous d'un certain volume de chiffre d'affaires, le commissaire aux comptes coûte fort cher et ne sert à rien.

Et donc, je ne comprends pas comment une société telle que Wirecard a pu tromper aussi longtemps ses commissaires aux comptes.
J'en conclus qu'elle n'a pas pu les tromper ... Pas s'agissant de 2 milliards d'euros ... Il y a forcément eu des complicités internes ... Des regards qui se sont détournés... Ou alors, ces auditeurs sont des crétins finis ( je n'exclus pas d'ailleurs une combinaison de ces deux hypothèses).

Il y a des années, le scandale Enron avait été la cause principale de la chute du cabinet Andersen.
Je n'imagine pas pourquoi il en irait différemment d'E&Y... Et je ne vois pas pourquoi les Big Four ne deviendraient pas à leur tour les Big Three, ... jusqu'à ce que, comme Highlander, il n'en reste qu'un.

Aujourd'hui, certains s'interrogent sur le fait que Wirecard encourt un risque de faillite : je sais que l'on marche complètement sur la tête, mais honnêtement je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
Comment une entreprise financière dont l'activité est majoritairement basée sur la confiance pourrait-elle seulement espérer survivre ?  Cela me dépasse...

Compte tenu de l'ampleur de la fraude, comment se fait-il que le cours qui était à 100 € le 18 Juin soit encore aujourd'hui vers 12,4 € ... et non pas déjà à 0 ?



En tout cas, cela m'a ramené en tête l'opinion de Charles Gave sur les allemands, à laquelle se joint celle de Franck Boizard : en apparence, le mercantilisme des allemands fait merveille et ils apparaissent avant tout comme les maîtres du jeu. 
Sur le long terme, ils sont souvent rattrapés par leur manigance et par leur médiocrité stratégique.

On peut aussi penser à la situation de la Deutsche Bank, certainement la banque la plus systémique de la zone euro, avec un potentiel suffisant pour la faire exploser plusieurs dizaines de fois...

Pour le dire autrement : il y a des peuples qui se battent jusqu'à la victoire. Les allemands eux se battent jusqu'à la défaite. Cette situation n'est pas de moi ... Mais j'aurais bien aimé.



Enfin Wirecard, prochainement WeWork (?) ... La liste de ces pseudo-sociétés avec non seulement des pseudos bénéfices mais surtout du pseudo chiffre d'affaire est longue comme le bras.

En bonne logique, nous devrions continuer de vivre des temps intéressants.

vendredi 1 novembre 2019

Stock Picking à la bourse de Paris



Une fois n’est pas coutume, je souhaite partager avec vous les achats en Bourse que j’ai effectué hier matin (jeudi 31 Octobre), sous l’inspiration du moment.

L’objectif n’est pas du tout de me vanter d’avoir acheté à si bon compte. Du reste, je ne sais pas et je ne saurai pas avant la revente si j’ai fait une bonne affaire. Il se trouve que j’ai acheté ce matin, de manière somme toute très modeste, 3 actions et que j’ai laissé trainer un ordre de vente sur la quatrième.


La première de ces actions, celle pour laquelle mon ordre n’est pas passé justement est la société Moulinvest.

Moulinvest est une société de la filière bois, un secteur d’avenir selon moi. Leur gestion est intégrée et ils ne se contentent pas de proposer des produits de bois, mais ils s’intéressent à des secteurs clés tels que la production de granulés de bois ou la génération de biomasse.

Si l’on regarde les chiffres, ils capitalisent un peu moins de 11 Millions d’Euros pour un chiffre d’affaires de 61,3 millions d’euros sur l’exercice 2017-2018 sur un chiffre d’affaires qui a de bonnes chances d’augmenter.

Le marché les a sévèrement taclés à la suite de la publication des résultats du 1er semestre où ils n’annonçaient qu’un résultat de 1,2 M€ !  Un résultat net « conservateur » de 2 M€ est à prévoir et ce montant est un minimum, du fait que le second semestre est en général meilleur.
De plus, le groupe se développe bien, en particulier à l’international.

Pourquoi le marché dédaigne-t-il autant la valeur ? D’abord, par un effet auto-réalisateur du fait que les petites valeurs n’intéressent pas grand monde, surtout en période marché haussier entretenu.

Ensuite, il semblerait qu’un certain nombre de fonds liquident leur position sur la valeur (cliquez sur les images pour les agrandir).


Troisièmement, le second semestre marque le pic des investissements ce qui a pour effet de monter sa dette. Mais celle-ci correspond à des achats immédiatement relutifs sur l’activité.
Enfin, le groupe n’en a cure : Moulinvest ne se préoccupe absolument pas de sa communication financière avec des avis de publication réduits au minimum légal.
On a l’impression qu’ils ont eux-mêmes abandonné la bourse.
D’ailleurs, la suite logique sera probablement une offre de retrait de la bourse avec, on l’espère, une prime intéressante pour les petits porteurs.
En attendant, le cours reste une excellente affaire à ces niveaux.




La seconde de ces actions est EUTELSAT.
Cette société a eu le malheur d’annoncer le 30 Octobre un chiffre d’affaires légèrement en retrait, chiffre qu’elle a expliqué par des retours //.
Ces déclarations ont entraîné en séance une baisse de l’action de plus de 10%.
S’agissant d’une société rentable, qui s’apprête, au mois de Novembre, à délivrer un dividende de 1.27 €, la correction me semble exagérée. Le rendement est d’ailleurs l’un des points forts de cette société et ce depuis plus de 15 ans. On dispose ainsi d’un rendement bien supérieur à 5%.

Le PER estimé pour 2019 est à 12.56, ce qui n’est pas rien, mais Eutelsat est une société évoluant sur un secteur plutôt restreint.




La baisse du C.A. est une éventualité, pourtant la société a des projets d’avenir dans ses cartons : une vraie connectivité haut débit dans les avions, ainsi qu’un déploiement satellitaire à l’attention de l’Internet des objets, effectué en partenariat avec Sigfox.


A long terme, je ne compte pas garder Eutelsat. L’activité risque d’être impactée par une forte concurrence qui s’annonce sur le secteur des satellites, notamment les offres en basse orbite des Starlink (SpaceX), OneWeb et autres opérateurs spécialisés. 
Mais dans le titre de l’article, on parle bien de « stock picking » n’est-ce pas ? Cette action pourra, je le pense être revendue vers 18 €, après versement du dividende.




La troisième action intéressant pour laquelle mon ordre d’achat à 12.73 € est passé est Maisons du Monde.

Je ne suis pas un grand fan de Maisons du Monde, car pour faire une comparaison sans doute un peu trop simpliste, on peut dire qu’ils font construire à bas prix en Chine, pour vendre en France à des prix occidentaux. Sauf que les AliExpress et consorts commencent à agir de ce côté-là.

Il n’empêche : la société a accusé une baisse de l’ordre de 15% en bourse alors même qu’elle venait d’annoncer une augmentation de son C.A. et pour une petite baisse ( ½ point) d’EBITDA. C’est la remarque d’un utilisateur du forum Boursorama qui résume le mieux la situation :


Le cours tutoie ainsi ses plus bas niveaux sur 5 ans, sans qu’il y ait d’annonce catastrophiste.


Le PER estimé est en dessous de 10 et le rendement supérieur à 3%. Les perspectives de long terme ne sont pas remises en cause, l’ouverture de nouveaux magasins est confirmée.

Evidemment, le cours peut poursuivre sa baisse, même si l’analyse technique le signale survendu, mais je me tiens prêt à en racheter près du premier support à 11.95 €.
Là non plus, je ne compte pas rester très longtemps au capital de MDM, mais si cela devient nécessaire, je pourrai camper sur place et même renforcer.




La quatrième et dernière action qui a fait l’objet de mon intérêt est Renault (RNO). Je dois dire que je n’aurais probablement pas acheté cette action, si je n’en détenais pas déjà un peu à un prix légèrement supérieur. J’ai donc acheté des actions RNO à un prix unitaire de 45.66 €.

L’action est en fait à la baisse depuis bien longtemps, en tout cas depuis les déboires liés à l’affaire Carlos Ghosn et sans doute avant.
Là aussi on est sur des plus bas de 5 ans.


Le dividende reste élevé et Renault dispose très probablement (je n’ai pas vérifié) du PER le plus bas de tout le CAC40. N’oublions pas que la trésorerie de Renault reste largement excédentaire.

Evidemment, le marché sanctionne les flottements, le départ du directeur général ainsi que l’annonce de rapprochement entre Fiat et PSA.

Mais l’essentiel du sujet n’est pas là : à 13,53 milliards d’euros, RNO capitalise à peine plus que sa participation de 45% dans Nissan !

J’abonderais presque dans le sens de « surfer1 » :

C’est comme si toutes les usines, le savoir-faire, etc… de RNO ne comptaient pour peu de choses.

Comparez par exemple la capitalisation de Renault à celle, au hasard de… Tesla !
Telsa qui, soit dit en passant, n’arrive pas à vendre 100 000 voitures sur un trimestre, dont les ventes se sont effondrées aux Etats-Unis est devenu la première valorisation mondiale des constructeurs automobiles devant GM.

Je sais que j’ai promis un article sur la filouterie qu’est Tesla : ils ne perdent rien pour attendre… Ayant dit (ou plutôt écrit) cela : je reste admiratif de la performance d’Elon Musk, même si je maintiens qu’il aurait dû passer la main à des managers expérimentés aussi bien chez Tesla que SpaceX.
Pour en revenir à RNO, j’espère pouvoir revendre mes actions autour de 50 €. Mais là encore, je suis prêt à attendre.




En quoi cette information est-elle intéressante ?

Et bien, il faut replacer dans le contexte.
Nous sommes dans la situation très paradoxale où la Bourse avec un B ne doit surtout pas baisser de par la volonté des banques centrales qui impriment des tombereaux (des silos) d’argent et où les actions qui sortent de l’ordinaire sont traitées presque comme en période de dépression.
Les banques centrales raisonnent avant tout sur les indices : le CAC40, le DAX, le Dow Jones, etc… Elles veulent, surtout aux Etats-Unis où le sentiment de richesse global est très fortement corrélé à l’état du marché des actions, continuer de faire léviter les actions. Aux USA toujours, ce sentiment est encore accentué par Le Donald qui considère que sa réélection future tient au niveau de l’indice Dow Jones. 

Et bien même aujourd’hui dans un environnement où toute l’information circule instantanément et où un très grand nombre d’investisseurs sont tous à la recherche de la dernière pépite … au point d’investir dans des gouffres à pognon ( Uber, Lyft, Tesla, Slack…), de chercher la dernière cryptomonnaie à la mode, voire d’acheter des obligations à rendement négatif … Il existe des entreprises bien gérées, peu valorisées qui délivrent du rendement, et donc l’achat reste véritablement un placement de père de famille.

Comme diraient les chinois, nous vivons décidément des temps intéressants…


4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité d'interviewer mon cher ami, Eric Larcheveque. Eric est devenu, depuis sa participa...