jeudi 5 mars 2020

3/7 Bitcoin - Le Puell Multiple


Le Puell Multiple essaie de prendre en compte l’économie de Bitcoin sous l’angle de l’offre, en particulier du côté des mineurs de Bitcoins et de leurs revenus.

Le Puell Multiple est calculé en divisant la valeur d’émission quotidienne des bitcoins en USD par la moyenne mobile sur 365 jours de la valeur d’émission quotidienne.
Ce qui nous donne en bon anglais :



Pour le dire plus simplement, il y a des périodes de temps où la valeur des Bitcoins minés est supérieure ou bien au contraire très inférieures aux normes historiques.

Pourquoi est-ce intéressant de s’intéresser à la contre-valeur dollars des Bitcoins émis ?
De par la conception de l’algorithme en preuve de travail, ces Bitcoins sont alloués directement aux mineurs qui à leur tour doivent s’acquitter d’un certain nombre de dépenses au premier rang desquelles l’électricité qui sont, elles, exigibles le plus souvent en dollars américains.

Si l’on essaie de schématiser très grossièrement les populations d’acheteurs de Bitcoins, il y a trois sortes d’intervenants (il y en a bien plus, c’est entendu, mais schématisons) :

Ø  Les acheteurs de long terme, ceux que l’on appelle parfois en souriant, les HODLERS. Lorsqu’ils sortent, c’est parce qu’ils se sentent dans une situation de bulle temporaire. Ils sont parfois partisans de l’hyperbitcoinisation.
Ø  Les traders : ils effectuent des allers et retours plus ou moins rapprochés. Ils sont dans une logique de gain court terme en monnaie papier.
Ø  Les miners : ils récupèrent des Bitcoins qu’ils peuvent soit revendre tout de suite, soit attendre parce que le cours est vraiment trop bas.
L’appréciation de la valorisation du BTC en fonction de la difficulté de minage fait partie des compétences de base de tout bon mineur. Le miner alterne en permanence entre le statut d’acheteur de long terme et celui de trader.
L’indicateur que représente le Puell Multiple a donc toute son importance.

Comme c’est le cas pour le Mayer Multiple, le Puell Multiple tire son nom de son inventeur, David Puell.

Dans le graphe ci-dessous, la valeur (USD) du Bitcoin est exprimée en bleue tandis que l’indicateur Puell Multiple est exprimé en rouge.

Charte du Puell Multiple – Source : lookintobitcoin.com


En résumé, lorsque la valeur du Puell Multiple entre en zone rouge, alors c’est que la valeur cumulative en dollars des Bitcoins émis est trop importante, et par conséquent il vaut mieux éviter d’acheter. Par contraste, si cette valeur se retrouve en zone verte, alors la valeur du Bitcoin générée est historiquement faible par rapport aux standards.

Nous avons donc ici un indicateur qui nous donne cette fois un indicateur haut et un indicateur bas.
Et l’autre point important : la bande blanche, celle dans laquelle des fluctuations peuvent se produire … Et donc une zone propice aux allers-retours des traders afin de profiter des fluctuations du marché.

Comme vous l’avez vu, le Puell Multiple est assez complexe à calculer pour qui n’a pas les bonnes informations. 
Heureusement, le compte Twitter de Digitalik.net s’occupe à intervalles très raccourcis de le publier ainsi que d’autres indicateurs tout aussi précieux, dont le Mayer Multiple et ceux que nous allons étudier par la suite.
Ce compte est une mine d’informations : quand on pense qu’il dispose de moins de 6000 abonnés…

Déplaçons-nous maintenant vers le troisième indicateur de notre série, le BEAM (Bitcoin Economics Adaptive Model).



dimanche 1 mars 2020

2/7 Bitcoin - Le Mayer Multiple



Nous nous intéressons maintenant au Mayer Multiple, un indicateur développé par Trace Mayer et qui a l’avantage de disposer de son propre site Internet : https://mayermultiple.info.

Très concrètement, le Mayer Multiple (ou multiple de Mayer) est le multiple du prix courant du Bitcoin sur la moyenne mobile à 200 jours.


Les simulations effectuées par Trace Mayer ont montré que les meilleurs résultats étaient obtenus lorsque le Mayer Multiple était en-dessous de 2.4.
Autrement dit, lorsque le Mayer Multiple est en-dessous de 2.4, il est possible d’accumuler Bitcoin dans une optique de long terme. Tandis qu’il est préférable de le vendre, toujours dans une optique de long terme, s’il est au-dessus de 2.4.

La charte graphique ci-dessous montre que le Mayer Multiple permet effectivement de capturer les phases de mania.


La plupart des gens se focalisent sur la dernière période de bulle qui a amené le Bitcoin proche des 20 000 Dollars. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu au préalable 2 périodes de forte montée suivie d'une rechute, visibles sur le graphique ci-dessus.

La première en 2011 a amené le BTC à dépasser 30 dollars en Juin 2011. Sur le graphique ci-dessous, cela correspond au premier pic qui dépasse la valeur d’un Mayer Multiple de 2.4.
Le Bitcoin a ensuite entamé une descente vertigineuse pour atterrir aux environs de 2 dollars en Décembre de la même année, suite notamment au piratage de la plateforme Mt Gox, qui à l’époque concentrait l’essentiel des échanges.

Imaginez : vous êtes en 2011, vous venez d’acheter une petite centaine de bitcoins aux environs de 20 dollars US, ce qui représente un investissement conséquent de 2 000 dollars.
Le 08 Juin, chacun de ces Bitcoins vaut désormais 30 dollars, et vous sabrez le champagne à l’idée d’un retour sur investissement plantureux.
Mais en deux jours, le prix du Bitcoin chûte de plus de moitié, puis il continue à s’écrouler jusqu’à atteindre 3 dollars.
Votre investissement est perdu (où c’est ce qu’il semble) : vous soldez ce que vous pouvez et vous jurez qu’on ne vous y reprendra plus… Du reste, on est en 2011, et (presque) personne n’a entendu parler des crypto-monnaies. 
Vous passez votre temps à vous reprocher d’avoir investi … Mais ce n’est rien par rapport aux reproches que vous vous ferez d’avoir tout vendu quelques années plus tard…




En 2013, le cours du Bitcoin a connu 2 bulles,.
La première fois fut le 10 Avril 2013 après avoir atteint un plateau de 263 $. La valeur a alors chuté brutalement jusqu’à 126 $. Comme on peut le constater sur le graphique, la perte fut très rapide. 
Il semblerait que cette perte de valorisation soit liée à la crise des banques chypriotes.
Le krach suivant eut lieu au 1er trimestre 2014. Je m’en souviens très bien puisque j’ai vendu le peu de bitcoins que je possédais à cette époque, estimant incroyable que le prix d’un Bitcoin dépasse celui d’une once d’or. Et je n’en ai pas vraiment repris depuis; je sais donc que c’est psychologiquement incroyablement difficile de racheter un actif que l’on avait revendu plus bas.

Comme on peut le constater une fois de plus, le Mayer Multiple vous aurait permis d’éviter ces 2 périodes bullaires, toutes deux survenues dans l’intervalle d’un an.

Si l’histoire des crashes de Bitcoin vous intéresse, je vous recommande ce site qui en répertorie 8 au cours de sa jeune vie.

Ainsi, dans chacune de ces 3 phases de hausse, l’indicateur Mayer Multiple a permis aux investisseurs avisés de savoir quand il fallait vendre. Même s’il n’indique pas quand il faut acheter. Encore une fois, l’indicateur est conçu pour profiter des hausses tout en coupant en phase de hausse irrationnelle.

Le compte Twitter dédié, @MultipleMayer fait des tweets réguliers. Le compte de Trace Mayer est accessible ici.


Mon analyse personnelle, pour un investisseur est que la valeur 2.4 est encore trop importante et que, dans une optique de long terme, pour valider un achat, je conseillerais plutôt de s’assurer que le Mayer Multiple est inférieur où voisin de 1.5. Au moment de la publication de cet article, il est proche de 1.0.

En résumé, il est important d’utiliser cet indicateur non pas tout seul, mais couplé à d’autres, ce qui constitue une très bonne introduction pour notre prochain article consacré au Puell Multiple.



vendredi 21 février 2020

1/7 Bitcoin : les indicateurs macros






« I don’t believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hands of government. That is, we can’t take it violently out of the hands of government, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can’t stop. »

Friedrich Hayek



Je démarre, dans ce blog, une série de 7 articles détaillant les outils qui permettent à des degrés divers de prévoir plus ou moins à l’avance les tendances du cours du Bitcoin.

Pour ma part, je déplore justement que l’indicateur majeur qui mesure l’intérêt du Bitcoin pour le grand public et même pour la plupart des participants soit uniquement le cours du BTC en USD (ou bien EUR, YEN,…)

Des indicateurs tels que le nombre de particuliers possédant des Bitcoins ou bien encore le nombre de sites marchands seraient bien plus intéressants, mais hélas sont très difficiles à évaluer précisément.
Et puis, que veulent les lecteurs ?
Ils veulent avant tout savoir si la cryptomonnaie qu’ils détiennent va prendre de la valeur en monnaie fiat, pour la revendre et s'enrichir. C’est leur préoccupation numéro un, sans doute la seule.

Pour y répondre, je commencerais dans cet article par examiner une série d’indicateurs macros, en rapport avec l’usage croissant des cryptomonnaies dans le monde.

Dans l’article suivant, je décrirai un indice qui fera les délices des chartistes, le Mayer Multiple.

Le troisième article abordera un autre indicateur, le Puell Multiple.

Dans le quatrième article, je mettrai en lumière, si vous ne le connaissez pas déjà, l’indicateur BEAM.

Mon cinquième article aura pour objet le « Power Law Oscillator ».
Mon sixième article traitera de l’un de mes indicateurs favoris, sans doute parce qu’il n’est pas chartiste, le Bitcoin Stock to Flow Model.

Et enfin dans le septième article, nous élargirons le champs des possibles en décrivant les conditions qui risquent de provoquer un afflux d’argent dans les cryptomonnaies, et tout particulièrement le Bitcoin.


Commençons tout de suite par les indicateurs macros.
Il y a deux indicateurs qui viennent immédiatement en tête : le calendrier des « halvings », cette réduction algorithmique de la réduction du nombre de Bitcoins alloués au mineur et le « hashrate », l’indicateur de la puissance de calcul qui entretient le réseau.

Le prochain « halving » est prévu pour le mois de Mai, la date précise n’est pas encore connue.
En principe, c’est un élément de nature à faire augmenter les cours, et c’est normal, s’agissant d’une monnaie déflationniste.

Les caractéristiques du « hashrate » sont en constante augmentation.
Evolution du hashrate de Bitcoin en 2019 – Source : blockchain.com

Le JournalduCoin rapporte que le 7 Janvier, la puissance de hachage a atteint la valeur phénoménale de 120 475 000 TH/s, ce qui est époustouflant et montre que les miners, dans leur ensemble, conservent leur confiance dans l’évolution du prix du produit.
En fait, pour analyser correctement l’évolution justifiée ou non du taux de hashage, le mieux est de croiser l’évolution du taux de hachage et du prix en USD en vue logarithmique.
C’est ce que nous permet de faire le site Coinmetrics.
La zone en rouge pâle représente le taux de hachage tandis que le rouge un peu plus vif donne l’indication du prix. On observe une certaine convergence.


Evolution simultanée du prix d’1 BTC (en USD) et de la puissance de Hachage – Source : Coinmetrics

Un signal faible peu étudié concerne également le rythme d’augmentation du nombre d’ATMs Bitcoins en fonctionnement à travers le monde.


Evolution du nombre de machines Crypto ATM dans le monde – Source : CoinATM Radar


Encore plus parlant que l’évolution du nombre de machines Crypto ATM, le volume des échanges.
Les informations ci-dessous sont compilées par CoinMarketCap. La seule information intéressante est qu’en ce début d’année 2020, le volume des échanges est significativement au-dessus de celui expérimenté pendant la bulle de fin 2017. Du point de vue des volumes, l’intérêt est bel et bien là.

La charte des volumes – Source : Coinmarketcap


On peut par ailleurs regarder l’évolution du nombre de recherche avec le terme Bitcoin sur Google.

Recherche sur le mot-clé Bitcoin – Source : Google.com

Le site Coin.Dance donne des indicateurs similaires.
Cet indicateur est relativement peu significatif aujourd’hui : la plupart des usagers d’Internet ont désormais entendu parler de Bitcoin et la recherche porte en général sur des termes plus précis.

Sur Twitter, la quantité de tweets avec le terme Bitcoin est aussi en augmentation :

Indicateur du nombre de tweets impliquant Bitcoin – Source : bitinfocharts.com

Un autre indicateur de vente intéressant serait de connaitre l’évolution du nombre de porte-monnaie matériels vendus par Ledger et Trezor, les deux principaux fabricants de porte-monnaie de cryptomonnaie.
Cette information n’est malheureusement pas connue … même si, en allant physiquement, au siège social de Ledger à Paris, nous sommes accueillis sur notre gauche par un écran qui reprend en temps réel le nombre de portefeuille de crypto-monnaies vendus par la société.

La quantité de Bitcoin Dormants est un indicateur à regarder. Un Bitcoin est dormant si son adresse publique n’a pas transité sur la blockchain au cours d’un intervalle à définir.


Nombre de Bitcoins dormants depuis une certaine date – Source : bitinfocharts.com

L’un des aspects les plus intéressants sur la vitalité du projet Bitcoin et les plus sous-estimés, selon moi, concerne le nombre et la qualité des développeurs Bitcoin.
Bitcoin est avant tout un projet décentralisé, open source : il n’y a aucune garantie que la communauté se mobilise pour le faire évoluer, notamment par rapport aux monnaies concurrentes, et ce d’autant plus que la communauté n’a pas vraiment de leader pour le faire évoluer.

Et pourtant, de ce point de vue, 2020 s’annonce comme une grande année pour le code Bitcoin.

Comme le rapporte le site Cryptonaute, une grosse mise à jour s’approche pour Bitcoin avec l’implémentation des signatures Schnorr, ainsi que Taproot, un système de contrats intelligents.
Les signatures de Schnorr, tombés dans le domaine public depuis quelques temps, permettront de réduire la taille des transactions.
Taproot permet également de réduire la taille des transactions, notamment en masquant du code non exécuté.

Ces modifications représentent la plus grosse évolution depuis l’activation de Segwit en 2017.

Bitcoin est un projet mené sur le site GitRun. Il est donc possible à tout instant de connaitre les contributions.


A ce sujet, le site GitGitRun.com répertorie l’évolution des contributions depuis Novembre 2019.


Nombre total de contributions sur le projet Bitcoin – Source : GitGitRun

Cette question du nombre de développeurs en amène une autre, stratégique, sur la manière dont est financée le développement du Bitcoin. D’après l’article de Cryptonews, le financement vient en partie de sources privées et d’institutionnels qui ont intérêt à ce que le Bitcoin poursuive son essor. C’est un modèle fragile mais qui semble fonctionner pour le moment.


Que nous apprennent ces différents éléments macros ?

Ils nous indiquent que, quel que soit l’indicateur macro retenu : taux du hashrate, la quantité de développeurs, les volumes, le nombre d’ATMs Bitcoin, … L’intérêt pour les cryptomonnaies en général et le Bitcoin en particulier, ne faiblit pas, bien au contraire.

C’est un facteur de soutien des cours. Dis autrement, « l’expérience Bitcoin » semble fonctionner, et cette expérience n’a que 10 ans d’histoire.

Dans le deuxième article, nous verrons l’utilisation du Mayer Multiple, pour l’évaluation graphique de l’attractivité du Bitcoin.





lundi 27 janvier 2020

RNO vs Tesla : le match des extrêmes

En ce début d’année 2020 (déjà bien entamée), il me semble intéressant de faire un bref parallèle entre 2 actions de constructeurs automobiles qui connaissent des fortunes diverses sur les marchés (pour dire le moins).

A ma gauche, nous avons donc l’action RNO qui tutoyait les 100 Euros en Mars 2018, et qui moins de 2 ans plus tard vaut à peine 35 Euros, au plus bas depuis 2012.



Bien sûr les ventes de Renault ont baissé de 3,4% en 2019, comme indiqué dans cet article, mais compte tenu de leur positionnement mondial et des remous de l’année dernière, ce recul peut plutôt être interprété comme une bonne surprise.
Renault a vendu plus de 3 750 000 véhicules l’année dernière, plus de 10 fois plus ceux de Tesla.
La société est présente sur la quasi-totalité des segments de marché : on ne peut pas en dire autant de Tesla, dont le seul Model 3 cannibalise les ventes de ses deux autres modèles, S et X.
Renault a distribué l’année dernière en Mai 2019 un dividende de 3,55 €.
A part, l’absence de DG opérationnel, Renault ne va pas si mal, et apparemment cette nomination ne devrait plus tarder.



A ma droite, nous avons Tesla (TSLA), qui a vendu à peine 367 000 véhicules en 2019 et dont la capitalisation vient de dépasser les 100 milliards de dollars.


Tesla vole de record en record, alors que son modèle n’est même pas validé : Tesla n’a jamais réalisé de trimestre bénéficiaire, autrement qu’en modifiant outrageusement son reporting financier ( ce que l’on appelle les GAAP – Generally Accepted Accounting Principles).

Pendant longtemps, Tesla a pu jouer de son image de pionnier et gagner pas mal d’argent en revendant des droits à polluer, ce que j’ai montré dans un précédent article. Cette période est terminée.

Aujourd’hui, Tesla affronte une énorme concurrence, menée par un très grand nombre de constructeurs bien décidés à en découdre : la période de grâce est complètement terminée.


Je ne suis pas en train de dire qu'il faut acheter RNO et shorter TSLA. 

Mon propos est de démontrer le côté absurde de la situation financière.
La situation actuelle n’est pas seulement anormale, elle n’est pas seulement incroyable : elle est le reflet des incroyables manipulations financières auxquelles se sont livrés les banquiers centraux depuis environ 11 ans si l’on veut être gentil, depuis 1913 si l’on souhaite être plus exhaustif.


dimanche 22 décembre 2019

Zemmour, Napoléon et l’histoire de France



Moi qui ne regarde habituellement pas la télé, je dois dire qu’il y a depuis peu une émission qui me force de plus en plus à contempler le petit écran, même si je peux bien sûr visionner les épisodes qui me manquent sur Youtube ou Dailymotion.

Je veux parler de l’émission Face à Face sur CNEWS, animée magistralement par Christine Kelly.

Cette émission met le journaliste Eric Zemmour en face d’un contradicteur pour un débat d’une trentaine de minutes, durée qui n’est pas excessivement longue mais permet à chaque débatteur d’expliciter son point de vue, … sauf bien sûr quand il s’agit de Bernard Henri Levy, dont le manque criant de culture et l’incohérence globale ne lui laisse d’autre choix que de couper en permanence la parole de Zemmour.

Mais passons…


L’une de ces émissions, en particulier m’a marqué, celle-ci-dessous et je voudrais brièvement partager les réflexions qu’elle m’inspire.


Tout d’abord, Zemmour est exceptionnellement cultivé.

Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il pouvait difficilement trouver une émission qui le mette en valeur : le niveau culturel général à la télévision est trop bas. Ses contradicteurs n’ont pas le niveau à de rares exceptions près : Michel Onfray,  Matthieu Bock-Côté et sur cette émission, Thierry Lentz.

Les adversaires de Zemmour ont tout le landerneau médiatique à leur disposition. Ils ne sont même pas obligés de travailler leurs dossiers. 
Les personnes qui comme Zemmour dénoncent le système se doivent d’être excellents pour, tel Jean II, se garder des attaques des droite et de gauche.

Pour aller plus loin sur ce sujet, franchement, je ne comprends pas pourquoi l’émission « Zemmour & Naulleau » ne s’appelle pas tout simplement « Zemmour & Co ».  Il faut le dire : la grande majorité regarde avant tout l’émission pour Zemmour. 
Donc, lorsqu’on entend Naulleau dire qu’il pense arrêter de travailler avec Zemmour, on est pris d’un rire assez énorme qui pourrait presque dégénérer en quinte de toux.

Dans le cadre du face à face référencé plus haut, Thierry Lentz est excellent : il domine son sujet de la tête et des épaules.


Ensuite, pour parler du fonds, bien que connaissant dans les grandes largeurs l’histoire de Napoléon, je ne m’étais pas suffisamment rendu compte, je dois bien le confesser, à quel point Napoléon était un génie.

Il faut écouter ces deux-là parler de Napoléon pour comprendre la faculté de celui qui, parti de rien, réussit en quelques années à pacifier la France, alors ruinée par la Révolution et à dominer toute l’Europe (c’est-à-dire le monde, si vous m’excusez ce raccourci) à l’exception de la perfide Albion.

On entend également que, contrairement à une idée répandue, la très grande majorité des guerres que Napoléon eut à mener lui furent imposées de l’extérieur.

On sait moins, et l’extrait n’en parle pas, que Napoléon fut un très grand précurseur sur le plan des ressources humaines : c’est lui qui a suscité et imposé la promotion au mérite. Ce qui tombe sous le sens aujourd’hui ne l’était pas à l’époque où le commandement revenait de fait à la noblesse.

Le mouvement de destruction de l’histoire de France au travers des livres d’histoires, dont parle Zemmour est extrêmement inquiétant et, sans verser dans le complotisme, me semble bien faire parti d’un projet visant à saborder la fierté légitime que les français devraient éprouver envers leur pays.

La théorie particulièrement intéressante d’Eric Zemmour selon laquelle la France avait vocation à rassembler toute l’Europe derrière elle, devrait presque être enseignée à l’école. En cette période de mondialisation potentiellement malheureuse, nous avons besoin d’histoires comme celles-ci pour continuer à croire que l’Histoire s’écrira avec nous.

Toujours selon Zemmour, Napoléon aurait pressenti dès 1800 que l’on entrait dans l’ère des puissances globales, et que la France ne pourrait en être, qu’en agrégeant l’Allemagne rhénane et l’Italie du Nord.

Si c’est vraiment avéré, alors ce type est vraiment un incroyable génie !

Bien sûr, il y a les citations incroyables de prescience qui lui sont attribuées : « laissons la Chine dormir. Car quand elle se réveillera, le monde tremblera », mais il faut être honnête : cette situation ne peut pas être attribuée avec certitude à Napoléon.

L’écoute de ce débat entre les deux contradicteurs a également renforcé mon aversion pour Talleyrand : quelle plaie ce mec ! 
Aujourd’hui, ce serait notre Dominique de Villepin, ou pire encore, notre Jacques Attali...


Je ne connaissais pas cette situation de Giscard : « Si Napoléon avait gagné, on aurait gagné 2 siècles », ce qui veut dire que le projet européiste ne renierait pas les ambitions de Napoléon.

L’autre aspect intéressant, vers la fin du débat correspond au parallèle entre la Grande Histoire et ce qui se passe en ce moment, avec la Russie, avec les Etats-Unis.

Le prisme de l’histoire pour illustrer le rapprochement actuel de Macron avec la Russie, et plus généralement le fait qu’il y a des permanences est excellent.

On revient ainsi aux fondamentaux, après avoir cru comme dirait Fukuyama que l’Histoire était terminée.
Et cela renforce à mon avis, l’importance de l’enseignement de l’Histoire de France à l’école


Les trois dernières minutes consacrées au « piège de Thucydide » et aux relations entre Chine et Etats-Unis concerne ces sujets géopolitiques qui me fascinent tellement que jusqu’à il y a peu, j’avais même du mal à concevoir qu’elles n’intéressent pas ma famille, mes relations, mon cercle d’amis.

Lorsque dans mes discussions, je soulève un petit peu les sujets de géopolitique ou de prospective, je lance le débat, je tourne la tête autour de moi, et je note sobrement : tout le monde s’en fout.


L'intelligence artificielle

  Je m'aperçois que je n'ai toujours pas écrit d'article sur l'invention la plus révolutionnaire du 21ème siècle, et peut-êt...