dimanche 22 décembre 2019

Zemmour, Napoléon et l’histoire de France



Moi qui ne regarde habituellement pas la télé, je dois dire qu’il y a depuis peu une émission qui me force de plus en plus à contempler le petit écran, même si je peux bien sûr visionner les épisodes qui me manquent sur Youtube ou Dailymotion.

Je veux parler de l’émission Face à Face sur CNEWS, animée magistralement par Christine Kelly.

Cette émission met le journaliste Eric Zemmour en face d’un contradicteur pour un débat d’une trentaine de minutes, durée qui n’est pas excessivement longue mais permet à chaque débatteur d’expliciter son point de vue, … sauf bien sûr quand il s’agit de Bernard Henri Levy, dont le manque criant de culture et l’incohérence globale ne lui laisse d’autre choix que de couper en permanence la parole de Zemmour.

Mais passons…


L’une de ces émissions, en particulier m’a marqué, celle-ci-dessous et je voudrais brièvement partager les réflexions qu’elle m’inspire.


Tout d’abord, Zemmour est exceptionnellement cultivé.

Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il pouvait difficilement trouver une émission qui le mette en valeur : le niveau culturel général à la télévision est trop bas. Ses contradicteurs n’ont pas le niveau à de rares exceptions près : Michel Onfray,  Matthieu Bock-Côté et sur cette émission, Thierry Lentz.

Les adversaires de Zemmour ont tout le landerneau médiatique à leur disposition. Ils ne sont même pas obligés de travailler leurs dossiers. 
Les personnes qui comme Zemmour dénoncent le système se doivent d’être excellents pour, tel Jean II, se garder des attaques des droite et de gauche.

Pour aller plus loin sur ce sujet, franchement, je ne comprends pas pourquoi l’émission « Zemmour & Naulleau » ne s’appelle pas tout simplement « Zemmour & Co ».  Il faut le dire : la grande majorité regarde avant tout l’émission pour Zemmour. 
Donc, lorsqu’on entend Naulleau dire qu’il pense arrêter de travailler avec Zemmour, on est pris d’un rire assez énorme qui pourrait presque dégénérer en quinte de toux.

Dans le cadre du face à face référencé plus haut, Thierry Lentz est excellent : il domine son sujet de la tête et des épaules.


Ensuite, pour parler du fonds, bien que connaissant dans les grandes largeurs l’histoire de Napoléon, je ne m’étais pas suffisamment rendu compte, je dois bien le confesser, à quel point Napoléon était un génie.

Il faut écouter ces deux-là parler de Napoléon pour comprendre la faculté de celui qui, parti de rien, réussit en quelques années à pacifier la France, alors ruinée par la Révolution et à dominer toute l’Europe (c’est-à-dire le monde, si vous m’excusez ce raccourci) à l’exception de la perfide Albion.

On entend également que, contrairement à une idée répandue, la très grande majorité des guerres que Napoléon eut à mener lui furent imposées de l’extérieur.

On sait moins, et l’extrait n’en parle pas, que Napoléon fut un très grand précurseur sur le plan des ressources humaines : c’est lui qui a suscité et imposé la promotion au mérite. Ce qui tombe sous le sens aujourd’hui ne l’était pas à l’époque où le commandement revenait de fait à la noblesse.

Le mouvement de destruction de l’histoire de France au travers des livres d’histoires, dont parle Zemmour est extrêmement inquiétant et, sans verser dans le complotisme, me semble bien faire parti d’un projet visant à saborder la fierté légitime que les français devraient éprouver envers leur pays.

La théorie particulièrement intéressante d’Eric Zemmour selon laquelle la France avait vocation à rassembler toute l’Europe derrière elle, devrait presque être enseignée à l’école. En cette période de mondialisation potentiellement malheureuse, nous avons besoin d’histoires comme celles-ci pour continuer à croire que l’Histoire s’écrira avec nous.

Toujours selon Zemmour, Napoléon aurait pressenti dès 1800 que l’on entrait dans l’ère des puissances globales, et que la France ne pourrait en être, qu’en agrégeant l’Allemagne rhénane et l’Italie du Nord.

Si c’est vraiment avéré, alors ce type est vraiment un incroyable génie !

Bien sûr, il y a les citations incroyables de prescience qui lui sont attribuées : « laissons la Chine dormir. Car quand elle se réveillera, le monde tremblera », mais il faut être honnête : cette situation ne peut pas être attribuée avec certitude à Napoléon.

L’écoute de ce débat entre les deux contradicteurs a également renforcé mon aversion pour Talleyrand : quelle plaie ce mec ! 
Aujourd’hui, ce serait notre Dominique de Villepin, ou pire encore, notre Jacques Attali...


Je ne connaissais pas cette situation de Giscard : « Si Napoléon avait gagné, on aurait gagné 2 siècles », ce qui veut dire que le projet européiste ne renierait pas les ambitions de Napoléon.

L’autre aspect intéressant, vers la fin du débat correspond au parallèle entre la Grande Histoire et ce qui se passe en ce moment, avec la Russie, avec les Etats-Unis.

Le prisme de l’histoire pour illustrer le rapprochement actuel de Macron avec la Russie, et plus généralement le fait qu’il y a des permanences est excellent.

On revient ainsi aux fondamentaux, après avoir cru comme dirait Fukuyama que l’Histoire était terminée.
Et cela renforce à mon avis, l’importance de l’enseignement de l’Histoire de France à l’école


Les trois dernières minutes consacrées au « piège de Thucydide » et aux relations entre Chine et Etats-Unis concerne ces sujets géopolitiques qui me fascinent tellement que jusqu’à il y a peu, j’avais même du mal à concevoir qu’elles n’intéressent pas ma famille, mes relations, mon cercle d’amis.

Lorsque dans mes discussions, je soulève un petit peu les sujets de géopolitique ou de prospective, je lance le débat, je tourne la tête autour de moi, et je note sobrement : tout le monde s’en fout.


lundi 11 novembre 2019

Chirac - Bis



La lecture de cet article a suscité en moi deux réactions :

1)     Chirac était quand même un sacré opportuniste, pour ne pas dire un beau salaud.
Etre dévoyé à ce point, cela inspire presque le respect.
Nous avons eu quatre présidents qui ne l’étaient pas (président) :  Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande.
Je ne vois pas que la France puisse s’en relever facilement, à supposer que la chose soit possible.

Vous noterez que je place Macron sur un autre plan que les 4 qui l’ont précédé. Non pas que je sois un grand fan de Macron, mais je pense qu’au moins il a une posture plus présidentielle que ses prédécesseurs.
Il fait à peu près ce qu’il a dit, même s’il n’est pas en phase avec les attentes majoritaires des français. Sur le sujet de l’immigration, il est complètement dépassé. Il est incapable d’imaginer qu’il y a actuellement un « trop plein ».

De tous les présidents de la Vème République, le pire à long terme selon moi, fut Mitterrand. Et le plus ridicule fût François Hollande. Deux présidents de gauche. Ce n’était pas une écrit : je ne suis pas systématiquement contre les présidents de gauche. Je pense que Rocard ou même Jospin auraient fait des présidents acceptables.
Mais Hollande est une blague absolue. Je ne le trouve pas président, pas charismatique et pas drôle (contrairement à ce que l’on entend souvent dire).

2)     Je n’ai pas le dixième du quart du talent littéraire de Michel Onfray. Je sais bien qu’il faut « caresser sa phrase pour qu’elle finisse par nous sourire », mais je pense que j’en suis très loin.
Il me faut travailler encore et encore sur le rythme et sur les mots.
Après deux décennies d’emails, je suis convaincu d’avoir perdu en compétence en matière littéraire.
Ce blog est notamment une tentative (désespérée ?) pour renverser la vapeur.





vendredi 1 novembre 2019

Stock Picking à la bourse de Paris



Une fois n’est pas coutume, je souhaite partager avec vous les achats en Bourse que j’ai effectué hier matin (jeudi 31 Octobre), sous l’inspiration du moment.

L’objectif n’est pas du tout de me vanter d’avoir acheté à si bon compte. Du reste, je ne sais pas et je ne saurai pas avant la revente si j’ai fait une bonne affaire. Il se trouve que j’ai acheté ce matin, de manière somme toute très modeste, 3 actions et que j’ai laissé trainer un ordre de vente sur la quatrième.


La première de ces actions, celle pour laquelle mon ordre n’est pas passé justement est la société Moulinvest.

Moulinvest est une société de la filière bois, un secteur d’avenir selon moi. Leur gestion est intégrée et ils ne se contentent pas de proposer des produits de bois, mais ils s’intéressent à des secteurs clés tels que la production de granulés de bois ou la génération de biomasse.

Si l’on regarde les chiffres, ils capitalisent un peu moins de 11 Millions d’Euros pour un chiffre d’affaires de 61,3 millions d’euros sur l’exercice 2017-2018 sur un chiffre d’affaires qui a de bonnes chances d’augmenter.

Le marché les a sévèrement taclés à la suite de la publication des résultats du 1er semestre où ils n’annonçaient qu’un résultat de 1,2 M€ !  Un résultat net « conservateur » de 2 M€ est à prévoir et ce montant est un minimum, du fait que le second semestre est en général meilleur.
De plus, le groupe se développe bien, en particulier à l’international.

Pourquoi le marché dédaigne-t-il autant la valeur ? D’abord, par un effet auto-réalisateur du fait que les petites valeurs n’intéressent pas grand monde, surtout en période marché haussier entretenu.

Ensuite, il semblerait qu’un certain nombre de fonds liquident leur position sur la valeur (cliquez sur les images pour les agrandir).


Troisièmement, le second semestre marque le pic des investissements ce qui a pour effet de monter sa dette. Mais celle-ci correspond à des achats immédiatement relutifs sur l’activité.
Enfin, le groupe n’en a cure : Moulinvest ne se préoccupe absolument pas de sa communication financière avec des avis de publication réduits au minimum légal.
On a l’impression qu’ils ont eux-mêmes abandonné la bourse.
D’ailleurs, la suite logique sera probablement une offre de retrait de la bourse avec, on l’espère, une prime intéressante pour les petits porteurs.
En attendant, le cours reste une excellente affaire à ces niveaux.




La seconde de ces actions est EUTELSAT.
Cette société a eu le malheur d’annoncer le 30 Octobre un chiffre d’affaires légèrement en retrait, chiffre qu’elle a expliqué par des retours //.
Ces déclarations ont entraîné en séance une baisse de l’action de plus de 10%.
S’agissant d’une société rentable, qui s’apprête, au mois de Novembre, à délivrer un dividende de 1.27 €, la correction me semble exagérée. Le rendement est d’ailleurs l’un des points forts de cette société et ce depuis plus de 15 ans. On dispose ainsi d’un rendement bien supérieur à 5%.

Le PER estimé pour 2019 est à 12.56, ce qui n’est pas rien, mais Eutelsat est une société évoluant sur un secteur plutôt restreint.




La baisse du C.A. est une éventualité, pourtant la société a des projets d’avenir dans ses cartons : une vraie connectivité haut débit dans les avions, ainsi qu’un déploiement satellitaire à l’attention de l’Internet des objets, effectué en partenariat avec Sigfox.


A long terme, je ne compte pas garder Eutelsat. L’activité risque d’être impactée par une forte concurrence qui s’annonce sur le secteur des satellites, notamment les offres en basse orbite des Starlink (SpaceX), OneWeb et autres opérateurs spécialisés. 
Mais dans le titre de l’article, on parle bien de « stock picking » n’est-ce pas ? Cette action pourra, je le pense être revendue vers 18 €, après versement du dividende.




La troisième action intéressant pour laquelle mon ordre d’achat à 12.73 € est passé est Maisons du Monde.

Je ne suis pas un grand fan de Maisons du Monde, car pour faire une comparaison sans doute un peu trop simpliste, on peut dire qu’ils font construire à bas prix en Chine, pour vendre en France à des prix occidentaux. Sauf que les AliExpress et consorts commencent à agir de ce côté-là.

Il n’empêche : la société a accusé une baisse de l’ordre de 15% en bourse alors même qu’elle venait d’annoncer une augmentation de son C.A. et pour une petite baisse ( ½ point) d’EBITDA. C’est la remarque d’un utilisateur du forum Boursorama qui résume le mieux la situation :


Le cours tutoie ainsi ses plus bas niveaux sur 5 ans, sans qu’il y ait d’annonce catastrophiste.


Le PER estimé est en dessous de 10 et le rendement supérieur à 3%. Les perspectives de long terme ne sont pas remises en cause, l’ouverture de nouveaux magasins est confirmée.

Evidemment, le cours peut poursuivre sa baisse, même si l’analyse technique le signale survendu, mais je me tiens prêt à en racheter près du premier support à 11.95 €.
Là non plus, je ne compte pas rester très longtemps au capital de MDM, mais si cela devient nécessaire, je pourrai camper sur place et même renforcer.




La quatrième et dernière action qui a fait l’objet de mon intérêt est Renault (RNO). Je dois dire que je n’aurais probablement pas acheté cette action, si je n’en détenais pas déjà un peu à un prix légèrement supérieur. J’ai donc acheté des actions RNO à un prix unitaire de 45.66 €.

L’action est en fait à la baisse depuis bien longtemps, en tout cas depuis les déboires liés à l’affaire Carlos Ghosn et sans doute avant.
Là aussi on est sur des plus bas de 5 ans.


Le dividende reste élevé et Renault dispose très probablement (je n’ai pas vérifié) du PER le plus bas de tout le CAC40. N’oublions pas que la trésorerie de Renault reste largement excédentaire.

Evidemment, le marché sanctionne les flottements, le départ du directeur général ainsi que l’annonce de rapprochement entre Fiat et PSA.

Mais l’essentiel du sujet n’est pas là : à 13,53 milliards d’euros, RNO capitalise à peine plus que sa participation de 45% dans Nissan !

J’abonderais presque dans le sens de « surfer1 » :

C’est comme si toutes les usines, le savoir-faire, etc… de RNO ne comptaient pour peu de choses.

Comparez par exemple la capitalisation de Renault à celle, au hasard de… Tesla !
Telsa qui, soit dit en passant, n’arrive pas à vendre 100 000 voitures sur un trimestre, dont les ventes se sont effondrées aux Etats-Unis est devenu la première valorisation mondiale des constructeurs automobiles devant GM.

Je sais que j’ai promis un article sur la filouterie qu’est Tesla : ils ne perdent rien pour attendre… Ayant dit (ou plutôt écrit) cela : je reste admiratif de la performance d’Elon Musk, même si je maintiens qu’il aurait dû passer la main à des managers expérimentés aussi bien chez Tesla que SpaceX.
Pour en revenir à RNO, j’espère pouvoir revendre mes actions autour de 50 €. Mais là encore, je suis prêt à attendre.




En quoi cette information est-elle intéressante ?

Et bien, il faut replacer dans le contexte.
Nous sommes dans la situation très paradoxale où la Bourse avec un B ne doit surtout pas baisser de par la volonté des banques centrales qui impriment des tombereaux (des silos) d’argent et où les actions qui sortent de l’ordinaire sont traitées presque comme en période de dépression.
Les banques centrales raisonnent avant tout sur les indices : le CAC40, le DAX, le Dow Jones, etc… Elles veulent, surtout aux Etats-Unis où le sentiment de richesse global est très fortement corrélé à l’état du marché des actions, continuer de faire léviter les actions. Aux USA toujours, ce sentiment est encore accentué par Le Donald qui considère que sa réélection future tient au niveau de l’indice Dow Jones. 

Et bien même aujourd’hui dans un environnement où toute l’information circule instantanément et où un très grand nombre d’investisseurs sont tous à la recherche de la dernière pépite … au point d’investir dans des gouffres à pognon ( Uber, Lyft, Tesla, Slack…), de chercher la dernière cryptomonnaie à la mode, voire d’acheter des obligations à rendement négatif … Il existe des entreprises bien gérées, peu valorisées qui délivrent du rendement, et donc l’achat reste véritablement un placement de père de famille.

Comme diraient les chinois, nous vivons décidément des temps intéressants…


samedi 26 octobre 2019

L'immobilier à Paris



Il semblerait que la qualité de vie se soit dégradée à Paris. C’est un peu mon ressenti, lors de mes missions sur place. La dernière remonte à cette semaine.

Le fait que la mairie de Paris soit depuis près de 20 ans aux mains des socialistes n’arrange rien. Pour être juste, Bertrand Delanoë n’était pas un mauvais maire, mais Hidalgo est une catastrophe absolue, à tel point qu’elle a compté dans ma décision de quitter la capitale pour de bon en 2014.
Quand je vois le choix qui se présente aux municipales de 2020, entre Dati, Hidalgo et Griveaux, je me dis que notre belle capitale est foutue. Heureusement que Cédric Villani remonte un peu le niveau.
Il y a quelques jours, je suis tombé sur un message de Laurence Havel, secrétaire de l’Institut pour la justice, qui relayait le ressenti d’un anglais, le docteur Théodore Dalrymple.

Je vous le livre, in extenso, en espérant que Laurence Havel, dont je soutiens l’association ne m’en tiendra pas rigueur :
« Deux choses me déplaisent ou m'inquiètent lors de mes visites à Paris. Le premier est le caractère hideux de presque tout ce qui a été construit depuis 1945 et le second est le nombre de resquilleurs dans le Métro. Je les observe avec une fascination horrifiée.

Les resquilleurs semblent se diviser en deux catégories principales : ceux qui sautent par-dessus les barrières et ceux qui vous poussent par derrière pour franchir les barrières, comme si votre ticket était un ticket pour deux. Ces derniers sont plus souvent des femmes que des hommes.

Ce qui me frappe le plus chez les resquilleurs, particulièrement chez ceux qui sautent vigoureusement par-dessus les barrières, c'est leur impudence. Ils enfreignent la loi au su et au vu des autres passagers, et beaucoup d'entre eux semblent avoir une allure triomphante une fois qu'ils sont sur le quai, comme s'ils venaient d’accomplir quelque chose d'assez remarquable. Loin de dissimuler leur délit, ils semblent presque s'en vanter et le jeter à la face des spectateurs.
Ma femme (qui est, ou a été, parisienne) et moi-même essayons parfois d'arrêter ceux qui poussent derrière nous dans leur tentative de voyager avec nos billets, mais ils réagissent à nos efforts non pas avec embarras, comme s'ils étaient pris en flagrant délit, mais avec indignation, comme si nous violions leurs droits, et comme si nous n'avions ni le goût de l’amusement ni le sens de l'humour. Dans la Gare du Nord, j'ai vu une fois un jeune homme arracher un téléphone portable de la veste d'un touriste américain, qui fut assez rapide pour le lui reprendre. Le visage de l’apprenti voleur n'exprimait pas la peur ou l'embarras, ni même la déception, mais l'indignation devant l'acte de lèse-majesté commis par le touriste. C'était comme si le voleur considérait son vol comme une forme légitime de perception de l'impôt.

Personne n'ose intercepter ceux qui sautent par-dessus les barrières du métro, qui pour la plupart sont, bien sûr, jeunes et en forme. Les autres passagers ont probablement peur de le faire, car certains resquilleurs pourraient avoir des couteaux sur eux et personne ne voudrait mourir pour un tel motif. Bien sûr, si les passagers honnêtes se regroupaient ils pourraient facilement dominer un seul resquilleur, mais parfois ils sont deux ou trois à la fois et de toute façon les gens sont occupés ; une telle action leur ferait perdre du temps et pourrait leur causer des problèmes juridiques fastidieux. L'impunité est la meilleure partie de la vaillance.

Je soupçonne également (bien que je ne puisse pas le prouver) que d'autres pensées et sentiments inhibent leur action. Les resquilleurs sont principalement jeunes et probablement relativement pauvres ; ils pourraient être au chômage. Le fait qu'ils soient souvent équipés d'iphones et de chaussures Nike ou Adidas les plus récentes et les plus absurdement chères ne rentre pas en ligne de compte : ces biens pourraient avoir été volés plutôt qu'achetés. Mais les resquilleurs sont pour la plupart des défavorisés et certains d'entre eux au moins appartiennent à des minorités ethniques. Ils sont donc poussés à frauder par nécessité plutôt que par malignité, ou alors ils se vengent d'une société fondamentalement injuste et de plus en plus inégale, dans laquelle certains peuvent facilement se payer un ticket de métro et d'autres pas. Essayer de les empêcher de frauder serait donc ajouter l’injustice à l’injustice.

Ces pensées et ces sentiments sont une rationalisation de la complicité de fait avec les resquilleurs. Ils apaisent le désagréable sentiment de culpabilité et d'impuissance qu’éprouve le citoyen face à la petite délinquance dont il est chaque jour témoin et qui autrement le pousserait au désespoir. La publicité accordée depuis de nombreuses années aux théories sociologiques, criminologiques et psychologiques qui excusent le crime ont sapé la confiance des citoyens dans leur propre jugement moral et dans la légitimité de tout système concevable de justice pénale, et pas seulement de celui qui existe aujourd’hui. Il est difficile de réprimer la criminalité dans de telles conditions – la criminalité qui, nous devons toujours nous en rappeler, frappe les pauvres bien plus que les riches.
 »


Ce n'est qu'un aspect du problème. Il y en a beaucoup d'autres, malheureusement. 




Bien. Donc la qualité de vie se dégrade sur Paris et ceci est attesté par de plus en plus de parisiens, y compris des célébrités.

Qu’en est-il des coûts ? Le Parisien et d’autres journaux rapportent que la taxe foncière a explosé à Paris. En 10 ans, l’augmentation dépasse le taux d’augmentation de toutes les autres villes françaises.




En parallèle les prix continuent d’exploser à des niveaux plus que délirants. Si l’on cherche un pied à terre à Paris, voici ce que l’on peut trouver sur le site BellesDemeures.com.


Evidemment, c’est dans le 6ème, mais quand même : quelqu’un capable d'absorber ce genre de prix ne va certainement pas y habiter lui-même. C’est donc un investissement. Bonne chance pour récupérer son investissement à ce prix. Je ne crois pas qu’une location même à des prix élevés permette d’obtenir une rentabilité supérieure à 2%.

Je connais la plupart des arguments que l’on peut m’opposer :
  •      Paris sera toujours Paris.
  •      C'est un phénomène que l’on observe dans toutes les capitales du monde.
  •      L’essentiel du business est centralisé à Paris. Donc, il est impératif d’y être.

Je connais ces arguments, qui ne sont pas totalement faux.

En réalité, tout cela se rapporte à une chose : la bulle d’argent, créée et entretenue au mépris de tout le reste, par les banques centrales, en particulier Mario Draghi. Tant que cette bulle continuera, tout est possible, y compris bien sûr une poursuite de la hausse.
Et donc, c’est cette bulle qu’il faut faire exploser en premier. Tout le reste suivra.



dimanche 20 octobre 2019

Les films dans l'avion



En rentrant cette nuit de Djibouti par le vol Air France, je me suis trouvé à consulter les derniers vidéos disponibles, ce que j’avais également fait à l’aller.

Depuis mes dernières expériences professionnelles, je ne vais plus au cinéma, et je peux dire très franchement que cela ne me manque plus du tout. Je continue de m’instruire sur les sites spécialisés et j’ai l’impression très nette que la qualité de ce qui nous est projeté a globalement baissé depuis 5 ans. Bien entendu, c’est une impression générale : je peux me tromper, et par ailleurs il est presque certain que j’ai manqué de très beaux films.

En tout cas, sur ce vol du retour, j’ai regardé « Ibiza » avec Christian Clavier et Joey Starr.



Ce film m’inspire deux réflexions. D’abord, un soupir attristé quand je repense aux comédies des années 50 jusqu’au début des années 90. Je ne sais pas expliquer ce qui a conduit à un tel appauvrissement du scénario. Enfin bref, n’est pas Francis Veber qui veut.

Ensuite et surtout un sentiment de gêne global en regardant le film. J’ai mis un peu de temps à me l’expliquer, la fatigue je suppose. Et puis, tout est devenu clair.

Dans ce film, Christian Clavier est présenté comme le type un peu vieillot, abandonné par sa femme, qui va se réfugier dans les bras de Mathilde Seigner, elle-même jetée pour une petite coquine dont on ne saura rien, et accompagnée de ses deux braillards, que j’aurais volontiers baffé (au moins le garçon).

Et donc, toute la troupe se retrouve à Ibiza et Mathilde revoit Didier Morville (le vrai nom de Starr) un ancien copain de disco.  
Et bien entendu, ce gars là est fort, athlétique, il incarne l’homme fort viril. Toutes les gonzesses se l’arrachent. A côté, ce pauvre Christian fait vraiment poussif et pas du tout masculin, d’autant plus qu’il se présente comme non violent, le temps de l’humilier avec 2-3 pseudo-gags.

Plus tard, ils se déplacent dans un ilot paradisiaque, à bord d’un hors-bord avec de jeunes bimbos bien blanches qui n’ont d’yeux que pour le bel éphèbe, Didier Morville.

Il y a Olivier Marchal qui est présent et qui a un peu de gueule heureusement, mais qui ne se rend pas compte que sa propre femme dont il exalte la fidélité … le trompe avec son meilleur ami, Didier Morville. Tout nous ramène au black.

STOP !


J’en ai par-dessus la tête de ces messages subliminaux qu’on essaie de nous inscrire dans le crane. Vous croyez que je les vois pas ?

A l’aller, j’ai vu (en diagonale) « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » et c’est toujours le même putain de message : l’homme blanc est vieux et sur le déclin. Ses filles vont allez chercher ailleurs leur bonheur affectif. Vive le métissage, vive le vivrensemble.

Je pourrais aussi citer « Intouchables » : toujours ce même schéma du blanc impuissant (d’une manière ou d’une autre) et du noir qui est l’homme alpha du film.

Mais qu’est-ce que je vais inventer ? Je déraille ?

Pas du tout. Je suis convaincu de ce que j’avance et ce n’est pas du complotisme.

Continuez à faire vos films à trois centimes d’euros et vos blagues minables. Je ne paierai pas pour cela.
Ramenez-moi Belmondo, Delon, Blier, Gabin, … et on pourra discuter.
Le seul que l’on ait aujourd’hui, qui se rapproche un tout petit des monstres sacrés d’antan, c’est Jean Dujardin. A la rigueur, Guillaume Canet, Pio Marmaï et Gilles Lelouche.



Je terminerai sur une note un peu plus optimiste : Christian Clavier vieillit comme le bon vin, … mais il vieillit.
Ce n’est peut-être pas pour rien que j’ai bossé dans le cinéma. Je connais son remplaçant.
C’est un type que j’ai bien connu dans mon école d’ingénieur et que j’apprécie beaucoup ( même s’il pense peut-être le contraire).

Il n’est pas encore tout à fait mûr, mais je n’ai jamais douté de son potentiel cinématographique et pour moi, Arnaud (Nono) sera un jour en situation de remplacer Christian Clavier.
Il faut juste qu’il assume son renoncement à vouloir garder la ligne.

J’ai la chance à l’ESIEE d’avoir rencontré quelques individus dont je suis persuadé qu’ils avaient le potentiel de devenir acteur et surtout de remplacer nos stars nationales qui, hélas, ne sont pas immortelles.

Si l’on suit ma logique, Alexandre est Thierry Lhermitte.

Et bien sûr, David est Jean-Paul Belmondo.

L'intelligence artificielle

  Je m'aperçois que je n'ai toujours pas écrit d'article sur l'invention la plus révolutionnaire du 21ème siècle, et peut-êt...