Affichage des articles dont le libellé est Bulle financière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bulle financière. Afficher tous les articles

samedi 29 juillet 2023

L'apport du BTFP sur l'euphorie boursière

 Je continue de suivre avec grand intérêt presque avec fascination, les prévisions de David Hunter se dérouler, malgré le scepticisme initial qui entourait chacun de ses tweets, il y a encore 6 mois. 

David Hunter est un analyste macroéconomique, principalement actif sur Twitter ( https://twitter.com/DaveHContrarian) qui pronostique une explosion à la hausse des indices (un "meltup" dans la langue de Shakespeare) suivi d'un effondrement ("bust") qui devrait amener les bourses à la baisse de 80%. Bien qu'il refuse de donner les détails qui l'ont amené à son raisonnement, il est clair que le sentiment de marché fait partie de ses indicateurs. 

Malgré l'augmentation des indices, un nombre important des intervenants restent pessimistes, nourris en particulier par l'augmentation ultra-rapide des taux directeurs de la Fed. Cette augmentation a, 

L'augmentation des taux de la Fed a été, c'est vrai, particulièrement impressionnante comme en atteste le graphique ci-dessous : 

Pourtant, cette augmentation ne semble pas avoir encore produit tous ses effets sur l'économie réelle et encore moins sur les taux. Il est vrai qu'on admet en général une période de 12 à 24 mois avant qu'une augmentation ne fasse son effet dans l'économie réelle.

Il est un autre sujet, avec un rôle probablement très important dans l'équation globale, c'est le programme BTFP ( Bank Term Funding Program). 

Ce programme lancé par la Fed en Mars 2023 en réponse à la faillite de la Silicon Valley Bank (que ces choses-là semblent lointaines !) vise à fournir de la liquidité aux banques en échange de collatéraux tels que des obligations, ... 

Comme l'a souligné Sven Heinrich, depuis que ce programme a été lancé en Mars 2023, il n'y a eu aucune baisse significative des marchés et ce en dépit de l'augmentation la plus rapide des taux depuis très longtemps. 

Comme l'a indiqué JP Morgan, les réserves indiquées pourraient se monter à plus de 2 000 milliards de dollars. 

Est-il étonnant dans ces conditions que certains comparent le BTFP a un Q.E. caché ? 

Dans d'autres articles, le BTFP est comparé à l'hôtel California, en référence à la fameuse chanson des Eagles : " you can check it anytime, but you can never leave". 
Cela fait par ailleurs écho aux articles de Bruno Bertez que je cite une fois de plus : le resserrement auquel nous avons eu droit n'est qu'un resserrement fictif. Derrière les apparences, la liquidité est finalement toujours très abondante et cette liquidité va s'engager sur les marchés financiers. 

Cette idée d'une forte augmentation des marchés suivie d'un crash est même reprise par certains que l'on pourrait, sans peine qualifier de conspirationnistes. 



En résumé, la fin du programme BTFP serait l'occasion de déclencher des faillites en cascade parmi les banques US et de regrouper les banques en seulement quelques institutions ce qui faciliterait grandement, il est vrai, l'introduction d'une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). 
Je n'ai, à ce stade, pas assez d'informations pour me prononcer sur cette théorie. 

En tout état de cause, les marchés ont besoin de liquidités pour simplement poursuivre leur parcours et le BTFP répond à cette problématique.

lundi 13 mars 2023

Quoi qu'il en coûte

 Souvenez-vous, c'était il y a environ 3 ans : 


Il faut relier les déclarations et les conséquences. Voici l'une des conséquences :  

A ceux qui diraient que le déficit du commerce extérieur de la France n'a rien à voir avec les mesures de "protection" des français au détriment de l'activité des entreprises, je réponds : faux ! 

Tout est lié. Il n'y a de vérité que de tout. L'argent que l'on met dans un projet ou dans un objectif, on ne le met pas ailleurs. Et non, je ne suis pas en train d'écrire qu'il ne fallait pas protéger les français. 

La Suède n'a pas confiné et elle est dans une bien meilleure forme économique que nous ... Même si elle a d'autres problèmes au moins aussi graves à mon humble avis. 

En l'occurence, pour analyser plus finement les rapports de cause à effet entre l'image ci-dessous et les décisions qui ont été prises, il est plus facile de pointer le blâme là où il faut : 


J'ai déjà pris le temps d'écrire tout le bien que je pense de l'actuel ministre des finances. Ce type est tellement nul, tellement minable que c'en est impressionnant. 

Pour paraphraser Jefferson, je crois que B. Lemaire est plus dangereux pour notre économie que des armées prêtes au combat. Je n'ai pas envie d'achever une bête à terre et donc je ne mettrai pas le lien dans lequel ce gros sottard se félicite en Janvier 2023 de la résilience de l'économie française. 
Et puis, allez, soyons fous : le voici

Les trois causes principales de cette explosion du déficit commercial de la France sur 2022 sont : 

  • L'augmentation du prix de l'énergie qui est une conséquence directe de notre décision de "couler" l'économie russe comme l'a souhaité Von Der Leyen, ce qui a été traduit par Lemaire en bon caniche obéissant par l'arrêt d'import de pétrole russe. Bien entendu, nous continuons d'acheter du pétrole russe à l'Inde qui nous le raffine au passage et nous le revend beaucoup plus cher. 
  • La dépréciation de l'euro par rapport au dollar qui rend nos importations beaucoup plus coûteuses est une lointaine conséquence du "Whatever It takes" de Mario Draghi et de toutes les décisions qui en découlent. 
  • La faiblesse persistante de l'industrie française. Le président actuel n'est bien sûr pas le seul en cause. Il est le successeur d'une longue lignée qui depuis Mitterrand ne comprend rien ni à l'économie ni au monde industriel. Et leurs ministres respectifs de l'économie et des finances sont du même acabit (à l'exception notable de Francis Mer, ministre sous Jacques Chirac). 

dimanche 11 octobre 2020

Extension du domaine de la fuite en avant



" Plus tu cries, plus profond j'irai "
Serge Gainsbourg dans Love on the Beat

 

En matière d'insanité boursière, je pensais avoir déjà vu énormément de choses avec Uber, Lyft, Amazon (qui ne perd rien pour attendre) et surtout Tesla. 

Mais nous n'en étions qu'aux prémices... Avec Nikola, j'éspère pouvoir dire que nous avons atteint la quintessence du ridicule.

J'avais déjà entendu parler de Nikola bien entendu et ayant glané quelques bribes d'informations, je me doutais qu'il s'agissait également d'un "scam". Par contre, je n'avais pas mesuré l'ampleur de la fraude.


Nikola a été créée en 2014. Plus de 6 ans après, en Septembre 2020, aucun de ses prototypes n'est entré en production. 

Jusque là, la situation n'a rien d'alarmant : on est dans le nouveau normal, le "New Normal" comme disent les américains.

En Mars 2020, alors qu'aucun produit n'est sorti des lignes de productions, Nikola fusionne avec VectoIQ Acquisition Corporation qui n'est rien d'autre qu'un SPAC ( "Special Purpose Acquisition Corporation").

Pour ceux qui, comme moi, ne savaient pas ce qu'est un SPAC, il s'agit d'une compagnie conçue uniquement dans l'objectif d'entrer en Bourse ... Et qui justifiera son existence, par la suite, en rachetant d'autres sociétés, en partie avec l'argent levé lors de l'entrée en Bourse, d'ailleurs. Encore une aberration qui montre bien l'excentricité de la période actuelle. 

Ainsi donc, en Mars 2020, Nikola se retrouve être une société côtée en Bourse, avec le symbole NKLA.

Le cours ne bouge pas beaucoup... Mais il parvient malgré tout à une valorisation de 13 milliards de dollars début Août. 

Le 8 Septembre 2020, Nikola annonçait un partenariat avec General Motors, au terme duquel GM rachetait 11% des parts de Nikola et s'engageait à fournir ses usines pour la construction du Badger, le camion star de la société. 

A la suite de cet accord, l'action Nikola prenait 50%. 

Pas mal pour une boite qui a un chiffre d'affaires de 80 000 dollars...

Le lendemain de l'annonce de ce "partenariat", un rapport de la société de recherche, Hindenburg Research indiquait que la société n'était rien de plus qu'une vaste fraude, documents internes (emails,...) à l'appui. 

Hindenburg Research n'est pas n'importe qui. Cette société, spécialisée dans la vente à découvert de sociétés côtées, a déjà un beau palmarès de détection de fraudes. 

Nikola a bien sûr fortement nié les allégations de Hindenburg Research (qui maintient ses affirmations). Il n'empêche que son fondateur, et CEO a démissionné quelques jours plus tard. 

Parlons-en justement, de ce fondateur, Trevor Milton.

Le type ressemble à Elon Musk, le talent en moins. C'est ou plutôt c'était, comme son illustre modèle, un habitué de Twitter. Voyons comment il a géré la crise : 


Et voici donc les 3 niveaux de gestion de crise de ce brillant leader : 


Puis : 


Et enfin :

Là où l'histoire prend un tour absolument burlesque qui justifie à lui seul ce billet, c'est la révélation lors de la publication des comptes du troisième trimestre (au 30 Juin 2020) que le seul chiffre d'affaires généré l'était pour l'installation de panneaux solaires pour le CEO. 

Cette information incroyable rapportée par CNBC est ridicule à plusieurs titres : 

  • Nikola génère du chiffre d'affaires avec une activité qui ne relève absolument pas de son coeur de métier (en anglais, on parlerait de "core business"). On rappelle que c'est le côté à priori 
  • Ce chiffre d'affaires est généré via le CEO qui peut tout à fait incorporer ces dépenses dans son salaire... En fait, c'est un moyen de générer un peu de chiffres pour éviter la déclaration selon laquelle il n'y aurait aucun revenu pour le trimestre en cours. Mais c'est pitoyable. 
  • Ce chiffre d'affaire est à mettre au regard de la valorisation de plus de dix milliards, dont une grosse partie des actions appartient à son fondateur, Trevor Milton. 

Tout peut être résumé en un seul tweet : 

Cette boite est une faillite absolue. 

Toutefois, comme le dit Thomas Yeung de InvestorPlace, c'est GM in fine, qui décidera si la valeur d'une action GM ira à 60 dollars ou à 0

La direction de GM commence à percevoir, à mon avis, qu'ils ont fait une grosse bêtise pour dire le moins... Mais la Bourse est ainsi faite que cela risque de leur coûter plus cher d'avoir fait une grosse bourde ... que de continuer et prétendre qu'il vont retourner la situation. Il n'est pas interdit de penser que Nikola Corp. s'en sorte une fois de plus...



Le vrai Nikola Tesla, génie absolu, dont on peut admirer la sagesse dont le très intéressant et peu connu, Current Wars, va se retourner dans sa tombe s'il apprend qu'à la fois son prénom et son nom ont été utilisé pour créer des entreprises qui étaient, en tout cas pour Nikoka, à la frontière de la supercherie. 

Le véritable coupable caché de cette situation, je l'ai dit et je le redis presque à longueur de billet, ce sont les banques centrales

Les mêmes banques centrales qui nous diront que l'on ne pouvait pas faire autrement quand la crise emportera tout sur son passage...


lundi 24 août 2020

TESLA : l'insanité érigée en art

Je me mets dans la peau d'un professeur de mathématiques de seconde (ou serait-ce de troisième ?) qui voudrait expliquer la fonction exponentielle à ses élèves. 

Ce n'est pas forcément simple d'expliquer ce genre de concept. Il faudrait des exemples concrets pour éclaircir les pensées embrumées de nos jeunes décérébrés chères têtes blondes.
Il se trouve que, par chance, nous avons un exemple de fonction exponentielle sous les yeux : je veux parler bien sûr de l'action Tesla (TSLA). 

Bon, c'est vrai, j'exagère un peu : ce n'est pas une vraie exponentielle... A part sur ces dernières semaines. 

Quel malheur ! Cette pauvre petite action semble perdre quelques dollars ce jour (24 Août) après avoir inscrit un nouveau plus haut historique à 2125,78 USD en début de séance...

Et en plus, Tesla perd de l'argent. Et ce n'est pas la peine d'essayer de me convaincre du contraire. 

Vous voulez une autre explication de texte sur l'insanité Tesla ? 

Nous la devons à Raphaël Bloch. 

J'ai déjà parlé plusieurs fois (trop) de TESLA et pourtant, je n'ai rien contre Musk. 

Ma préconisation actuelle c'est de ne pas spécialement s'en occuper (à part si vous avez déjà acheté une Tesla bien entendu) : ne vendez surtout pas à découvert le stock, n'essayez pas de vous focaliser sur les discours erratiques ou les promesses mirobolantes du fondateur, ... Désintéressez-vous en. Et la bulle finira par se dégonfler ... Même si, à ce stade, c'est une montgolfière et plus une bulle. 

La technologie inaugurée par Tesla est vraiment révolutionnaire, mais toutes les révolutions viennent avec leur excès. Celle-là m'agace un peu. Peut-être parce que j'aimerais bien moi aussi pouvoir faire grossir ma boite, sans me préoccuper de la rentabilité. 


samedi 11 juillet 2020

Tesla : un peu plus près des étoiles...



Sur les 7 derniers jours, le cours de l'action Tesla est passé de 1000 à 1500 dollars, ... sans qu'aucune nouvelle ne vienne expliquer l'augmentation des cours.  Il a clôturé ce vendredi à 1544 USD pour une capitalisation approchant les 300 milliards de dollars ( entre un  tiers et un quart de celle de Google qui est très profitable).



Il y a eu un article de SRSrocco intitulé sobrement "Total Market Insanity : Toyota vs Tesla" qui démontre à quel point le fait que la capitalisation de Tesla (259 milliards à la date de l'écriture de l'article) dépasse celle de Toyota est une aberration.

Mais c'est de l'histoire ancienne : Telsa a depuis pris près de 30 milliards de dollars de valorisation complémentaire en quelques jours ( plus de 4 fois la valorisation de Renault S.A.) et ceci, comme je l'ai dit, sans aucune nouvelle, à part l'assurance une fois de plus de la part de Musk que la conduite autonome allait bientôt arriver. 

Aujourd'hui, la société TSLA dépasse à elle seule la capitalisation boursière combinée de GM, Fiat / Chrysler, Honda, BMW, Nissan, Hyundai, Mercedes et Ford.



Pas mal pour une société qui n'a jamais dégagé de profit et je pèse mes mots.

Le site TeslaCharts va plus loin. Il montre en particulier que les livraisons de véhicules n'ont pas significativement progressé sur toute l'année 2019.


Bien entendu, ces livraisons sont une fraction seulement des ventes de chacun de ces concurrents dont Tesla dépasse la valeur combinée.

J'ai bien conscience que je fais une fixation sur Tesla... Mais en fait, ce n'est pas mon sujet. 

Mon sujet est de montrer à quel point l'action absolument insensée des banques centrales rend ce genre de situation possible. 

J'ignore combien de temps cette insanité durera. Je ne pense pas qu'elle durera encore 10 ans.

Et surtout : elle aura des conséquences horribles qui nous toucheront tous...

Mais l'ignorance des foules aura sans doute la capacité de retarder cette prise de conscience indispensable. 

Et dans cette catastrophe annoncée, chaque voix compte pour rappeler qui sont les vrais coupables.

 









samedi 30 mai 2020

L'or, encore et toujours


Pourquoi est-ce que je parle tellement de l'or ?
Parce que l'or est vraiment le canari dans la mine, l'avertisseur des problèmes à venir.


J'ai longtemps expliqué, même sans avoir connaissance du graphique ci-dessous, qu'en 2020, au regard de la création monétaire, l'or qui est LA MONNAIE par essence, n'est vraiment pas cher.

Je le redis d'une autre manière : au 31 Décembre 1999, l'or cotait, selon la côte CPRor environ 290 dollars l'once.
Je maintiens, sans avoir de preuves formelles, que ce prix était en fait plus cher que le prix actuel de 1730 dollars ( presque 6 fois plus), tout simplement parce que la création monétaire a entre temps été multipliée par plus de 6. Et même en tenant compte des extractions de métaux précieux, le rapport reste favorable à l'or.

Le site US Debt Clock montre l'évolution des dettes selon les différents acteurs économiques sur différentes périodes.


Sur 2020, la dette nationale US est estimée à 25,7 billions de dollars.

Comparons la situation avec l'année 2000, puisque le site donne également des estimations sur différentes années passées.


Sur cette période, la dette nationale US s'élevait à 5,7 billions.
L'augmentation est de l'ordre d'un facteur 4,5 (et non pas 6 fois), ce qui me semble à première vue me donner tort, sauf que :

  • Le vrai chiffre à retenir sur ce tableau est celui de la monnaie est des dérivées de crédit qui s'établit à ce jour (30 Mai 2020) à 682 billions. Et là encore, il s'agit d'une estimation. Les vrais montants sont incalculables pour quiconque. 
  • Ces chiffres ne prennent pas en compte l'augmentation des masses monétaires dans les pays émergents. C'est en Chine et dans d'autres pays en développement que l'impression monétaire a été la plus gigantesque, pas aux Etats-Unis. 


Prenons donc les rapports papier vers métal argent et papier vers or maintenant


Bien entendu, ces variations sont approximatives, mais elles donnent une idée de la différence entre avant et maintenant. Elles matérialisent le fait que les métaux précieux représentent une valeur immuable dans le temps, contre laquelle viennent se fracasser les monnaies papiers dont la valeur s'érode au fil des ans.

Selon l'article paru ce jour sur le site de Zerohedge, les mouvements de l'or en ce moment même sur le COMEX sont historiques : on parle ici d'or physique ce qui montre bien que l'inquiétude est monté d'un cran.

Car, et cela fait référence à l'article de l'un de mes blogueurs favoris, Bruno Bertez : l'or est rationné comme tout ce qui n'est pas à son prix, personne ne l'a encore compris.

L'idée que Bertez exprime fort justement est ce que je ressens confusément, même si j'ai un mal fou à l'exprimer simplement (et pourtant, j'essaie) : l'or n'est pas un marché libre.
Le plus souvent, dans des proportions qui donnent le vertige, il est remplacé par du papier.

J'ai presque envie de répondre qu'il y a quand même un certain nombre de personnes (dont votre serviteur) qui l'ont compris, mais c'est vrai que ce n'est pas un sujet qui sera abordé au journal de 20 heures sur TF1.
Et c'est pour cela qu'il faut le répéter, sans se lasser.

J'écris sur l'or, encore et encore, pour éveiller les consciences afin que la manipulation des pseudos-magiciens prenne fin...

Que cela soit avec le Bitcoin, l'or, le platine,  ou tout ce que vous voulez, il faut que ce transfert de richesses s'arrête.
Le peuple en est le plus grand perdant, au bénéfice d'une caste sans cesse rétrécie de crapules dont le seul avantage est de pouvoir imprimer à leur profit une monnaie qui devrait être le bien commun...

lundi 27 janvier 2020

RNO vs Tesla : le match des extrêmes

En ce début d’année 2020 (déjà bien entamée), il me semble intéressant de faire un bref parallèle entre 2 actions de constructeurs automobiles qui connaissent des fortunes diverses sur les marchés (pour dire le moins).

A ma gauche, nous avons donc l’action RNO qui tutoyait les 100 Euros en Mars 2018, et qui moins de 2 ans plus tard vaut à peine 35 Euros, au plus bas depuis 2012.



Bien sûr les ventes de Renault ont baissé de 3,4% en 2019, comme indiqué dans cet article, mais compte tenu de leur positionnement mondial et des remous de l’année dernière, ce recul peut plutôt être interprété comme une bonne surprise.
Renault a vendu plus de 3 750 000 véhicules l’année dernière, plus de 10 fois plus ceux de Tesla.
La société est présente sur la quasi-totalité des segments de marché : on ne peut pas en dire autant de Tesla, dont le seul Model 3 cannibalise les ventes de ses deux autres modèles, S et X.
Renault a distribué l’année dernière en Mai 2019 un dividende de 3,55 €.
A part, l’absence de DG opérationnel, Renault ne va pas si mal, et apparemment cette nomination ne devrait plus tarder.



A ma droite, nous avons Tesla (TSLA), qui a vendu à peine 367 000 véhicules en 2019 et dont la capitalisation vient de dépasser les 100 milliards de dollars.


Tesla vole de record en record, alors que son modèle n’est même pas validé : Tesla n’a jamais réalisé de trimestre bénéficiaire, autrement qu’en modifiant outrageusement son reporting financier ( ce que l’on appelle les GAAP – Generally Accepted Accounting Principles).

Pendant longtemps, Tesla a pu jouer de son image de pionnier et gagner pas mal d’argent en revendant des droits à polluer, ce que j’ai montré dans un précédent article. Cette période est terminée.

Aujourd’hui, Tesla affronte une énorme concurrence, menée par un très grand nombre de constructeurs bien décidés à en découdre : la période de grâce est complètement terminée.


Je ne suis pas en train de dire qu'il faut acheter RNO et shorter TSLA. 

Mon propos est de démontrer le côté absurde de la situation financière.
La situation actuelle n’est pas seulement anormale, elle n’est pas seulement incroyable : elle est le reflet des incroyables manipulations financières auxquelles se sont livrés les banquiers centraux depuis environ 11 ans si l’on veut être gentil, depuis 1913 si l’on souhaite être plus exhaustif.


samedi 26 octobre 2019

L'immobilier à Paris



Il semblerait que la qualité de vie se soit dégradée à Paris. C’est un peu mon ressenti, lors de mes missions sur place. La dernière remonte à cette semaine.

Le fait que la mairie de Paris soit depuis près de 20 ans aux mains des socialistes n’arrange rien. Pour être juste, Bertrand Delanoë n’était pas un mauvais maire, mais Hidalgo est une catastrophe absolue, à tel point qu’elle a compté dans ma décision de quitter la capitale pour de bon en 2014.
Quand je vois le choix qui se présente aux municipales de 2020, entre Dati, Hidalgo et Griveaux, je me dis que notre belle capitale est foutue. Heureusement que Cédric Villani remonte un peu le niveau.
Il y a quelques jours, je suis tombé sur un message de Laurence Havel, secrétaire de l’Institut pour la justice, qui relayait le ressenti d’un anglais, le docteur Théodore Dalrymple.

Je vous le livre, in extenso, en espérant que Laurence Havel, dont je soutiens l’association ne m’en tiendra pas rigueur :
« Deux choses me déplaisent ou m'inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c'est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d'entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu'ils sont sur le quai, comme s'ils venaient d’accomplir quelque chose d'assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s'en vanter et le jeter à la face des spectateurs.
Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d'arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s'ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n'avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l'humour. Dans la Gare du Nord, j'ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d'un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n'exprimait pas la peur ou l'embarras, ni même la déception, mais l'indignation devant l'acte de lèse-majesté commis par le touriste. C'était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l'impôt.

Personne n'ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L'impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d'autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu'ils soient souvent équipés d'iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu'achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d'entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d'une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d'autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d'impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.
 »


Ce n'est qu'un aspect du problème. Il y en a beaucoup d'autres, malheureusement. 




Bien. Donc la qualité de vie se dégrade sur Paris et ceci est attesté par de plus en plus de parisiens, y compris des célébrités.

Qu’en est-il des coûts ? Le Parisien et d’autres journaux rapportent que la taxe foncière a explosé à Paris. En 10 ans, l’augmentation dépasse le taux d’augmentation de toutes les autres villes françaises.




En parallèle les prix continuent d’exploser à des niveaux plus que délirants. Si l’on cherche un pied à terre à Paris, voici ce que l’on peut trouver sur le site BellesDemeures.com.


Evidemment, c’est dans le 6ème, mais quand même : quelqu’un capable d'absorber ce genre de prix ne va certainement pas y habiter lui-même. C’est donc un investissement. Bonne chance pour récupérer son investissement à ce prix. Je ne crois pas qu’une location même à des prix élevés permette d’obtenir une rentabilité supérieure à 2%.

Je connais la plupart des arguments que l’on peut m’opposer :
  •      Paris sera toujours Paris.
  •      C'est un phénomène que l’on observe dans toutes les capitales du monde.
  •      L’essentiel du business est centralisé à Paris. Donc, il est impératif d’y être.

Je connais ces arguments, qui ne sont pas totalement faux.

En réalité, tout cela se rapporte à une chose : la bulle d’argent, créée et entretenue au mépris de tout le reste, par les banques centrales, en particulier Mario Draghi. Tant que cette bulle continuera, tout est possible, y compris bien sûr une poursuite de la hausse.
Et donc, c’est cette bulle qu’il faut faire exploser en premier. Tout le reste suivra.



dimanche 25 août 2019

Les investisseurs veulent l’Uber et l’argent d’Uber


Ceci est un article en 3 épisodes sur Uber, Tesla et Netflix : les licornes de l’apocalypse.
J’avais écrit, il y a quelques mois sur le site Internet d’Objectif Eco, un article sur Tesla, Uber et Netflix, emblématiques selon moi de la déconnexion qui règne entre l’économie de bulle à Wall Street soigneusement entretenue par les banques centrales, et la vie réelle.
Il est temps de faire un point.

Commençons par Uber, la plus emblématique selon moi.
Uber perd de l’argent depuis sa création.  Le site The Week indique que l’entreprise aurait brulé près de 14 milliards depuis sa création.
La perte nette du 2ème trimestre s’élève à 5,2 milliards de dollars, dont une grosse partie, de l’ordre de 3,9 milliards provient des frais d’introduction en Bourse. On va dire, sans chipoter qu’Uber perd presque un milliard de dollars par trimestre.

Image tirée de l’article sur le site WolfStreet

Le problème principal d’Uber, c’est qu’elle n’a pas de business model.
Croyez-moi, cela arrive de temps en temps. Je connais quelques entreprises qui sont arrivées à des tailles respectables sans savoir ce qu’elles « devaient » vendre. Je pense bien sûr à Netscape qui est passée complètement un peu à côté de son business modèle. Mais rien de comparable à Uber.
Je ne dis pas qu’Uber n’a pas de business model simplement parce qu’une étude a montré que plus elle faisait de courses et plus elle perdait de l’argent.
Je dis qu’elle n’a pas encore trouvé son « modèle rentable d’affaires ».
Vu qu’ils n’ont pas trouvé leur business model, ils se définissent comme un acteur de la mobilité : ils essaient de bouleverser le marché des courses payantes, ils se lancent dans la livraison de repas, dans les recherches sur les voitures autonomes ( vu qu’ils ont bien compris qu’ils ne gagnaient pas assez d’argent sur chaque course), et dans d’autres choses encore



Vous voyez la différence avec Google, par exemple ? Google a une machine à cash, son moteur de recherche, avec un avantage concurrentiel énorme. La société peut donc se permettre d’explorer d’autres opportunités qui rapporteront de l’argent … ou pas.
Uber essaie de bouleverser un marché (celui des taxis), n’y arrive pas vraiment, et même sur son modèle disruptif, il doit affronter une compétition très féroce et ça lui coûte un pognon de dingue comme dirait notre bon président !
Pour étayer mon opinion, prenons le marché des transports de personnes en environnement urbain : Uber doit lutter contre Lyft aux USA, contre Didi (en Chine), Grab en Asie du Sud Est, Ola (en Inde), Yandex (en Russie),…
Et bien sûr, je ne parle pas des compagnies de taxis elles-mêmes qui développent leurs propres applis et modifient leur offre de service pour se rapprocher des standards Uber.
Sur le marché de la livraison de nourriture, il y a tellement de concurrents à Uber Eats que ce n’est même pas la peine de les mentionner. Leur point commun ? Ils perdent tous de l’argent ou bien sont à peine à l’équilibre.
Pourquoi un tel plantage ? Il n’y a pas de barrière à l’entrée telles qu’un petit concurrent plus agile ne puisse émerger…
Uber est un puits sans fonds, et après tout, je ne critique pas tant la société que l’un de ses pourvoyeurs de fonds, la société Softbank.
Le rôle néfaste de Softbank et de son fondateur Masayoshi Son, sont beaucoup trop passés sous silence. Quand la poussière se dissipera, j’espère que cela ne sera plus le cas et que l’on comprendra que Son était peut-être un génie à ses débuts, mais qu’il doit surtout sa bonne fortune à quelques investissements judicieux dans Alibaba et Yahoo!

Je ne vais pas simplement annoncer qu’Uber va se planter : ce serait trop facile et tout le monde le sait déjà. Je ne vais pas non plus annoncer quand ils vont se planter, parce que pour le coup, ce serait trop dur de trouver la date précise.  
Je vais simplement annoncer qu’Uber va être liquidée (ou reprise pour deux bouchées de pain) lors de la grosse crise qui commence déjà à pointer le bout du bout de son nez, et que ses déboires seront mis sur le dos de la crise justement.

Nous aurons droit aux discours du style : « Il n’y avait rien à faire » ou bien « c’était une super idée, … mais malheureusement LA CRISE est passée par là ».
Non, Uber n’était pas une bonne idée. Pour que ce soit une bonne idée, il aurait fallu qu’ils fassent simplement une app et qu’ils la mettent à disposition des taxis du monde entier pour fluidifier le taxi. Ils seraient restés une équipe de moins de 1000 personnes au niveau mondial, tout le monde aurait utilisé leur application et ils auraient faits de jolis profits. Ils ont voulu conquérir le monde…



La semaine prochaine, je parlerai de Tesla, puis de Netflix.
Et par la suite, je vais m’occuper de trois sociétés publiques ou sur le point de l’être et qui ne sont pas seulement des gouffres à pognon, … mais carrément des schémas de Ponzi : WeWork, BeyondMeat et … Impossible Foods.


L'intelligence artificielle

  Je m'aperçois que je n'ai toujours pas écrit d'article sur l'invention la plus révolutionnaire du 21ème siècle, et peut-êt...