samedi 26 octobre 2019

L'immobilier à Paris



Il semblerait que la qualité de vie se soit dégradée à Paris. C’est un peu mon ressenti, lors de mes missions sur place. La dernière remonte à cette semaine.

Le fait que la mairie de Paris soit depuis près de 20 ans aux mains des socialistes n’arrange rien. Pour être juste, Bertrand Delanoë n’était pas un mauvais maire, mais Hidalgo est une catastrophe absolue, à tel point qu’elle a compté dans ma décision de quitter la capitale pour de bon en 2014.
Quand je vois le choix qui se présente aux municipales de 2020, entre Dati, Hidalgo et Griveaux, je me dis que notre belle capitale est foutue. Heureusement que Cédric Villani remonte un peu le niveau.
Il y a quelques jours, je suis tombé sur un message de Laurence Havel, secrétaire de l’Institut pour la justice, qui relayait le ressenti d’un anglais, le docteur Théodore Dalrymple.

Je vous le livre, in extenso, en espérant que Laurence Havel, dont je soutiens l’association ne m’en tiendra pas rigueur :
« Deux choses me déplaisent ou m'inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c'est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d'entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu'ils sont sur le quai, comme s'ils venaient d’accomplir quelque chose d'assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s'en vanter et le jeter à la face des spectateurs.
Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d'arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s'ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n'avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l'humour. Dans la Gare du Nord, j'ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d'un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n'exprimait pas la peur ou l'embarras, ni même la déception, mais l'indignation devant l'acte de lèse-majesté commis par le touriste. C'était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l'impôt.

Personne n'ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L'impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d'autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu'ils soient souvent équipés d'iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu'achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d'entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d'une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d'autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d'impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.
 »


Ce n'est qu'un aspect du problème. Il y en a beaucoup d'autres, malheureusement. 




Bien. Donc la qualité de vie se dégrade sur Paris et ceci est attesté par de plus en plus de parisiens, y compris des célébrités.

Qu’en est-il des coûts ? Le Parisien et d’autres journaux rapportent que la taxe foncière a explosé à Paris. En 10 ans, l’augmentation dépasse le taux d’augmentation de toutes les autres villes françaises.




En parallèle les prix continuent d’exploser à des niveaux plus que délirants. Si l’on cherche un pied à terre à Paris, voici ce que l’on peut trouver sur le site BellesDemeures.com.


Evidemment, c’est dans le 6ème, mais quand même : quelqu’un capable d'absorber ce genre de prix ne va certainement pas y habiter lui-même. C’est donc un investissement. Bonne chance pour récupérer son investissement à ce prix. Je ne crois pas qu’une location même à des prix élevés permette d’obtenir une rentabilité supérieure à 2%.

Je connais la plupart des arguments que l’on peut m’opposer :
  •      Paris sera toujours Paris.
  •      C'est un phénomène que l’on observe dans toutes les capitales du monde.
  •      L’essentiel du business est centralisé à Paris. Donc, il est impératif d’y être.

Je connais ces arguments, qui ne sont pas totalement faux.

En réalité, tout cela se rapporte à une chose : la bulle d’argent, créée et entretenue au mépris de tout le reste, par les banques centrales, en particulier Mario Draghi. Tant que cette bulle continuera, tout est possible, y compris bien sûr une poursuite de la hausse.
Et donc, c’est cette bulle qu’il faut faire exploser en premier. Tout le reste suivra.



dimanche 20 octobre 2019

Les films dans l'avion



En rentrant cette nuit de Djibouti par le vol Air France, je me suis trouvé à consulter les derniers vidéos disponibles, ce que j’avais également fait à l’aller.

Depuis mes dernières expériences professionnelles, je ne vais plus au cinéma, et je peux dire très franchement que cela ne me manque plus du tout. Je continue de m’instruire sur les sites spécialisés et j’ai l’impression très nette que la qualité de ce qui nous est projeté a globalement baissé depuis 5 ans. Bien entendu, c’est une impression générale : je peux me tromper, et par ailleurs il est presque certain que j’ai manqué de très beaux films.

En tout cas, sur ce vol du retour, j’ai regardé « Ibiza » avec Christian Clavier et Joey Starr.



Ce film m’inspire deux réflexions. D’abord, un soupir attristé quand je repense aux comédies des années 50 jusqu’au début des années 90. Je ne sais pas expliquer ce qui a conduit à un tel appauvrissement du scénario. Enfin bref, n’est pas Francis Veber qui veut.

Ensuite et surtout un sentiment de gêne global en regardant le film. J’ai mis un peu de temps à me l’expliquer, la fatigue je suppose. Et puis, tout est devenu clair.

Dans ce film, Christian Clavier est présenté comme le type un peu vieillot, abandonné par sa femme, qui va se réfugier dans les bras de Mathilde Seigner, elle-même jetée pour une petite coquine dont on ne saura rien, et accompagnée de ses deux braillards, que j’aurais volontiers baffé (au moins le garçon).

Et donc, toute la troupe se retrouve à Ibiza et Mathilde revoit Didier Morville (le vrai nom de Starr) un ancien copain de disco.  
Et bien entendu, ce gars là est fort, athlétique, il incarne l’homme fort viril. Toutes les gonzesses se l’arrachent. A côté, ce pauvre Christian fait vraiment poussif et pas du tout masculin, d’autant plus qu’il se présente comme non violent, le temps de l’humilier avec 2-3 pseudo-gags.

Plus tard, ils se déplacent dans un ilot paradisiaque, à bord d’un hors-bord avec de jeunes bimbos bien blanches qui n’ont d’yeux que pour le bel éphèbe, Didier Morville.

Il y a Olivier Marchal qui est présent et qui a un peu de gueule heureusement, mais qui ne se rend pas compte que sa propre femme dont il exalte la fidélité … le trompe avec son meilleur ami, Didier Morville. Tout nous ramène au black.

STOP !


J’en ai par-dessus la tête de ces messages subliminaux qu’on essaie de nous inscrire dans le crane. Vous croyez que je les vois pas ?

A l’aller, j’ai vu (en diagonale) « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » et c’est toujours le même putain de message : l’homme blanc est vieux et sur le déclin. Ses filles vont allez chercher ailleurs leur bonheur affectif. Vive le métissage, vive le vivrensemble.

Je pourrais aussi citer « Intouchables » : toujours ce même schéma du blanc impuissant (d’une manière ou d’une autre) et du noir qui est l’homme alpha du film.

Mais qu’est-ce que je vais inventer ? Je déraille ?

Pas du tout. Je suis convaincu de ce que j’avance et ce n’est pas du complotisme.

Continuez à faire vos films à trois centimes d’euros et vos blagues minables. Je ne paierai pas pour cela.
Ramenez-moi Belmondo, Delon, Blier, Gabin, … et on pourra discuter.
Le seul que l’on ait aujourd’hui, qui se rapproche un tout petit des monstres sacrés d’antan, c’est Jean Dujardin. A la rigueur, Guillaume Canet, Pio Marmaï et Gilles Lelouche.



Je terminerai sur une note un peu plus optimiste : Christian Clavier vieillit comme le bon vin, … mais il vieillit.
Ce n’est peut-être pas pour rien que j’ai bossé dans le cinéma. Je connais son remplaçant.
C’est un type que j’ai bien connu dans mon école d’ingénieur et que j’apprécie beaucoup ( même s’il pense peut-être le contraire).

Il n’est pas encore tout à fait mûr, mais je n’ai jamais douté de son potentiel cinématographique et pour moi, Arnaud (Nono) sera un jour en situation de remplacer Christian Clavier.
Il faut juste qu’il assume son renoncement à vouloir garder la ligne.

J’ai la chance à l’ESIEE d’avoir rencontré quelques individus dont je suis persuadé qu’ils avaient le potentiel de devenir acteur et surtout de remplacer nos stars nationales qui, hélas, ne sont pas immortelles.

Si l’on suit ma logique, Alexandre est Thierry Lhermitte.

Et bien sûr, David est Jean-Paul Belmondo.

dimanche 29 septembre 2019

Yves Cochet : Survivor !


Un ami me présente cette interview d’Yves Cochet et me demande ce que j’en pense.

Pour commencer, j’ai une bonne voire une très bonne opinion d’Yves Cochet, ce qui est assez rare s’agissant d’un homme politique, et exceptionnel s’agissant d’un écologiste (je crois bien que c’est le seul).

Je croyais me souvenir qu’il était auteur du livre : « l’Humanité disparaitra : bon débarras ». Mais non, c’est Yves Paccalet ! D’ailleurs, au-delà de la substance, je trouve qu’un titre aussi accrocheur montre que l’auteur a compris beaucoup de choses au système capitaliste et à la psychologie humaine. Mais je m’égare…

Pour en revenir au fond du sujet, je pense qu’Yves Cochet a potentiellement raison et que ce qu’il décrit est tout à fait plausible.

Je suis au courant des problèmes qui sont devant nous depuis très longtemps, et j’ai passé beaucoup de temps à en parler, pour constater à chaque fois le même mutisme ou tout simplement un manque d’intérêt.
L’analyse d’Yves Cochet n’est bien sûr pas nouvelle. Il y a plus de 10 ans, j’ai lu et analysé les documents présents sur le site courtfool.info, en particulier la page « World Energy and Population » qui développe et approfondit les sujets d’Yves Cochet, bien mieux que ce dernier.


L’image de Paul Chefurka est bien plus intéressante et réfléchie que celle d’Yves Cochet.

Elle fait état d’un plafond de verre issu de l’incapacité à trouver de nouvelles sources d’énergie qui, de gré ou de force fera baisser la population mondiale à un niveau de l’ordre de 1,8 milliards d’individus à la fin du 21ème siècle.

Là où Yves Cochet se plante, c’est à vouloir dire qu’en 2030, le moyen de locomotion principal sera le cheval. Il a peut-être raison, mais il se décrédibilise à vouloir donner une date aussi rapprochée.
Il ne faut pas enterrer si rapidement le génie humain et sa capacité sans cesse renouvelée à repousser la poussière sous  le tapis.

Et puis, quand Cochet parle du GIEC, là il n’est plus du tout crédible : cet organisme, sous égide de l’ONU, est avant tout politique. Mais quand il dit qu’il n’y aura pas une cause unique et que l’effondrement de note civilisation sera systémique et global, je le rejoins à 100%, car tout est effectivement interconnecté.

Il y a aujourd’hui énormément de problèmes qui tournoient tous, tels des vautours autour de notre civilisation mondiale. Tous ne sont pas mortels, mais certains sont extrêmement dangereux.

Parmi les problèmes qui n’annoncent pas la fin de la civilisation :
·        Le (soi-disant) réchauffement climatique
·        La crise monétaire internationale
·        L’abrutissement complet des jeunes générations. Pas la mienne, celles d’après (humour…Quoique)


Parmi les problèmes extrêmement dangereux :
·        Notre dépendance énergétique au pétrole
·        La perte de la biodiversité
·        L’explosion démographique


Commençons par les problèmes qui n’en sont pas vraiment, ou plutôt qui ne remettent pas en cause la civilisation actuelle :
1)      Le réchauffement climatique : il y a tellement de trucs pseudo-mystiques dans cette affirmation qu’il va falloir que je fasse un billet, bien documenté croyez-moi, pour remettre les pendules à l’heure.
Juste pour vous secouer un peu la pulpe : le consensus scientifique indique que le niveau de CO2 serait une conséquence et non pas une cause du réchauffement climatique.
Mais au-delà de tout cela, je ne nie pas qu’il y a un réchauffement climatique. Je dis que nous ne savons pas s’il y a un réchauffement, et s’il y en a un, nous ne savons pas s’il est causé par l’activité humaine.
Le réchauffement climatique en lui-même ne sera pas la cause de la fin de la civilisation.

2)      La crise monétaire internationale : celle-là, on est sûr de l’avoir.
Le grand jubilé mondial par la déflation, ou plus probablement par l’hyperinflation.
On ne sait pas quand ça part (sinon, j’arrêterais tout de suite de bosser), on ne sait pas combien de temps dure le processus, … mais on sait que ça va venir.
Et après ?
Les gars comme moi qui ont bossé toute leur vie pour être trahis par une bande de crapules monétaristes, sauteront en parachute sans parachute. 
Ceux qui n’ont pas de courage, se contenteront d’avaler des cachets. Mais la vie et la civilisation repartiront … pour les autres.

3)      Les jeunes générations sont des crétins : je l’aime celle-là.
Attention, je ne parle pas de tout le monde, je généralise bien sûr.
C’est le moment de ressortir une citation de Mikael Hopf que j’apprécie également : «Hard times create strong men. Strong men create good times. Good times create weak men. And, weak men create hard times ».


Maintenant, parlons des vrais sujets d’Homme :


1)      La fin du pétrole bon marché.
On n’ose pas trop le dire, mais toute notre civilisation est basée sur l’énergie. Et aujourd’hui, nous n’avons pas encore d’écosystème en place pour remplacer le pétrole. Ca vient, très timidement.
Que l’Iran se décide, par exemple, à bloquer le détroit d’Ormuz, et cela pourrait provoquer un baril à 250 dollars et une réaction en chaîne qui laisserait des tas d’entreprises sur la paille. La Fed aurait beau imprimer des tombereaux de pognon, cela ne résoudrait pas la situation. Il y a d’autres scénarios bien sûr.
Et je suis à fond, derrière Yves Cochet quand on lui dit : « ha oui, mais vous vous êtes trompés, car vous n’aviez pas prévu le pétrole de schiste, na na na… » et qu’il répond en substance que c’est un épiphénomène. On a repoussé l’addition de quelques années ou dizaines d’années, c’est tout. 
Vous noterez que je ne parle pas de la fin du pétrole, je parle de la fin du pétrole pas (trop) cher.

2)      La perte de la biodiversité
C’est la phrase clé de toute l’interview d’Yves Cochet :
« En trente ans, on a perdu 75 % des insectes. En quinze ans, 30 % des   oiseaux. Et on croit que ça va durer comme ça jusque 2050  ? Non, on va mourir. »



Vous comprendrez que quand je vois la petite Greta qui vient nous parler du CO2 sans jamais mentionner la biodiversité, je me marre, comme Coluche.
En fait, j’exagère peut-être, je n’ai jamais eu le courage de l’écouter jusqu’au bout…

Et pourquoi on ne parle pas de la perte de la biodiversité s’il vous plait ?
Parce que si on creuse le sujet de la biodiversité, ça veut dire qu’il y a moins d’espèces. Et si cela se produit, c’est parce qu’il y en a une qui accapare tout : l’être humain.
Pour son activité, pour son confort, l’être humain annihile tout. Et ça va lui retomber sur la figure.

3)      L’explosion démographique : le sujet précédent (la perte de la biodiversité) est un corollaire direct de l’explosion démographique et du mode de vie qui va avec.
Avant même que je ne m’intéresse à tous ces sujets, j’avais le vague pressentiment qu’on était trop nombreux.
Claude Levi Strauss, le grand ethnologue disait :
"La population mondiale comptait à ma naissance 1,5 milliard d'habitants. Quand j'entrai dans la vie active, vers 1930, ce nombre s'élevait à 2 milliards. Il est de 6 milliards aujourd'hui, et il atteindra 9 milliards dans quelques décennies, à croire les prévisions des démographes. Ils nous disent certes que ce dernier chiffre représentera un pic et que la population déclinera ensuite, si rapidement, ajoutent certains, qu'à l'échelle de quelques siècles une menace pèsera sur la survie de notre espèce. De toute façon, elle aura exercé ses ravages sur la diversité non pas seulement culturelle mais aussi biologique en faisant disparaître quantité d'espèces animales et végétales."

Tous ceux qui se préoccupent de l’explosion démographique ne sont pas à la mode, soit parce qu’on les tourne en ridicule, du fait que les prédictions de notre ancêtre Malthus ne se sont pas réalisées, soit sont ostracisés car on suppose que notre solution est forcément fasciste ou pire.



Alors, face à tous ces problèmes à priori insurmontables, l’humanité est-t-elle menacée ? L’humanité dans son ensemble, je ne pense pas. Mais notre style de vie, très certainement.

Or aujourd’hui, comme le précise Bruno Bertez, il y a trop de jouisseurs et pas assez de producteurs.

Je vais le redire en langage moins policé : il y a trop de branleurs qui travaillent chez GCAM (Gros Cons Asset Management) et dont le boulot est de choisir où investir parmi des valeurs qui sont certaines d’inflater, compte tenu de la politique d’impression monétaire des banques centrales.

On pourrait croire que je m’éloigne du sujet, mais en fait pas tant que cela : tout est fait pour récompenser le monde du spectacle et ceux qui bossent chez Gros Cons Asset Management.
Et tout est fait pour que les producteurs, en particulier les agriculteurs, s’appauvrissent.

Excusez-moi, mais cette civilisation qui tue ses producteurs à petit feu, n’aura que ce qu’elle mérite.

Pourrait-il se produire quelque chose qui nous évite le désastre ?

Oui, éventuellement, si on arrive à trouver suffisamment tôt une technologie du style « fusion nucléaire », nous n’éviterons pas les autres problèmes, mais nous pourrons  contenir en grande partie l’effondrement. 

La seule chose dont je sois intimement persuadé, c’est que l’augmentation actuelle de la démographie n’est pas tenable.
C’est absolument faux, je l’ai constaté de mes yeux vus en Afrique et c’est tellement évident pour moi que je n’ai pas envie de l’expliquer plus en détails.

Pour finir, souvenons-nous des 10 principes inscrits sur les « Georgia Guidestones » en Georgie, et en particulier du premier d’entre eux : « maintain humanity under 500,000,000 in perpetual balance with nature ».




samedi 28 septembre 2019

Jacques Chirac et ... Charles de Gaulle



Je me souviens encore avec émotion de chacune de mes rencontres avec Jacques Chirac.

J’enfonce une porte ouverte en disant qu’humainement Chirac était exceptionnel.

Par contre, je suis peiné de voir qu’il faudrait presque prendre la peine d’expliquer pourquoi il était un très mauvais président.

Un sondage du Figaro indique qu’ils sont 55% à considérer qu’il a été un bon président.
Et là, on se dit que les français sont des veaux !
Et puis, on se dit que ce n’est pas bien d’insulter les veaux.

Je ne vais pas rentrer dans le débat d’expliquer pourquoi Jacques Chirac, même s’il a beaucoup aimé la France et les français, était un mauvais président (pas autant que Mitterrand, n’exagérons pas).
Je vais parler de la personnalité et surtout de la vie de Chirac !

A l’annonce de sa mort, j’ai pris le temps de me replonger dans sa biographie, et j’étais agacé : le type a eu une vie incroyable… A la limite, la politique, c’était un bonus.
J'étais aussi agacé, reconnaissons-le, parce que, pour faire ce qu'il voulait faire, il fallait avoir accès à un fric monstre. 

Je savais déjà qu’avant son élection, il était allé plus de 50 fois au Japon (d’où les rumeurs…). Je ne sais pas si vous imaginez le coût pour aller en avion au Japon dans les années 70.

Chirac était un homme extrêmement cultivé qui pouvait se donner le luxe de souhaiter passer pour un inculte : la plupart du temps, c’est quand même l’inverse.
Chirac a eu des aventures incroyables, a pu voyager dans le cadre de ses fonctions, coucher avec toutes les femmes qu’il souhaitait (le pouvoir attire les femmes, comme l’étron attire certaines mouches)...

Il a pu faire tout cela, parce qu’il n’avait pas de soucis d’argent. Simplement le souci de se faire élire.
Je ne sais pas vous, mais moi, je me dis que ce type aurait fait un excellent conservateur du Musée Guimet !
Mais pas un président de la République. Et tout naturellement, je veux faire l’analogie avec de Gaulle.

Charles de Gaulle est fait pour être président de la République. Notre pays tout entier coule dans ses veines. Il est la France, avec ce qu’il faut de stratégie, de majesté, de constance dans l’action et la réflexion, de profondeur de vue…

Chirac est un goinfre, et quoi qu’il s’en défende, ses abus ne font pas pschitt

Il est excellent dans la conquête du pouvoir et minable dans son exercice.

Et justement, là où je veux en venir, c’est que Chirac est un jouisseur. Il est adapté à pratiquement n’importe quelle époque et n’importe quelle situation. Quelles que soient les circonstances, son charisme lui permet d’occuper une position élevée. Avec un peu de constance et beaucoup de chances, il peut occuper la fonction suprême. Et c’est ce qu’il a fait. Deux fois.

Pour que Charles de Gaulle soit élu président, il a fallu une conjoncture exceptionnelle. S’il n’y avait pas eu la deuxième guerre mondiale, il n’aurait peut-être pas dépassé le statut social de sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. 
Son honnêteté intellectuelle et sa probité l’auraient empêché de recourir à tous les coups bas et tous les « assassinats politiques » auxquels les politiciens de métier n’hésitent à se livrer.  

Ce sont les circonstances qui façonnent les Très Grands Hommes et leurs donnent la visibilité qu’ils méritent. Ne l’oublions jamais.

Il y a d’autres enseignements à tirer de cette comparaison, mais ce sera l’occasion d’un prochain billet.



dimanche 25 août 2019

Les investisseurs veulent l’Uber et l’argent d’Uber


Ceci est un article en 3 épisodes sur Uber, Tesla et Netflix : les licornes de l’apocalypse.
J’avais écrit, il y a quelques mois sur le site Internet d’Objectif Eco, un article sur Tesla, Uber et Netflix, emblématiques selon moi de la déconnexion qui règne entre l’économie de bulle à Wall Street soigneusement entretenue par les banques centrales, et la vie réelle.
Il est temps de faire un point.

Commençons par Uber, la plus emblématique selon moi.
Uber perd de l’argent depuis sa création.  Le site The Week indique que l’entreprise aurait brulé près de 14 milliards depuis sa création.
La perte nette du 2ème trimestre s’élève à 5,2 milliards de dollars, dont une grosse partie, de l’ordre de 3,9 milliards provient des frais d’introduction en Bourse. On va dire, sans chipoter qu’Uber perd presque un milliard de dollars par trimestre.

Image tirée de l’article sur le site WolfStreet

Le problème principal d’Uber, c’est qu’elle n’a pas de business model.
Croyez-moi, cela arrive de temps en temps. Je connais quelques entreprises qui sont arrivées à des tailles respectables sans savoir ce qu’elles « devaient » vendre. Je pense bien sûr à Netscape qui est passée complètement un peu à côté de son business modèle. Mais rien de comparable à Uber.
Je ne dis pas qu’Uber n’a pas de business model simplement parce qu’une étude a montré que plus elle faisait de courses et plus elle perdait de l’argent.
Je dis qu’elle n’a pas encore trouvé son « modèle rentable d’affaires ».
Vu qu’ils n’ont pas trouvé leur business model, ils se définissent comme un acteur de la mobilité : ils essaient de bouleverser le marché des courses payantes, ils se lancent dans la livraison de repas, dans les recherches sur les voitures autonomes ( vu qu’ils ont bien compris qu’ils ne gagnaient pas assez d’argent sur chaque course), et dans d’autres choses encore



Vous voyez la différence avec Google, par exemple ? Google a une machine à cash, son moteur de recherche, avec un avantage concurrentiel énorme. La société peut donc se permettre d’explorer d’autres opportunités qui rapporteront de l’argent … ou pas.
Uber essaie de bouleverser un marché (celui des taxis), n’y arrive pas vraiment, et même sur son modèle disruptif, il doit affronter une compétition très féroce et ça lui coûte un pognon de dingue comme dirait notre bon président !
Pour étayer mon opinion, prenons le marché des transports de personnes en environnement urbain : Uber doit lutter contre Lyft aux USA, contre Didi (en Chine), Grab en Asie du Sud Est, Ola (en Inde), Yandex (en Russie),…
Et bien sûr, je ne parle pas des compagnies de taxis elles-mêmes qui développent leurs propres applis et modifient leur offre de service pour se rapprocher des standards Uber.
Sur le marché de la livraison de nourriture, il y a tellement de concurrents à Uber Eats que ce n’est même pas la peine de les mentionner. Leur point commun ? Ils perdent tous de l’argent ou bien sont à peine à l’équilibre.
Pourquoi un tel plantage ? Il n’y a pas de barrière à l’entrée telles qu’un petit concurrent plus agile ne puisse émerger…
Uber est un puits sans fonds, et après tout, je ne critique pas tant la société que l’un de ses pourvoyeurs de fonds, la société Softbank.
Le rôle néfaste de Softbank et de son fondateur Masayoshi Son, sont beaucoup trop passés sous silence. Quand la poussière se dissipera, j’espère que cela ne sera plus le cas et que l’on comprendra que Son était peut-être un génie à ses débuts, mais qu’il doit surtout sa bonne fortune à quelques investissements judicieux dans Alibaba et Yahoo!

Je ne vais pas simplement annoncer qu’Uber va se planter : ce serait trop facile et tout le monde le sait déjà. Je ne vais pas non plus annoncer quand ils vont se planter, parce que pour le coup, ce serait trop dur de trouver la date précise.  
Je vais simplement annoncer qu’Uber va être liquidée (ou reprise pour deux bouchées de pain) lors de la grosse crise qui commence déjà à pointer le bout du bout de son nez, et que ses déboires seront mis sur le dos de la crise justement.

Nous aurons droit aux discours du style : « Il n’y avait rien à faire » ou bien « c’était une super idée, … mais malheureusement LA CRISE est passée par là ».
Non, Uber n’était pas une bonne idée. Pour que ce soit une bonne idée, il aurait fallu qu’ils fassent simplement une app et qu’ils la mettent à disposition des taxis du monde entier pour fluidifier le taxi. Ils seraient restés une équipe de moins de 1000 personnes au niveau mondial, tout le monde aurait utilisé leur application et ils auraient faits de jolis profits. Ils ont voulu conquérir le monde…



La semaine prochaine, je parlerai de Tesla, puis de Netflix.
Et par la suite, je vais m’occuper de trois sociétés publiques ou sur le point de l’être et qui ne sont pas seulement des gouffres à pognon, … mais carrément des schémas de Ponzi : WeWork, BeyondMeat et … Impossible Foods.


4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité d'interviewer mon cher ami, Eric Larcheveque. Eric est devenu, depuis sa participa...