samedi 11 avril 2020

WeWork : le symbole des excès de cette ENORME bulle...


Depuis combien de temps est-ce que j'ai envie d'écrire sur cette bulle des soi-disants licornes Internet ?
Je ne sais plus, j'ai oublié...

Et d'ailleurs, nous ne sommes pas sur une bulle Internet classique comme à la fin des années 90s.
J'en suis convaincu.
Nous sommes sur une bulle des banques centrales qui déborde de partout : immobilier, oeuvres d'arts,... et startups high-tech.
Un grand nombre de fonds et d'intérêts financiers cherchent le prochain Microsoft, le prochain Cisco ou le prochain Google sur les Netflix, les Uber et les WeWork d'aujourd'hui.

En tout cas, n'ayant que peu de temps à y consacrer, j'ai choisi d'écrire sur WeWork, d'abord parce qu'il s'agit du parangon de toutes ces sociétés nuisibles qui n'apportent aucune valeur à la société tout en prétendant y révolutionner les usages, ensuite et surtout parce que derrière WeWork, il y a Softbank, et en particulier Masayoshi Son, l'ultra-abruti, le méta-crétin, le super-blaireau qui est responsable à lui seul d'une grande partie des excès de cette bulle des dotcoms 2.0.

Par où commencer quand on parle de WeWork ?

Pff... C'est difficile.

Je crois bien que je vais commencer par l'article de Simon Black du blog Sovereign Man : lisez-le; il résume très bien la situation, mieux que je ne saurais le faire...

En bref, en 2010, un type pas très connu jusque là, du nom d'Adam Neumann décide de faire des locations courts termes aux entreprises en souscrivant à des contrats de bail de plus long termes du style 3-6-9.
Jusqu'ici, il n'y a pas grand chose d'original : Regus et d'autres sociétés font la même chose depuis des dizaines d'années, et soit (la majorité du temps) font faillite, soit elles gagnent un peu d'argent en facturant extrêmement cher des services de base. C'est d'ailleurs comme cela que Regus gagne un peu d'argent, après avoir fait faillite en 2003.

Là dessus, WeWork a fait 2 changements : d'abord rendre les bureaux "cools" pour les jeunes, avec du café (équitable) gratuit, un baby-foot, une manucure pour les chiens de compagnie, et j'en passe et des meilleurs.

L'espace WeWork, rue de Navarin - Bientôt disponible ... ou pas !

Le deuxième, c'est de dépenser sans compter, où plutôt en comptant de sorte que le trou soit le plus gros possible, et pour cela, il fallait un pygmalion, et c'est là où intervient Monsieur Son (ofabitch).

L'article de Simon Black est intéressant pour comprendre à quel point Neumann n'est pas dupe lui-même des absurdités qu'il raconte, quand bien même il est incomplet !
Par exemple, il vend les droits du nom "The We Company" à la société WeWork, dont il est le fondateur, pour 6 millions de dollars.
Par exemple encore, il loue de l'argent à WeWork pour acheter des bureaux qu'il reloue à WeWork en encaissant un profit au passage.  C'est impressionnant !
Par exemple toujours, il vend des centaines de millions de dollars de ses propres actions, tout en parvenant à convaincre les investisseurs d'investir dans WeWork.

Arrivé à ce stade, on a déjà envie de vomir.
Il devrait y avoir un documentaire sur la manière absolument époustouflante dont Neumann a trompé l'ensemble des actionnaires qui lui avaient fait confiance, au premier rang desquels Masayoshi Son.

Là où c'est incroyable, c'est lorsqu'on observe sur la décennie écoulée, la boulimie d'acquisitions de locaux par rapport à la croissance de leur chiffre d'affaires : c'est comme il y avait une volonté assumée de dépenser le plus possible et le plus rapidement possible ! Des bureaux, vite ! A Tokyo, Manille, Guangzhou, et n'importe où....

Si vous vous intéressez un peu à l'histoire de WeWork, en tout ce qu'elle explique des excès de la décennie écoulée, et comment nous allons les payer, avec les intérêts, dans les décennies à venir, il y a 2 articles à ne pas manquer et tous les deux sont du même auteur génial, Scott Galloway.
Je prends le temps de bien les détacher car je suis inquiet à l'idée que vous puissiez ne pas les lire

La lecture de ces 2 documents est hautement recommandée pour comprendre à quel point WW est un condensé de tout ce qu'il ne faut pas faire, combiné à une arnaque de haut vol quand on examine froidement les agissements de son fondateur.


Soyons bref, car j'imagine que tout le monde ou presque connait la chute, l'entrée en bourse (l'IPO) de WeWork, initialement prévue pour Septembre 2019 n'a pas eu lieu.

Au milieu du mois d'Août, les documents remplis pour l'introduction en Bourse permettaient de se rendre compte que la valorisation de 47 milliards de dollars résultait uniquement d'un accord entre 2 personnes : Adam Neumann et Masayoshi Son, et que l'engagement de Masayoshi Son garantissait qu'il serait le premier à pouvoir sortir une fois l'introduction en Bourse effectuée.

A la suite de cette annulation, Softbank a dû intervenir et s'engager à une augmentation de capital  de l'ordre de 3 milliards de dollars en rachetant les parts des fondateurs.
Dans le contexte de ce deal, Adam Neumann devait se délester de ses parts et quitter le conseil d'administration contre un versement de plus de 200 millions de dollars, ce qui était absolument scandaleux.
L'objectif de cette action, visant à annuler les droits préférentiels que Neumann s'était auto-attribué, avait eu pour effet de forcer Softbank (et non pas son fonds Vision Fund) à racheter à une valorisation réduite à 8 milliards de dollars.

Vers la mi-Mars 2020, heureusement, Softbank a annoncé qu'il annulait ce rachat d'actions, mettant en avant le non-respect de certains objectifs pris par les dirigeants. Dans la foulée, et fort logiquement, WeWork a porté l'affaire en justice.
Derrière les apparences de façade, la question est de savoir qui va payer et personne n'a envie de le faire, car cela sent mauvais.

En tout et pour tout, Softbank a annoncé avoir investi en direct et via son fonds d'investissement, pratiquement 14,25 milliards de dollars dans WeWork.

Il y a 3 jours, une autre nouvelle d'importance nous arrivait : WeWork a commencé à ne plus payer ses locations longues durées, ce qui n'est pas trop étonnant puisque ses bureaux sont vides... Et ce, alors même que la crise du coronavirus a vidé les bureaux.

Et pourtant l'épidémie virale n'est pas franchement responsable du problème. Selon cet article de Zerohedge qui cite une étude de CBRE, l'activité de leasing de WeWork s'est effondrée de plus de 90% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2019.

C'est le début de la fin, mais le début seulement, car je pense pouvoir être en mesure de vous garantir ceci : après la crise et le confinement, un grand nombre de sociétés et pas seulement des startups vont s'apercevoir qu'elles peuvent fonctionner tout aussi bien, et pour beaucoup moins cher, si la plupart des acteurs peuvent travailler de chez eux.

Le business modèle de WeWork est fini, mort, pas encore enterré, mais cela ne saurait tarder.
Et en plus, ils ont même un bouc émissaire sur lequel blamer leurs échecs : "notre idée était absolument géniale, ... mais c'est le Covid-19 qui nous a donné le coup de grâce".

Softbank le sait, et même si ça fait du mal à l'ego de Son, il a bien fallu qu'il l'admette... C'est pour cela qu'il n'a pas investi les 3 milliards de dollars promis.



Now hear this, folks : je rêve d'un retour à une société où la rentabilité redevient un facteur important.
Il y a des sociétés comme Tesla ou Netflix ou bien Uber, Lyft, ... qui sont déficitaires depuis tellement longtemps que cela en devient une énorme blague.
Telsa par exemple ne sera JAMAIS RENTABLE !
Ce n'est pas que son dirigeant actuellement (incorrectement qualifié de fondateur !), Elon Musk est un fainéant, bien au contraire. Ce n'est pas qu'il est un escroc, pas du tout. Ce n'est pas qu'il cherche uniquement à s'enrichir, loin s'en faut.
C'est juste que CA NE L'INTERESSE PAS ! Ce qu'il veut, c'est changer le monde ! Pas être rentable. Il n'a jamais été rentable avec aucune de ses sociétés : Zip2, X.com, SpaceX, Tesla, SolarCity, .... et ma foi, ça lui a plutôt bien réussi !
Comprenez-moi bien : si "on" offrait la rentabilité à Elon Musk, il la prendrait avec plaisir.... Mais ce n'est pas du tout sa priorité.
C'est aussi important pour Elon Musk d'être rentable que pour mon ami Jean-Seb de se tresser des couettes avec ses cheveux.

Et des boites comme cela n'existeraient pas très longtemps, s'il n'y avait pas des trous-du-cul pour investir dedans.

J'ai vraiment envie d'écrire un long, un très long article sur Masayohi Son, un article très documenté qui montrerait que son pseudo-succès actuel (car dans les faits, M.S. serait déjà ruiné si l'on tient compte des actions qu'il a dû mettre en hypothèque) ne doit qu'à une grosse tranche de chance, principalement ses investissements, par pur hasard, dans Yahoo! Japan et Alibaba.

Mais est-ce que j'en ai le temps ? Et est-ce que j'ai l'envie de démontrer son incompétence crasse et cette habitude folle d'investir des milliards de dollars en moins de 30 secondes de réflexion ?

Est-ce que j'arriverais à faire mieux que Scott Galloway qui a pointé du doigt, l'absurdité de l'investissement dans Oyo ou Bloomberg qui a décrit l'investissement de 375 millions de $ dans Zume, le constructeur auto-proclamé de robots fabricant des pizzas, qui a depuis pivoté sur le packaging alimentaire ?

Est-ce que je n'ai pas mieux à faire que de me morfondre sur l'absolue bêtise du genre humain ?




L'or, l'argent et le platine...


J'aimerais écrire plus souvent des articles sur lesquels on puisse se retourner quelques années plus tard, et se dire "que n'aurait-il fait ou pas fait à ce moment là, s'il avait su ?"

Comme toute personne qui ne dépend que des revenus qu'il gagne et qui n'a aucun filet de sécurité professionnel, je passe un peu de temps à étudier pour faire des décisions d'investissements, et je me trompe régulièrement. Donc, mon avis ne doit pas être pris comme celui d'un expert.

L'une des raisons pour lesquelles je me trompe régulièrement est mon "biais pessimiste" que j'entretiens malgré moi, depuis 2008 : j'ai du mal à croire que les choses puissent continuer en l'état, avec des déficits abyssaux, des interventions de banques centrales gargantuesques,... Mais tout cela continue. Et progressivement, l'économie des états devient administrée au profit d'une certaine plutocratie, sans que la plupart des individus n'y trouve quoi que ce soit à redire. Les gens à qui je parle ne comprennent même pas pourquoi je m'en inquiète.

Enfin bref,...

J'aimerais pouvoir retourner en 1999 et acheter de l'or. Ou bien en 2009 et acheter n'importe quelle action, sachant qu'à ce moment-là, les banques centrales s'apprêtent à déclencher la plus grosse orgie financière que le monde ait jamais connu.
Ou bien en 2014 et acheter du Bitcoin, en réaction de défiance justement à cette impression monétaire débridée des banques centrales du monde entier.

En 2020, c'est plus délicat... En tout cas, cela semble moins simple.
Il y a bien sûr les cryptomonnaies, mais cela parait incroyable de penser qu'elles pourront encore monter jusqu'au ciel, même si ce n'est pas exclu.
Je me souviens qu'en 2013, si l'on m'avait dit que le BTC qui était aux environs de 70 dollars monterait à 700 dollars, j'aurais eu un peu de mal à le croire.
Aujourd'hui, il est à 7 000 dollars, et si on me disait qu'il monterait à 70 000 dollars, j'aurais également un peu de mal à le croire (mais moins de mal que la dernière fois, finalement).

Il y a quand même certains graphiques qui me laissent rêveurs, et d'autant plus au moment précis où d'une part la Fed (la Federal Reserve, donc) annonce un plan d'injection monétaire de 2 300 milliards de dollars. Mais surtout, pour le dire comme Philippe Bechade, la Fed abolit l'économie de marché : plus précisément, elle vient de s'autoriser à acheter n'importe quelle dette de marché, peu importe sa notation.

Commençons par le graphique de l'or, dont je tire le graphe sur 20 ans de BullionVault. Bien entendu, ce prix doit être exprimé en dollars US, qui est la monnaie de référence, le prix de l'or en Euros n'étant qu'un avatar dérivant du rapport $/€.


On voit bien que les prix se rapprochent de leur plus haut historique qui s'est établi autour de 1900 US Dollars en Août 2011, alors que les craintes liées au Quantitative Easing de la Federal Reserve avaient encore un impact sur les prix.
Clairement, l'or est dans une bonne tendance, et nous n'en sommes qu'aux débuts de la crise du COVID-19.
Compte tenu des plans de création monétaire que j'ai brièvement décrit plus haut, il ne serait pas étonnant que l'or revienne voire dépasse ses plus hauts historiques, ce qui serait un signal très fort pour les tenants de l'analyse technique.
A cette date, Avril 2020, l'or à 1685 USD l'once est donc un bon investissement, et surtout son profil de risque est plutôt correct. Il parait peu probable que la valorisation s'écroule, même en dépit des manigances du COMEX, compte tenu des difficultés récentes de raffinage et d'approvisionnement.

Maintenant, parlons du métal argent. Bien entendu, une image vaut mille mots.


L'argent a connu une baisse spectaculaire, ces dernières semaines, du même ordre de grandeur, et même pire encore, que celle de la crise financière de 2008-2009. C'est incroyable à dire, mais à 15,42 USD, l'once d'argent est inférieure à son prix moyen de toute la décennie 2010.
Quand j'énonce cette vérité, il faut bien comprendre que pour évaluer le prix d'une chose dans une unité de valeur, il est nécessaire de prendre en compte les changements de quantité de cette unité de valeur. Autrement dit, le prix d'une once d'argent en dollars US n'a que peu évolué dans cette décennie, mais le nombre de dollars créé dans le système a évolué dans des proportions absolument gigantesques et qui restent très difficiles, voire impossible, à mesurer précisément.
Il n'est que de regarder, le bilan de la Federal Reserve pour voir que quelque chose s'est produit ces dernières semaines :

Et la Fed n'est que l'un des acteurs, et certainement pas le plus important, de création de la monnaie...

Le prix d'un once d'argent à 15,42 USD l'once n'est pas normal, compte tenu des créations monétaires coordonnées et des interventions étatiques qui se sont produites dernièrement. Mais j'y reviendrai.

Ceci dit, le plus important pour moi, c'est le graphique, sur 20 ans, du platine, présenté ci-dessous :


Voici la charte en question, et elle est incroyable ! Le prix d'une once de platine en ce moment est à 751 US Dollars. Ce prix n'a pas été aussi bas depuis très longtemps, même pendant la crise de 2008-2009.
Are you fuckin' kidding me ? 
Pour retrouver un prix aussi bas du métal platine, il faut remonter à Octobre 2003.
Est-ce que vous avez conscience du niveau d'impression monétaire dans le monde entier (particulièrement en Chine) qui a été effectué depuis 2003 ?

Alors, je sais bien, très bien même, que le platine n'est pas considéré comme un métal d'investissement, qu'il est très rare, et que si l'on plaçait tout le platine jamais extrait dans une piscine olympique, il n'atteindrait que nos chevilles (selon le World Platinum Investment Council), qu'il n'intéresse que les fabricants de pots catalytiques, et qu'il n'intéressera plus jamais personne...

Mais là, ça va beaucoup trop loin.

Pour tout vous dire, en Mars, le prix du platine est même tombé en dessous de 20 000 USD le kilo.
Et je n'en ai pas profité. J'avais trop le nez dans le guidon.

Et pourtant, je suis assez fan du platine. Cela fait un bail que je pressens que ce métal est important, même si je n'ai pas renouvelé le nom de domaine acheterplatine.fr que j'avais acheté en 2017.

Imaginez : nous sommes en Janvier 2022, et vous avez le droit de regarder un indicateur et un seul avant de revenir dans le temps présent. Que regardez-vous ? La température à l'extérieur, le déficit du commerce extérieur français, le niveau du S&P500, la valeur €/$, le cours du Bitcoin, le cours de l'or, de l'argent, du platine ?

Il faut malgré tout être pondéré et reconnaître que l'augmentation du prix des métaux précieux ne sera pas garantie dans le temps.
Les pouvoirs en place, principalement les banques centrales, mais aussi leurs affidés, les gouvernements, feront tout ce qu'ils peuvent pour combattre l'augmentation du prix des métaux précieux. C'est ce qu'ils ont fait ces dernières années, avec un certain succès, il faut bien l'admettre.

Lorsque l'on souhaite que le prix des métaux précieux, exprimé en dollars, augmente, il est légitime d'admettre que, quelque part, on reconnait le pouvoir implicite du dollar.
Nous ne sommes pas encore dans la situation où, comme l'explique Gresham, la mauvaise monnaie (la monnaie papier) chasse la bonne ... puisque l'on cherche encore  à revenir dans la monnaie papier, en ayant réalisé une plus-value entre temps.

Il n'empêche que tout incite à une augmentation de valorisation des monnaies ne dépendant pas des banques centrales ( cryptomonnaies et métaux précieux), mais tout est cela est bien entendu contrôlé et nécessite de montrer la plus grande patience d'attendre que les forces du marché se révèlent plus importantes que les forces de l'impression monétaire.

En parlant de patience, je trouve que l'action du comité d'organisation du tournoi de Wimbledon est remarquable et mérite d'être soulignée.
Pendant des années et des années (pendant 17 ans), le comité d'organisation de Wimbledon a payé chaque année 2 millions de dollars pour s'assurer contre le risque d'une pandémie.
Le coût total de cette assurance est donc de 34 millions de dollars.

Cette année, en 2020, le tournoi a été annulé pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. Le comité a touché environ 141 millions de dollars selon le Boston Globe.


Je l'avoue, je suis admiratif. Je n'aurais pas été le dernier à proposer de supprimer cette assurance de 2 millions d'euros.

Tenir sa stratégie quand on y croit vraiment et qu'on peut la justifier à tout instant : cela compte vraiment et cela fait la différence.

A terme, l'inflation et donc les prix des actifs, vaincra très probablement, car ceux qui ont la "printing press" font tout pour qu'elle gagne.

Comme l'indique Bruno Bertez : "je vois venir le temps de l'inflation mais il faut laisser le temps au temps, n'est-ce pas ?"

Et donc, il est préférable d'anticiper, de suivre le proverbe : celui qui panique en premier, panique le mieux.
Je ne sais pas pourquoi, mais je préfère le dire en anglais " He who panics first, panics best".





























dimanche 22 mars 2020

Trois blogs au lieu d'un seul


Je m'apprête à diviser ce blog en 3.

Plus précisément, je vais créer 2 autres blogs dédiés à des thématiques spécifiques.
Ainsi, nous aurons :

  1. Un blog dédié aux thématiques liées aux cryptomonnaies : technique, investissement et impact sociétal :   https://coin-du-bitcoin.blogspot.com/
  2. Un blog dédié à l'entrepreneuriat :   https://business-en-france.blogspot.com/
  3. Ce blog qui concentrera les autres thématiques. 
Les textes seront en anglais et en français.

Le fait que je créé deux autres blogs ne signifie pas que je vais publier davantage.
Bien au contraire, dès lors que le confinement sera terminé, je m'attacherai à d'autres projets.



samedi 21 mars 2020

8 – La cryptomonnaie idéale

 "Don't find a fault. Find a remedy. Anybody can complain"

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" The essential evil of gold in its relation to war is the fact that it can be controlled. Break the control and you stop the war."

Henri Ford



Bitcoin est vraiment un bond en avant incroyable en matière de monnaie. Mais il souffre encore de quelques imperfections majeures :

1)     Il nécessite une énergie incroyable pour être « miné » et cette énergie, ne peut pas être utilisée ailleurs. La non-utilisation de l’énergie de minage est un argument mis en avant par les escrologistes pour justifier la restriction voire, selon leur humeur, l’interdiction du minage des crypto-monnaies.

2)     Il a donné un avantage à priori injuste aux premiers acheteurs, ce qui lui a tout de même permis de décoller.
Bien entendu, acheter ne suffit pas : il faut savoir conserver.
Acheter un BTC en 2011 et savoir le conserver jusqu’à fin 2017 par exemple, nécessite une capacité très forte à se projeter dans l’avenir et à faire fi des mouvements particulièrement violents de la crypto-monnaie.

3)     Il reste très dépendant de l’infrastructure Internet, et donc soumis aux perturbations affectant le réseau.
Je n’ai toutefois aucun doute sur le fait que le Bitcoin soit particulièrement résilient, y compris en cas d’attaque sur les infrastructures. Comme je l’ai déjà indiqué, il y a des recherches envisagées pour faire en sorte que Bitcoin puisse se passer d’Internet.
Rappelons, pour les curieux que la blockchain la plus ancienne, celle de Surety, qui a probablement inspiré Satoshi utilisait le Wall Street Journal pour diffuser ses enregistrements de condensats.


La deuxième imperfection du Bitcoin est injuste, mais la vie est injuste.
La troisième imperfection concerne désormais aujourd’hui la « monnaie papier » : l’indisponibilité prolongée d’Internet amènerait un grand « reset » de toute la finance mondiale.
Reste la première.

Et donc, quelle serait la crypto-monnaie idéale ?

Pour le savoir, il faudrait remonter à Henry Ford. J’apprécie vraiment ce type (et ses citations, mais ce sera l’objet d’un prochain billet).

Henry Ford avait déjà une méfiance instinctive envers la monnaie papier.
On lui attribue (peut-être à tort) la citation : « il est heureux que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, car s’ils le comprenaient, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin », ce que j’avais retraduit dans mon propre jargon dès la fin des années 90, en disant de manière plus tranchée « le banquier est l’ennemi du genre humain ».

Plus étonnant, Ford se méfiait aussi de l’or. D’après la citation en haut de l’article, il pensait que l’or pouvait être contrôlé et manipulé par les gouvernements pour lancer leurs guerres.

Alors, il y a une centaine d’années, Ford s’est lancé dans un projet visant à faire une monnaie-énergie.

Comme le rapporte cet article, il a envisagé une monnaie sous-tendue par du kilowatt heure, en bref une monnaie-énergie.

Pour mettre sa vision, Ford envisagea dès 1921 d’acheter un barrage à « Muscle Shoals » (Alabama). Après plus de 3 ans d’efforts, il abandonna en 1924, déclarant à l’occasion : « une simple affaire commerciale qui aurait dû être décidée par n’importe qui en moins d’une semaine est devenue une affaire politique compliquée ».
Evidemment, personne dans la sphère dirigeante et le gouvernement n’avait particulièrement intérêt à mettre en place une énergie monnaie. Et la technologie n’en était pas au stade actuel, ce qui a étouffé dans l’œuf toute forme de cont

Aujourd’hui, Bitcoin est ce qui se rapproche le plus de l’énergie monnaie souhaitée par Henri Ford.
Cet article veut montrer que Bitcoin dispose d'une valeur intrinsèque et que le "hashrate" peut même servir d’indicateur (au même titre que le Mayer Multiple, le Puell Multiple, l’indicateur BEAM,…) de la valorisation du sous-jacent.


La corrélation entre le prix du BTC et l’équivalence Valeur Energie – Source : Charles Edwards




La monnaie du futur sera une crypto-monnaie qui représentera l’énergie stockée et mise à disposition de tous.
Tout un chacun pourra puiser dans cette énergie ( consommer) ou bien en apporter, en étant raccordé à un réseau électrique de dimension mondiale et indépendant des gouvernements.
Cela ne sera pas un problème d’arriver tôt ou tard dans ce réseau, tout ce qui comptera sera la quantité d’énergie que vous apporterez au réseau et qui pourra y être stockée, potentiellement indéfiniment.

Clairement, nous n’y sommes pas encore et de très loin, à commencer par la technologie de batteries permettant de stocker de gigantesques quantité d’électricité et de le redistribuer, mêmes si les nouvelles technologies de batteries à base de graphène nous y rapprochent un tout petit peu.
Et pour bien faire, il faudra disposer de réseaux de distribution et de stockage d’énergie transnationaux. En clair, il faudra sortir les réseaux d’énergie de la compétence des gouvernements (une prérogative en moins). Ce n’est clairement pas pour demain…

Mais le Bitcoin est un pas vers cette lointaine direction.  😀




jeudi 19 mars 2020

7/7 Bitcoin - Regards vers l’avenir


Note : cet article a été écrit avant que la crise du coronavirus ne s'étende au reste du monde, provoquant un confinement en France. J'ai décidé de le publier tel quel.



« La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes »                                                                                                    John Maynard Keynes.


Je voulais commencer mon article en citant le proverbe bien connu : « la prédiction est un art difficile, surtout lorsqu’elle concerne le futur ». Mais je n’en ai pas trouvé l’auteur de manière certaine.  Et pourtant, Dieu sait que cela m’embêtait de citer Keynes !

Pour en revenir au fond du sujet, il y a un aspect essentiel à ne pas négliger lorsqu’on essaie de prédire le cours futur du Bitcoin : le comportement des « baleines », ces investisseurs de la première heure, dont on dit qu’ils sont très peu nombreux (de l’ordre du millier) et contrôlent environ 40% des Bitcoins en circulation.

Si cette hypothèse qui semble très vraisemblable est avérée, quels sont les points à garder à l’esprit :

D’abord, le fait que les baleines ont avant tout intérêt à ne pas bousculer les cours. Il est peu probable qu’un de ces grands possédants se déleste de sa cryptomonnaie sans se soucier de ce qu’il adviendra de l’actif en question. Au contraire, les baleines ont des « Dark Pools » à leur disposition pour écouler dans la durée sans perturber le cours.
Il faut également garder présent à l’esprit le fait que les baleines qui ont conservé leurs Bitcoins au travers de la période de 2017 qui a amené le cours du Bitcoin aux portes des 20 000 dollars … ne le lâcheront sans doute pas avant un montant significativement plus élevé. Et sans doute qu’elles conserveront une partie significative de leur patrimoine en Bitcoins.

Ensuite, il ne faut pas rester très loin du compte twitter de « Whale Alert », compte qui répertorie les mouvements de grande ampleur du Bitcoin et des principaux « Altcoins ».


D’ailleurs à ce sujet, une interview du fondateur de ce compte Twitter indique que les « baleines Bitcoin » seraient une espèce en voie d’extinction.

Au-delà de ces 2 aspects, voici un certain nombre de facteurs qui pourraient (qui devraient) en tout cas dans un premier temps favoriser l’augmentation des cours : 

Ø  Le comportement de la génération Z : les personnes vivront la quasi-totalité de leur vie d’adultes avec des cryptomonnaies. Elles seront donc moins susceptibles de se poser des questions quant à leur légitimité. Et pour la génération Alpha, qui vient après, ce sera une évidence.

Ø  L’intégration des smartphones avec l’écosystème des cryptomonnaies.
Aujourd’hui, l’acquisition de cryptomonnaies reste complexe, même si quelques néobanques, en particulier Revolut, tendent de rendre le processus plus simple.
L’autre aspect concerne l’intégration de la gestion des clés privées directement dans le téléphone. Samsung est à la pointe sur ce sujet.
Le géant Sud Coréen, qui a pris l’année dernière une participation dans le français Ledger a intégré le Samsung Blockchain Keystore dans sa gamme de Galaxy S20, S20+ et S20 Ultra, qui sortira prochainement.
Le Exodus 1s du Taiwanais HTC a été lancé récemment et est, pour sa part, capable selon le constructeur de faire tourner un nœud Bitcoin (prévoir une carte SD conséquente quand même).
Je pense que, très prochainement, des solutions permettront aux possesseurs de téléphones de miner des Bitcoins ou d’autres cryptomonnaies directement depuis leurs téléphones.

Ø  L’arrivée des fonds institutionnels : c’est, de loin, le point le plus important, selon moi.
Les fonds institutionnels sont encore frileux. Un ETF lèverait beaucoup de leurs réticences. Mais pour l’instant, la SEC refuse d’accorder la création d’un ETF sur des soucis, probablement justifiés, de manipulation de marché ou de brusques mouvements à la hausse ou à la baisse.
Le site skew.com donne des informations intéressantes sur l’intérêt des institutionnels pour les futures du Bitcoin, mais la plupart sont en accès payant.

Si cela se produit, et au rythme actuel, cela ne pourra avoir lieu avant le halving : attendez-vous à voir le cours du BTC exploser à la hausse.

En attendant, le Digital Asset Investment Reports de Grayscale, disponible gratuitement, donne de bonnes indications sur l’intérêt des institutionnels : la tendance est bonne.


Source : Grayscale Digital Asset Investment Report



En tout et pour tout, un certain nombre de facteurs peuvent fortement déclencher le bull market tant attendu par les acteurs du marché.

Mais le pire ou le meilleur n’est jamais certain.
Le site BitcoinEconomics (encore lui) a fait un travail formidable pour recenser l’ensemble des prédictions sous forme de graphe.
De ce travail, il ressort que, selon l’auteur, 95-99% des prédictions sont incorrects. 


Charte Predictions & Models – Source : BitcoinEconomics.io

Ce modèle tire d’autres conclusions, en particulier sur le fait que pendant 2 à 3 ans après les sommets de valorisation, les prédictions sont toujours surestimées, ce qui semble logique.
L’auteur du site en conclut que le nouveau sommet se situera entre 2023 et 2024, ce qui personnellement me semble irréaliste, car il ne prend pas en compte l’impression monétaire que probablement, les banques centrales seront obligées de mettre en place dans les mois et les années à venir.

N’oublions pas que les prédictions les plus populaires sont souvent le fait d’individus qui ont intérêt à ce que le cours devienne stratosphérique ( John McAfee) ou au contraire qui souhaitent qu’il morde la poussière ( Roubini, Stiglitz). 


Charte graphique des prédictions du cours du Bitcoin en 2018 – Source : ArzDigital


Y a-t-il quelque chose qui pourrait ralentir ou même provoquer une forte baisse voire une extinction de la valeur du Bitcoin ?

Là encore, il y a pas mal de facteurs qui pourraient jouer en ce sens, à commencer par le remplacement du Bitcoin par une autre cryptomonnaie plus efficace, même si aucune n’en prend le chemin.
Je donnerais à cette hypothèse une probabilité de 20% seulement, surtout que si un concurrent prend de l’importance, je ne doute pas qu’une équipe se charge d’implémenter ses « avantages » sur la blockchain Bitcoin.

Une autre possibilité serait un réveil des principaux gouvernements ( Chine, Russie, USA,…) aiguillées par leurs banques centrales respectives, terrifiées par l’augmentation constante des valorisations des crypto-monnaies, surtout si cela s’effectue au dépend de leur propre monnaie papier, et donc de leur pouvoir.
Je pense que cette opportunité ne se produira pas avant qu’un Bitcoin n’atteigne les 100 000 dollars, et elle sera difficile à mettre en œuvre.
Si cela se produit, les possesseurs du Bitcoin seraient relégués à un usage illégal, ce qui reste malgré tout une part non négligeable du commerce mondial.

Il est possible aussi que le Bitcoin doive faire face à de grosses perturbations du réseau Internet dont il est tributaire et que les gens reviennent aux fondamentaux que sont les métaux précieux.
Ou qu’une avancée technique significative permette à une entité gouvernementale ou autre de lancer avec succès une attaque des 51% sur la blockchain, voire de factoriser très rapidement la clé privée à partir de la clé publique en utilisant la cryptographie quantique… Sauf que même dans ce cas, des parades existent.
Des développeurs réfléchissent même à des moyens permettant de faire transiter des Bitcoins en se passant d’Internet.

En fait, en y réfléchissant sérieusement, le risque le plus sérieux concernant Bitcoin est celui d’une crise monétaire gigantesque couplée à une profonde dépression économique qui amènerait les peuples à avoir d’autres préoccupations que celles de miner des monnaies électroniques décentralisées.

Et donc, même si cela est peu probable, il n’est pas exclu qu’un jour, le Bitcoin meurt de sa belle mort.

Et puisqu’on en parle, je vous donne une page amusante :  voici un site qui répertorie le nombre de fois où Bitcoin a été déclaré mort.
La première fois était en 2010 ( !) dans un article de « The Underground Economist », un site qui n’a pas survécu…
La dernière en date du 31 Décembre 2019 a été faite sur le plateau de Yahoo ! Finance (un site qui aurait mieux fait de se préoccuper de sa propre survie) où les participants le comparent à un système pyramidal.
En tout, Bitcoin a été déclaré mort ou totalement inutilisable près de 380 fois.

Je vous ai prévu un 8ème et dernier article dans lequel je fais le point sur le crypto-monnaie idéale, celle que nous rêvons tous d’avoir dans le futur … Et ce n’est pas le Bitcoin.



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