dimanche 15 mars 2020

6/7 Bitcoin - Stock to Flow Model


Le “Stock to Flow model” met en relation la quantité disponible d’un produit par rapport aux flux nouvellement produit, par extraction minière dans le cas des métaux précieux.  

Cette idée de comparer le Bitcoin à des métaux précieux et d’en faire l’équivalent de « l’or numérique » n’est pas nouvelle. En fait, elle date de Satoshi Nakamoto lui-même.


C’est Satoshi lui-même qui a parlé de minage pour qualifier les opérations aboutissant à une preuve de travail des transactions de la blockchain.

Pour l’or et l’argent, tout le monde comprend intuitivement que le stock est limité. Et la plupart des gens savent que tout l’or du monde extrait et raffiné est encore disponible, … à l’exception peut-être de l’or entreposé dans des galions qui repose au fond des océans.
Il en va de même pour les Bitcoins, … l’exception peut-être de ceux dont la clé privée a été perdue.

L’idée du modèle stock-flux est de montrer de manière plus ou moins empirique, que, contrairement à ce qu’indiquent les banques centrales, Bitcoin n’est pas une commodité, ou dit autrement, Bitcoin n’est pas un crypto-actif.
Dans le cadre d’une commodité ( zinc, nickel, blé,…) les productions annuelles sont toujours estimées avec plus ou moins d’efficacité. Si l’on amène brusquement sur le marché le double des niveaux habituels (le flux), cela va probablement dépasser les stocks entreposés et donc avoir un fort impact à la baisse sur les prix.

D’après Saifedan Ammous, auteur du livre « The Bitcoin Standard », le fait par exemple de doubler la production annuelle d’or ne ferait qu’augmenter les réserves actuelles de 3%.


Et donc la rareté est exprimée simplement avec la formule :     SF =   stock / flux.

Le blogueur PlanB dans son formidable article, dont celui-ci est totalement inspiré, compare les SF des différents métaux avec un tableau un peu vieux, en terme de valorisation :


L’or et l’argent ont des SF de 62 et 22 respectivement, ce qui en fait de bons candidats à l’usage en temps que monnaie.
Pour le palladium et le platine, au-delà du fait que le stock est très petit, on voit surtout que le facteur S.F. est voisin voire inférieur à 1.

Dans le cas de notre crypto-monnaie favorite, 18.2 millions de Bitcoins ont déjà été minés. Sur la base d’un minage estimatif de 700 K Bitcoins annuels, nous en sommes à un SF de 26.

Le « halving » prend bien sûr tous son sens, pour indiquer la rareté et ses effets sont disruptifs, non pas progressifs. Le prochain a lieu en Mai 2020 dans moins de 60 jours.

L’hypothèse de base du Stock to Flow Model est que la rareté détermine le prix.
On peut bien sûr s’élever en faux contre cette remarque, sauf que si le Bitcoin est considéré comme de l’argent et si on met en face les créations monétaires que les banquiers centraux seront obligés de faire dans les prochaines années pour faire tenir les marchés.

Pour être en situation de représenter une échelle de valorisation allant de 1000 USD à 100 trilliards, il faut bien sûr passer en échelle logarithmique.

L’utilisation des données dans un modèle de régression linéaire simple apporte un coefficient de détermination R2 de 0.94 qui est, à priori très bon.
Le R2 est fixé entre 0 et 1. Un R2 proche de 1 signifie une bonne adaptation des données  au modèle. La valeur P indiquée est très basse.

Attention tout de même : des tests avec des échantillons de données spécifiques ont montré que l’indicateur R2 ne peut pas être considéré comme fiable pour juger de la pertinence d’un modèle. Je ne suis pas d’accord avec la conclusion de PlanB sur ce point spécifique.

Les couleurs des petits points dans le graphe ci-dessous sont effectuées en fonction du nombre de mois avant le prochain « halving ».

Il a été également possible d’intégrer les valeurs pour l’argent (SF de 22) et l’or (SF de 62). 


 Modèle de prix en fonction du stock vers flux – Copyright : PlanB @100trillionUSD


Ce modèle prédit une capitalisation globale de 1 trillion après le prochain « halving » de Mai 2020, ce qui se traduirait par un prix unitaire de 55 000 $ pour le bitcoin, … ceci en admettant que le modèle « stock to flow » soit le bon.

Selon ce modèle, comme le font remarquer les maximalistes du Bitcoin, à partir du 3ème « halving », l’offre de BTC sera inférieure à celle de l’or.
Il est quand même difficile de valider avec certitude cette assertion, simplement parce que contrairement à Bitcoin, la production de l’or dans le monde entier (notamment en Chine) ne peut pas être estimée avec certitude.

Pour la petite histoire, PlanB a amendé son papier d’un billet comparant le modèle stock vers flux à l’hypothèse des marchés efficients.  Sauf que, personnellement, je ne crois pas à la théorie des marchés efficients.

En parlant d’or, je me permets de vous signaler un tout dernier indicateur qui ne m’a pas vraiment convaincu, mais peut-être que c’est moi qui n’ai pas vraiment saisi son intérêt : il s’agit du nombre d’or appliqué aux chartes du Bitcoin. Je le trouve trop alambiqué.
Vous trouverez le lien pour une explication technique ci-joint, si le cœur vous en dit.

Il en existe encore d’autres, par exemple le MRV Z-Score.
Le MRV Z-Score divise la capitalisation du Bitcoin ( la valeur d’1 Bitcoin multipliée par le nombre de coins en circulation) moins les UTXOs créés pour l’occasion, c’est-à-dire les bitcoins non dormants.
L’ensemble est divisé par l’écart type ( « standard deviation) de la capitalisation.
La formule est fournie à titre indicatif, ci-dessous :

Source : lookintobitcoins
  
J’ai choisi de ne pas en parler. Mais si cela, vous intéresse, les liens sont ici et ici.

Nous disposons malgré tout d’un grand nombre d’indicateurs, qui peuvent être combinés pour renforcer une conviction d’achat et/ou de vente.

Passons à la synthèse et conclusion, et en particulier les deux facteurs susceptibles de faire varier les valorisations : le comportement des « baleines », ces gros détenteurs de Bitcoins et l’arrivée des institutionnels, au moyen d’outils financiers adaptés, tels que les ETFs.




mercredi 11 mars 2020

5/7 Bitcoin - Le Power Oscillator

Le Power Oscillator, que l’on pourrait traduire par « oscillateur de puissance », même si je vais m’en tenir au raccourci P.O. cherche à savoir, sans paramètre spécifique, en suivant simplement la courbe naturelle d’évolution des prix.

Plus précisément, cet indicateur fait appel à une loi de puissance : il s’agit d’une relation entre deux quantités x et y, du type y = axk
L’intérêt de la loi de puissance est qu’elle présente une invariance d’échelle.
En termes plus terre à terre, cela veut dire qu’aucune échelle ne caractérise le système.
Pour le Bitcoin, c’est totalement adapté : on lui reproche souvent de n’être basé sur rien.
Et pourtant, tout le monde est d’accord pour dire qu’un Bitcoin à 100 € peut être trop cher (en 2011) ou vraiment donné (en 2019).
Ce qui fait la différence, c’est l’écosystème à ces 2 périodes, … marqué par les prix passés.

La méthode du P.O. permet, en se caractérisant uniquement sur les prix passés, de savoir si le prix du Bitcoin est cher ou pas, et ce sans formule mathématique.

Pour bien comprendre, il faut commencer par se focaliser sur l’importance d’une échelle logarithmique à la fois en abscisse et en ordonnée.
C’est ce qui nous permet de passer de l’image ci-dessous :

Source : Harold Christopher Burger

A celle ci-dessous, dans laquelle aussi bien le prix que l’échelle de temps ont été placées en base logarithmique :

Source : Harold Christopher Burger

Cette charte semble beaucoup plus linéaire. On applique ensuite un modèle de régression linéaire, ce qui nous amène à la charte suivante :


Et donc, on peut en déduire la formule donnant y (le prix) en fonction de x (le temps) :
y = 10a+b log10(x)

x est le nombre de jour depuis 2009.
a vaut -17.01593313
b vaut 5.84509376

La relation obtenue est une loi de puissance, comme vu au début de cet article.

Le coefficient de détermination, appelé R2, qui mesure la qualité du niveau de prédiction d’une régression linéaire est très bon (supérieur à 0,93) et s’améliore avec le temps, ce qui suggère une bonne adaptation du modèle au temps. Pour rappel, l’indicateur R2 va varier de 0 à 1.

On peut utiliser la même typologie de loi de puissance pour générer une ligne de support qui va fonctionne remarquablement bien, à l’exception de 2010 où peu de gens étaient au courant de l’existence du Bitcoin. Cela donne le graphique ci-dessous :

Si l’on utilise la même loi de régression linéaire sur les trois sommets de 2011, 2013 et 2017, on obtient une ligne également fonctionnelle.


Le prix du Bitcoin semble donc bouger entre ces 2 lignes de loi de puissance.

L’auteur de l’article applique un algorithme complémentaire, RANSAC, qui permet en résumé d’éliminer le « bruit », c’est-à-dire les données non pertinentes.

Cet algorithme permet en fait de définir 2 modes :
Ø  Le mode « normal » pendant lequel les prix suivent fidèlement la loi de puissance.
Ø  Le mode « bullish » pendant lequel le prix peut dérailler à la hausse et où l’on observe ces pics d'exubérance.

Source : Harold Christopher Burger

Il est ainsi possible de définir 2 bandes entre lesquelles le prix du Bitcoin va osciller selon que l’on soit en période dite « normale » ou en période « bullish ».

Source : Harold Christopher Burger

L’interprétation de ces 2 bandes sur le futur, laisse à entrevoir que si la loi de puissance est respectée à l’avenir, le prix d’un Bitcoin n’atteindra pas 100 000 $ avant 2021 mais également qu’il ne sera pas en dessous de ce niveau en 2028.

Utilisons maintenant cette loi de puissance pour déterminer notre fameux indicateur P.O.,

L’oscillateur en question, proposé par Harold Christopher Burger, décrit la déviation entre le prix du marché et la loi de puissance vue précédemment. Il varie entre -1.0 et 1.0.


Source : Harold Christopher Burger


Si l’on s’amuse à reprendre la charte des prix du Bitcoin coloriée avec les valeurs de ce P.O., on obtient une confirmation visuelle de ce que l’indice P.O. a su jusqu’à présent détecter les tops, comme on peut le voir avec les colorations en rouge.


Quand acheter et vendre du Bitcoin sur la base du P.O. ?

Les meilleurs moments, selon l’auteur, sont de choisir des périodes où le P.O. est inférieure à sa valeur médiane. La ligne verte de l’image ci-dessous représente cette valeur médiane. De la même façon, les valeurs entre 0.8 et 0.9 indiquent les moments de surchauffe où il faut vendre.
Bien entendu, ces valeurs, étant dépendantes des données, devront être recalculées en permanence.


Une comparaison avec le Mayer Multiple évoquée dans le deuxième article laisse apparaitre de fortes similarités, sauf que le P.O. obtient pratiquement les mêmes valeurs (entre 0.8 t 0.9) à chaque pic d’optimisme, là où la valeur de Mayer Multiple se situe entre 3.5 et 12.

Il est donc assez facile de programmer une stratégie automatique fonction de ces paramètres.
L’auteur propose un investissement lissé sur la durée, renouvelé chaque jour, avec des achats lorsque le P.O. est en dessous de sa valeur médiane et des ventes démarrant au-dessus de 0.7.

Cet article et les graphiques sont tous tirés de l’article « Bitcoin Power Oscillator » de Harold Christophe Burger. Je vous conseille de vous référer à son article pour des informations plus détaillées.
Il y a d’autres indices oscillateurs, par exemple l’indice de flux monétaire ( Monetary Flux Index ou MFI en anglais) qui permet de signaler des situations de survente ou au contraire de sous-investissement.

Je suis fan de la page « Dashboard » de Digitalik qui donne accès à une très grande richesse d’informations … et je vous encourage à le sponsoriser.

Passons maintenant à mon indicateur préféré, celui que je comprends le mieux intuitivement, le modèle « stock vers flux » ou en bon anglais, Stock To Flow.
Ce modèle est bien sûr très important, en rapport avec le « halving » à venir du Bitcoin.



vendredi 6 mars 2020

4/7 Bitcoin - L’indicateur BEAM


L’indicateur BEAM (« Bitcoin Economics Adaptive Multiple ») est un autre indicateur, également basé sur la moyenne mobile, mais conçu selon une formule plus complexe que les 2 autres, ce qui a pour objectif de le rendre moins sensible aux perturbations, tout en décelant les situations où le sous-jacent est suracheté.

Pour le présenter simplement, l’indicateur BEAM est le prix du Bitcoin à un instant donné divisé par des moyennes mobiles de prix sur une période donnée.

De manière générale, la formule est :


Pour Bitcoin, la formule se résume ainsi :
Un très grand nombre d’essais ont permis au créateur de la formule BEAM de valider que la longueur du cycle la plus appropriée est de 1400 jours (200 semaines).

L’AssetDivisor de 2.5 permet de s’assurer que les valeurs de l’indicateur soient comprises entre 0.0 et 1.0.
Compte tenu de la volatilité extrême du Bitcoin, il faut utiliser le logarithme, ce qui permet de lisser les grandes variations de prix.

L’indicateur BEAM oscille généralement entre 0 et 1.0.
Dans de rares circonstances, il peut dépasser brièvement 1.0 ou bien passer négatif.

L’examen de l’indicateur BEAM permet de retenir 3 zones :
La zone verte ou zone d’achat : elle se caractérise par un indicateur BEAM inférieur à 0.07.
La zone rouge : elle a un indicateur BEAM supérieur à 0.96.
La zone grise : elle se situe 240 jours avant ou après un « halving ». C’est une zone dans laquelle on conserve ses positions.
La zone blanche est plutôt neutre. Je l’appelerais « zone de trading » : on fait ce que l’on souhaite, mais on évite de prendre des positions trop importantes.

L’indicateur BEAM avec les zones rouge, verte et grise – Source : bitcoineconomics.io

Nous sommes en ce moment, Mars 2020, en pleine zone grise.

A partir de cet indicateur, l’auteur de la formule créé les « BEAM Bands » qui sont les valeurs 0.0 et 1.0 de l’indicateur. Cela donne le graphe suivant :

BEAM Bands – Source : bitcoineconomics.io

La formule pour calculer ces limites inférieures et supérieures est comme suit :


Les lignes supérieures et inférieures de l’indicateur BEAM peuvent être utilisées pour prédire les limites de prix supérieures et inférieures de l’actif.
Pour la limite de prix supérieur, qui est aujourd’hui à 60 000 USD, ce qui semble beaucoup… Mais il faut se reparler que dans les périodes de marché fortement haussier, la limite de prix supérieur a été touchée à chaque fois.
La limite de prix inférieure est actuellement de 4 900 USD, ce qui veut dire que si le BTC tombe en dessous de ce seuil, tout le modèle s’écroule.





Je dois dire que je préfère ce calcul de l’indicateur BEAM par Digitalik qui, avec le jeu des couleurs prend en compte le nombre de jours restant avant le halving, car cela a, bien évidemment, un impact dans la décision d’investissement.


Indicateur BEAM avec prise en compte du calendrier halving – Source : Digitalik

Notons malgré tout que l’indicateur BEAM n’a pas été capable de détecter le pic de Juin-Juillet 2019 suivi par le creux de Novembre-Décembre de la même année … sauf si l’on prend comme limite conservatrice un indicateur inférieur à 0,30 pour investir (par exemple).

Selon l’auteur, il est possible d’appliquer son indicateur à d’autres cryptomonnaies ( Ethereum,…) même si la plupart sont beaucoup plus jeunes que Bitcoin et n’ont donc pas l’historique qui permettraient de mettre en application une stratégie chartiste. De plus, le succès de la plupart de ces « altcoins » est très corrélé au Bitcoin.

Plus intéressant : BEAM semble fonctionner également avec les métaux précieux.
Pour ce faire, on utilise une durée de cycle de 4000 jours et un diviseur de 1.25.

Je partage cette analyse sur le prix du métal argent, qui est selon moi, décorrélé des fondamentaux historiques, en particulier le rapport Or/Argent.

L’auteur a créé une charte de BEAM sur TradingView disponible ici.

Nous allons maintenant regarder le « Power Oscillator » dont l’intérêt principal en ce sens qu’il est sujet à une invariance d’échelle.




jeudi 5 mars 2020

3/7 Bitcoin - Le Puell Multiple


Le Puell Multiple essaie de prendre en compte l’économie de Bitcoin sous l’angle de l’offre, en particulier du côté des mineurs de Bitcoins et de leurs revenus.

Le Puell Multiple est calculé en divisant la valeur d’émission quotidienne des bitcoins en USD par la moyenne mobile sur 365 jours de la valeur d’émission quotidienne.
Ce qui nous donne en bon anglais :



Pour le dire plus simplement, il y a des périodes de temps où la valeur des Bitcoins minés est supérieure ou bien au contraire très inférieures aux normes historiques.

Pourquoi est-ce intéressant de s’intéresser à la contre-valeur dollars des Bitcoins émis ?
De par la conception de l’algorithme en preuve de travail, ces Bitcoins sont alloués directement aux mineurs qui à leur tour doivent s’acquitter d’un certain nombre de dépenses au premier rang desquelles l’électricité qui sont, elles, exigibles le plus souvent en dollars américains.

Si l’on essaie de schématiser très grossièrement les populations d’acheteurs de Bitcoins, il y a trois sortes d’intervenants (il y en a bien plus, c’est entendu, mais schématisons) :

Ø  Les acheteurs de long terme, ceux que l’on appelle parfois en souriant, les HODLERS. Lorsqu’ils sortent, c’est parce qu’ils se sentent dans une situation de bulle temporaire. Ils sont parfois partisans de l’hyperbitcoinisation.
Ø  Les traders : ils effectuent des allers et retours plus ou moins rapprochés. Ils sont dans une logique de gain court terme en monnaie papier.
Ø  Les miners : ils récupèrent des Bitcoins qu’ils peuvent soit revendre tout de suite, soit attendre parce que le cours est vraiment trop bas.
L’appréciation de la valorisation du BTC en fonction de la difficulté de minage fait partie des compétences de base de tout bon mineur. Le miner alterne en permanence entre le statut d’acheteur de long terme et celui de trader.
L’indicateur que représente le Puell Multiple a donc toute son importance.

Comme c’est le cas pour le Mayer Multiple, le Puell Multiple tire son nom de son inventeur, David Puell.

Dans le graphe ci-dessous, la valeur (USD) du Bitcoin est exprimée en bleue tandis que l’indicateur Puell Multiple est exprimé en rouge.

Charte du Puell Multiple – Source : lookintobitcoin.com


En résumé, lorsque la valeur du Puell Multiple entre en zone rouge, alors c’est que la valeur cumulative en dollars des Bitcoins émis est trop importante, et par conséquent il vaut mieux éviter d’acheter. Par contraste, si cette valeur se retrouve en zone verte, alors la valeur du Bitcoin générée est historiquement faible par rapport aux standards.

Nous avons donc ici un indicateur qui nous donne cette fois un indicateur haut et un indicateur bas.
Et l’autre point important : la bande blanche, celle dans laquelle des fluctuations peuvent se produire … Et donc une zone propice aux allers-retours des traders afin de profiter des fluctuations du marché.

Comme vous l’avez vu, le Puell Multiple est assez complexe à calculer pour qui n’a pas les bonnes informations. 
Heureusement, le compte Twitter de Digitalik.net s’occupe à intervalles très raccourcis de le publier ainsi que d’autres indicateurs tout aussi précieux, dont le Mayer Multiple et ceux que nous allons étudier par la suite.
Ce compte est une mine d’informations : quand on pense qu’il dispose de moins de 6000 abonnés…

Déplaçons-nous maintenant vers le troisième indicateur de notre série, le BEAM (Bitcoin Economics Adaptive Model).



dimanche 1 mars 2020

2/7 Bitcoin - Le Mayer Multiple



Nous nous intéressons maintenant au Mayer Multiple, un indicateur développé par Trace Mayer et qui a l’avantage de disposer de son propre site Internet : https://mayermultiple.info.

Très concrètement, le Mayer Multiple (ou multiple de Mayer) est le multiple du prix courant du Bitcoin sur la moyenne mobile à 200 jours.


Les simulations effectuées par Trace Mayer ont montré que les meilleurs résultats étaient obtenus lorsque le Mayer Multiple était en-dessous de 2.4.
Autrement dit, lorsque le Mayer Multiple est en-dessous de 2.4, il est possible d’accumuler Bitcoin dans une optique de long terme. Tandis qu’il est préférable de le vendre, toujours dans une optique de long terme, s’il est au-dessus de 2.4.

La charte graphique ci-dessous montre que le Mayer Multiple permet effectivement de capturer les phases de mania.


La plupart des gens se focalisent sur la dernière période de bulle qui a amené le Bitcoin proche des 20 000 Dollars. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu au préalable 2 périodes de forte montée suivie d'une rechute, visibles sur le graphique ci-dessus.

La première en 2011 a amené le BTC à dépasser 30 dollars en Juin 2011. Sur le graphique ci-dessous, cela correspond au premier pic qui dépasse la valeur d’un Mayer Multiple de 2.4.
Le Bitcoin a ensuite entamé une descente vertigineuse pour atterrir aux environs de 2 dollars en Décembre de la même année, suite notamment au piratage de la plateforme Mt Gox, qui à l’époque concentrait l’essentiel des échanges.

Imaginez : vous êtes en 2011, vous venez d’acheter une petite centaine de bitcoins aux environs de 20 dollars US, ce qui représente un investissement conséquent de 2 000 dollars.
Le 08 Juin, chacun de ces Bitcoins vaut désormais 30 dollars, et vous sabrez le champagne à l’idée d’un retour sur investissement plantureux.
Mais en deux jours, le prix du Bitcoin chûte de plus de moitié, puis il continue à s’écrouler jusqu’à atteindre 3 dollars.
Votre investissement est perdu (où c’est ce qu’il semble) : vous soldez ce que vous pouvez et vous jurez qu’on ne vous y reprendra plus… Du reste, on est en 2011, et (presque) personne n’a entendu parler des crypto-monnaies. 
Vous passez votre temps à vous reprocher d’avoir investi … Mais ce n’est rien par rapport aux reproches que vous vous ferez d’avoir tout vendu quelques années plus tard…




En 2013, le cours du Bitcoin a connu 2 bulles,.
La première fois fut le 10 Avril 2013 après avoir atteint un plateau de 263 $. La valeur a alors chuté brutalement jusqu’à 126 $. Comme on peut le constater sur le graphique, la perte fut très rapide. 
Il semblerait que cette perte de valorisation soit liée à la crise des banques chypriotes.
Le krach suivant eut lieu au 1er trimestre 2014. Je m’en souviens très bien puisque j’ai vendu le peu de bitcoins que je possédais à cette époque, estimant incroyable que le prix d’un Bitcoin dépasse celui d’une once d’or. Et je n’en ai pas vraiment repris depuis; je sais donc que c’est psychologiquement incroyablement difficile de racheter un actif que l’on avait revendu plus bas.

Comme on peut le constater une fois de plus, le Mayer Multiple vous aurait permis d’éviter ces 2 périodes bullaires, toutes deux survenues dans l’intervalle d’un an.

Si l’histoire des crashes de Bitcoin vous intéresse, je vous recommande ce site qui en répertorie 8 au cours de sa jeune vie.

Ainsi, dans chacune de ces 3 phases de hausse, l’indicateur Mayer Multiple a permis aux investisseurs avisés de savoir quand il fallait vendre. Même s’il n’indique pas quand il faut acheter. Encore une fois, l’indicateur est conçu pour profiter des hausses tout en coupant en phase de hausse irrationnelle.

Le compte Twitter dédié, @MultipleMayer fait des tweets réguliers. Le compte de Trace Mayer est accessible ici.


Mon analyse personnelle, pour un investisseur est que la valeur 2.4 est encore trop importante et que, dans une optique de long terme, pour valider un achat, je conseillerais plutôt de s’assurer que le Mayer Multiple est inférieur où voisin de 1.5. Au moment de la publication de cet article, il est proche de 1.0.

En résumé, il est important d’utiliser cet indicateur non pas tout seul, mais couplé à d’autres, ce qui constitue une très bonne introduction pour notre prochain article consacré au Puell Multiple.



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