samedi 2 mai 2020

Elon Musk : quelques théories sur son comportement récent

Hier, 1er Mai 2020, Elon Musk s'est fendu d'une série de tweets tellement bizarres que beaucoup, moi y compris, ont cru à un piratage de son compte.


Et comme si ce n'était pas assez, Musk a modifié son profil par une image assez particulière.


Bien entendu, le cours de bourse, à la suite de ces déclarations a commencé à se diriger vers le sud.


Et les réactions, en réponse à certains de ses tweets, n'ont pas trainé.

En parcourant brièvement et rapidement les tweets, je suis effaré de voir le nombre de gens qui ont investi des fortunes sur cette action, et qui ne peuvent pas supporter une petite baisse, même si cela laisse le cours à des niveaux stratosphériques.



Il faut quand même savoir que l'on parle d'une société, Tesla, dont la capitalisation est de l'ordre de 150 milliards de dollars et dont le principal, sinon l'unique, vecteur de communication est le compte Twitter d'Elon Musk.
Je crois vraiment que le compte d'Elon Musk est le compte le plus important de Twitter en terme de poids économique.
( dans l'absolu, je dirais que le compte le plus important sur Twitter, toutes catégories confondues, est celui de Donald Trump, @RealDonaldTrump) mais celui d'E.M. n'est pas loin derrière.

Dans la foulée, Elon Musk a confirmé qu'il était en violation de son accord avec la SEC qui stipule qu'il doit obtenir l'accord du conseil pour l'ensemble de ses tweets en rapport avec la société Tesla.

Au final sur la journée du 1er Mai, Musk n'a "réussi" qu'à supprimer 14 milliards de dollars de valorisation de Tesla.
Et le Nasdaq était déjà parti pour une journée rouge, donc il n'est pas vraiment possible d'indiquer précisément quelle part de la perte est due aux tweets "maniaco-dépressifs" de Musk.



Ce qui est intéressant, c'est d'analyser pourquoi un type comme Musk ferait de telles déclarations au point de complètement saborder la valorisation de Tesla.
Et surtout que maintenant, la SEC ne pourra pas rester sans rien faire, comme cela s'est produit tant de fois dans le passé, au risque de vraiment passer pour des clowns !



Plusieurs explications viennent en considération :

1/  Le compte a été piraté.
Nous avons vu que ce n'est pas le cas. Du reste, Musk est un type très prudent avec sa sécurité informatique, et c'est tout sauf un abruti. Il n'aurait du reste pas confirmé ses écrits.

2/ Musk est un grand consommateur de substances illicites, qui ont perturbé son jugement.
Là encore, ce n'est pas le cas. Les messages auraient déjà été effacés. Mais c'est une opinion très répandue.

Vous noterez d'ailleurs qu'il n'a rien dit concernant SpaceX, qui n'est pas cotée. Le type est pleinement conscient de ce qu'il fait.

Donc, il reste l'option selon laquelle, Elon Musk VEUT faire baisser le cours de l'action et/ou se faire éjecter comme CEO, ce qui ne nous explique pas pourquoi...


Cette histoire se produit d'ailleurs à un moment où Musk est sur le point d'obtenir une compensation énorme basée principalement sur la bonne tenue du cours de bourse (et pas sur la rentabilité, bien sûr).


3/ Selon l'idée développée par Gordon Johnson de GLJ Research dans un article de Zerohedge, Tesla a désespérément besoin d'argent frais pour couvrir les pertes induites par la fermeture de ses usines à Fremont.
Sauf que le cours actuel de l'ordre de 700 dollars par action est trop haut pour attirer les investisseurs institutionnels où même des acheteurs industriels.
Tesla pourrait se vendre à Apple ou à Google : la marque est belle, la technologie est là.
Mais, à mon avis, au-dessus de 100 milliards de dollars (pour rappel : la capitalisation actuelle est de 130 milliards) il ne pourra pas revendre, même à une société comme Apple.
Et puis une vente de cette dimension prend du temps (pour être acceptée par les autorités en charge de la concurrence) et il n'a pas assez de temps.

Elon Musk doit donc faire baisser le cours de l'action avant de risquer de faire exploser les niveaux de dette prévus par les conventions sur les liquidités actuelles, ou bien il risque de devoir émettre une alerte de continuité d'exploitation.

Pourquoi pas ?
En clair, cette hypothèse est que, quel que soit le "hype" entretenu autour de la société, son besoin d'argent est trop urgent. Et le COVID-19 est un bouc émissaire bien pratique.
J'ai beau envisager la situation sous cet angle, je n'arrive pas bien à l'expliquer...


4/ La dernière hypothèse plus radicale (ou plus conspirationniste) est celle développée par Rob Schmied sur son fil twitter. Elle étend et développe ce qui a la précédente hypothèse.






Cette théorie est fascinante même si elle n'explique pas tout.
Le fond du sujet est peut-être que Musk est fatigué de devoir gérer 2 sociétés et souhaite se focaliser avant tout sur SpaceX qui est son "bébé" ... en attendant d'accueillir un sixième enfant, d'ailleurs.

Il sait aussi que la société Tesla est désormais trop liée à lui pour pouvoir se désengager sans chaos... Il ne peut pas démissionner

Tout cela expliquerait un peu ses tweets.

Au-delà, il n'y a qu'une certitude : les petits porteurs d'actions TSLA ne seront probablement pas à la fête dans les prochaines semaines. Sell in May and Go Away.



Cela fait des mois (des années ?) que je dis que cette société est le digne représentant de son époque : elle est complètement surévaluée, basée sur le culte de la personnalité d'une seule personne (qui n'est même pas son fondateur),....

Et surtout :  toute l'action de la société depuis des années montre clairement qu'elle se fiche complètement de faire des profits !

C'est évident, et je ne l'entends jamais...
J'ai fait un paragraphe spécial sur Tesla dans mon article sur WeWork sur ce sujet précis.

Attention : il ne s'agit pas de dire que Tesla ne vaut rien ou que ses produits sont mal conçus.
Tesla, dans l'absolu, n'est pas une fraude à l'actionnaire, comme c'est le cas de WeWork ou Enron, par exemple.
Tesla fait des produits extraordinaires, très innovants, qui ont des années d'avance sur la concurrence, ... mais n'a pas fait un bénéfice depuis des années (et ne me parlez pas de la vente des droits à polluer).

Si, comme moi, vous avez lancé votre business, et bien vous savez parfaitement que l'obligation de faire du profit, c'est un tout autre terrain de jeu que de lancer un nouveau produit ou de faire du chiffre d'affaire. 











mardi 28 avril 2020

Le marché a-t-il toujours raison ?

"Le marché a toujours raison"
Abruti Anonyme


Je connais bien cette affirmation selon laquelle "le marché a toujours raison" : c'est ce que me dit régulièrement d'un air satisfait, l'un de mes amis, comme s'il venait de démontrer l'un des trois principes de la thermodynamique, et à chaque fois qu'il m'annonce cela, avec son air repu, j'ai envie de lui annoncer dans la foulée qu'il est le plus grand sottard de la création !

Mais je ne dis rien. C'est mon ami, après tout. Aujourd'hui, j'ai quand même décidé d'écrire, ... pour lui et pour tous ceux qui prennent une expression fausse pour expliquer la situation des marchés financiers.  

Le marché n'a pratiquement jamais raison.
Ce serait même la situation inverse : le marché a toujours tort.

Je dirais que le marché a toujours tort parce qu'il surestime la valeur d'une action ou bien au contraire parce qu'il la sous-estime.

Il est donc en sur ou en sous évaluation, parfois pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.
Il peut à la fois la sous-estimer sur le court terme et la surestimer sur le long terme, ou bien l'inverse.

Quand je dis que le marché a toujours tort, je ne dis pas cela par dépit d'avoir été, dans le passé, à contre-courant de la tendance majoritaire. Je souhaite simplement prendre acte du fait que les oscillations permanentes des cours représentent pour l'investisseur un rattrapage du marché dans un sens ou dans l'autre, plutôt qu'un challenge de court terme pour le day trader consistant à courir en permanence derrière les variations des cours.

L'objectif de l'investisseur "value" est de se positionner sur ce qu'il pense être une anomalie de marché justement pour profiter à plus ou moins longue échéance d'un rééquilibrage du marché, celui-ci réalisant globalement, qu'il a mal valorisé l'action.
L'objectif, donc du bon investisseur, c'est de se positionner à l'achat ou à la vente, sur une valeur, et d'attendre que le marché réalise son erreur.

A-t-on des exemples de sociétés ou le marché continue d'avoir tort sur la durée ?
Oui, bien sûr, il y en a plusieurs.

On peut citer Tesla qui n'a jamais fait de résultat d'exploitation positif (autrement qu'en vendant des droits à polluer) et qui n'en fera sans doute pas, avant très longtemps.
Ce genre d'anomalie ne serait pas toléré, dans le cadre d'un vrai marché sain.
Mais ce que nous avons aujourd'hui sur les systèmes financiers, n'est pas un marché au sens où on l'entend habituellement, c'est à dire un lieu de rencontre de l'offre et de la demande.

A l'inverse, on peut citer une petite société française, telle que Cofidur (ALCOF) dont la capitalisation actuelle est bien en dessous de sa trésorerie nette, et qui est rentable depuis de nombreuses années. Et qui le restera probablement dans le contexte actuel, en dépit de la crise engendrée par le Covid-19.



Il y a aussi et je dirais presque, il y a surtout, un autre facteur qui entre en jeu : l'impression des banques centrales qui fausse l'ensemble du jeu.
Quand vous achetez une action 50 € et que la quantité d'euros mise à disposition globalement par la Banque Centrale Européenne double, il est logique que sans rien faire, le montant de cette action s'établisse désormais à 100 €. Il y a plus d'euros disponibles pour acheter la même quantité d'actions. Pour le coup, c'est la simple loi de l'offre et de la demande.

C'est pour cela que la valorisation d'une action est une opération très complexe voire impossible à calculer à l'instant T : il se peut que le cours d'une action puisse grimper alors que le comportement du sous-jacent (les résultats de la société) ne soient pas satisfaisants, simplement parce que la quantité de monnaie dans laquelle elle est valorisée a crû de manière exponentielle.

Mais bien sûr, ayant écrit cela, j'entends bien ce que signifie l'expression "le marché a toujours raison". Cela signifie avant tout : "ne luttez pas contre le marché, c'est à dire contre les forces de l'argent là quand elles s'imposent à vous".






samedi 25 avril 2020

Total Gabon : une très belle anomalie de marché


Je sais bien qu'il y a déjà trop d'articles financiers ou relatifs à l'investissement sur ce blog.

Mais enfin, je ne résiste pas à la tentation d'un très court  article pour attirer l'attention sur le cas très particulier de la société Total Gabon ( code : GA0000121459).


Total Gabon a annoncé pour l'exercice 2019 un résultat net de 50 millions de dollars US.

Le 20 Avril 2020, Total Gabon a confirmé la distribution d'un dividende de 11 dollars USD, ce qui aux cours actuels représente un dividende supérieur à 10%.

Les capitaux propres audités dépassent 2,1 milliards de dollars.
Le flux de trésorerie d'exploitation est de 480 M$ en hausse de 21% par rapport à 2018.

On pourrait bien sûr objecter que la situation actuelle présuppose une dégradation future des comptes.

Non seulement, je suis d'accord, mais je pense que les mois de Mai et/ou de Juin, vont amener des chûtes très fortes du brut.
Je crois que cet article de Loic Abadie est une bonne synthèse de ce qui risque de se passer.

Mais le texte le plus important à lire sur ce sujet me semble être celui publié le 23 Avril par Peter Zeihan sur le site de Zerohedge et sobrement intitulé : "oil : the storm before the really big storm".

L'auteur pense que la crise actuelle n'est pas grand chose à côté de ce qui se passera lorsque le monde manquera d'espace de stockage pour le pétrole. Et cela risque de se produire d'ici à un mois et demi.

Selon Zeihan, la stratégie actuelle des saoudiens qui consiste à inonder le marché de pétrole a pour objectif de "tuer" les pays producteurs moins importants : Vénézuela, Algérie, Nigeria, Iraq...
En finalité, dans un délai plus ou moins important, cela devrait permettre, une fois le gros de la crise passée, de remonter fortement les prix.

Dans le même ordre d'idées, ce tweet rappelle le nombre très important de tankers qui sont actuellement piégés au delà de la côte de Los Angeles.

Je partage ces analyses, et donc le titre risque de baisser dans les mois et les semaines à venir, mais je suis d'avis que Total Gabon a largement les moyens de supporter cette crise, et d'en sortir renforcé par la suite.

Voici ci-dessous le tableau financier pour l'année 2019. Les chiffres sont très solides avec en particulier une trésorerie nette supérieure à la capitalisation (qui va certes sans doute se réduire un peu).


A la lumière des événements actuels et des anticipations futures, on peut considérer que l'année 2020 en cours est perdue pour le dividende, et que celui-ci redémarrera dès 2022 au titre de 2021 avec un dividende peut-être divisé par 2, ce qui correspondra malgré tout à un rendement de l'ordre de 5%. Cela me convient, si cela permet d'attendre dans de si bonnes conditions la remontée future des prix de l'énergie.

Je sais que l'on va me dire que l'environnement est incertain, et que, comme pour le Vénézuela, les ingérences de l'état gabonais peuvent causer des dommages majeurs dans la société.
Cela me parait très peu probable au contraire : l'Etat Gabonais est actionnaire depuis de nombreuses années de Total Gabon qui est un actif très bien géré. C'est un des rares exemples de bonne cohabitation entre intérêts privés et intérêts publics.
A mon avis, il y a plus à craindre d'une ingérence dans la maison mère Total (n'est-ce pas Meeschaert AM ?) que dans sa filiale gabonaise.

Et donc, en ces temps d'incertitude, les cours de Total Gabon sont accessibles pour qui s'engage dans un achat de très long terme.


Cet article ne constitue aucunement un conseil d'achat



lundi 20 avril 2020

Tous les voyants sont au vert pour le Bitcoin


Je me faisais la réflexion ce matin, sans y avoir réfléchi au préalable, que tous les voyants étaient en ce moment même, au vert, concernant la valorisation du Bitcoin.

Je dirais même qu'à ma connaissance, le rapport rendement / risque n'a jamais été aussi bon, oui, même en 2013 lorsqu'un Bitcoin était valorisé moins de 100 €. 



Si l'on reprend ensemble les différentes périodes qui ont marqué l'histoire du Bitcoin :

Jusqu'en 2013, le Bitcoin n'est pas assez connu, hors des cénacles d'experts, et donc on peut fort logiquement penser que cette "expérience" n'aura pas d'impact durable.

Lorsque le Bitcoin se met à connaitre l'ascension vertigineuse de 2013, les gouvernements réagissent plutôt mal, certains l'interdisent et on peut tout à fait penser (c'est d'ailleurs ce que j'ai fait) qu'il y aura une espèce de coordination internationale pour entraver son développement. Curieusement, cela ne s'est pas produit, et le Bitcoin a pu poursuivre son expansion.

Suite à cette croissance très forte, le cours du Bitcoin dévisse lourdement au début de 2014, et il se met à stagner au cours des 2 à 3 ans suivants. L'entrain généré retombe progressivement, sous les sarcasmes des sceptiques.

A partir du milieu de l'année 2017, le cours se met, une nouvelle fois, à augmenter fortement.
Mais cette montée très forte, presque verticale, déchaîne une fois de plus les suspicions des autorités monétaires qui s'époumonent à essayer de démontrer que ces "cryptoactifs" ne reposent sur rien et qu'ils sont avant tout un moyen de faire du blanchiment d'argent ... Comme si le blanchiment avait attendu les cryptomonnaies pour exister.
En parallèle de cette difficulté, le Bitcoin doit affronter l'émergence d'un nombre de plus en plus importants de cryptomonnaies concurrentes qui toutes prétendent remplir la même fonction que lui de manière plus efficace et à un coût moindre. Cela donne du moulin aux tenants des métaux précieux qui indiquent, avec une certaine validité que si le nombre d'unités de valeur de chaque cryptomonnaie est souvent contrôlé à la naissance, le nombre de cryptomonnaies qu'il est possible de créer en vérité infini.
En 2017, le secteur est encore jeune, les algorithmes sont loin d'être aussi développés et le nombre de détenteurs de bitcoins est bien moindre que ce qu'il est en 2020.



Aujourd'hui, je le répète, tous les voyants sont au vert. Bien sûr, étant un marché libre, il peut fluctuer plus ou moins fortement, mais je ne vois pas de raisons qui le ferait s'écrouler durablement.
  • Le Bitcoin a connu de fortes avancées techniques et est sur le point d'en connaitre de nouvelles. Le nombre de développeurs est en augmentation. 

  • La pénétration du Bitcoin dans la sphère financière, en direct et au travers d'instruments financiers adaptés est plus importante que jamais. 

  • En 2020, il n'y a plus de concurrence, à ce stade et pour le futur immédiat entre les cryptomonnaies : Bitcoin est bien établi dans son rôle d'or numérique et ce n'est pas Bitcoin Cash, Bitcoin Satoshi Vision (😆), Ripple, ou même Ethereum qui va le lui disputer.
    Bien sûr, il y a d'autres blockchains et qui sont plus adaptées à d'autres usages. Mais pour ce qui est de constituer une réserve de valeur, de représenter de l'or numérique en quelque sorte, Bitcoin est le roi. Ce n'était pas vraiment le cas en 2017 ni même en 2018. 

  • Au moment où j'écris ces lignes, le nombre de pays où le Bitcoin est complètement illégal est assez faible.
    Sur les principaux pays, la question de bloquer légalement le Bitcoin où même d'entraver son développement, ne se pose plus. Et je pense que les gouvernements du monde entier auront mieux à faire dans les années à venir que d'entraver le développement d'une industrie en devenir. 

  • Le "halving" doit se produire dans moins d'un mois, plus exactement d'ici 3 semaines. La réduction du nombre de Bitcoins attribués en récompense aux mineurs, a en principe un effet relutif sur les prix. 

  • Le cours actuel, de 7000 USD n'est pas du tout au niveau où on pourrait parler d'échauffement ou encore moins de bulle. Il pourrait être multiplié par 2,5 avant que l'on retrouve les plus hauts. 

  • Il n'est pas non plus tout en bas, puisque même la vente panique de Mars 2020 a trouvé sa contrepartie et sur des mains à priori plus fortes.
    En parlant de cela, la majorité des Bitcoins est aujourd'hui entre les mains de "HODLERS" de long terme, qui n'ont pas besoin de leur investissement pour vivre, qui ont survécu à plusieurs crises et qui ne revendront certainement pas avant que le cours ne dépasse ses plus hauts de Décembre 2017.

  • Enfin et c'est sans doute le principal, avec la crise du coronavirus, les banques centrales se sont remises à faire ce qu'elles savent faire de mieux (en fait, elles ne savent faire que cela) : imprimer des tombereaux d'argent. Ces dernières semaines, la Fed a mis ses taux à zéro, rejoignant ses consoeurs du Japon et d'Europe.
    La Fed a annoncé un fonds d'urgence de 2 300 milliards de dollars de prêts pour soutenir l'économie. Pour appuyer ces mesures de bon sens, la Banque Centrale du Bitcoin a annoncé l'impression d'un montant équivalent, soit au cours de 7 000 USD, l'impression nouvelle de 328,57 millions de Bitcoins ... Euh non, je m'égare. 

Cette impression monétaire débridée ne fait que donner raison à la vision de Satoshi Nakomoto, et c'est un argument de plus pour indiquer que même si le Bitcoin ne monte pas, ce seront, en finalité, l'USD et toutes les monnaies papiers qui chuteront.

J'ai beau chercher, je ne vois pas en ce moment, d'élément négatif à moyen terme, pour le cours du Bitcoin.




Cet article ne constitue aucunement un conseil à acheter du Bitcoin ou n'importe quelle cryptomonnaie.









vendredi 17 avril 2020

Coronavirus : quelques réflexions sur l'après-confinement


J'ai essayé pendant ces quelques semaines de publier des articles sans rapport avec le COVID-19.
J'estime qu'il y a suffisamment de sources d'informations, d'avis et de polémiques comme cela, sans en rajouter par ailleurs.
Mais je voudrais quand même présenter quelques réflexions d'ordre plutôt tactique que je n'ai pas vu ailleurs sur la période post-confinement.


1) La problématique des restaurants

On se doute tous que les restaurants auront du mal à la fin du confinement, dont on rappelle qu'en France, elle ne sera pas effective pour eux au 11 Mai.
Je dois dire que je serai particulièrement méfiant à la fin du confinement lorsqu'il s'agira d'aller déjeuner ou dîner dans des restaurants. Et dans le cadre de mes missions, je serai amené à le faire.

Lorsqu'un restaurateur est dans une situation financière critique, et malheureusement cela risque d'arriver, la tentation est gigantesque de faire le maximum d'économies.


C'est une question de survie financière. Et pour un restaurateur, les aliments représentent une partie (pas la plus importante) des dépenses.
Je ne parle pas ici de servir des aliments frelatés, mais d'être beaucoup moins regardant sur la qualité et la fraîcheur des produits servis. Et je ne pense pas aux établissements hauts de gamme, mais aux petits restaurants dans lesquels je me rends régulièrement, quand je vais à l'extérieur.

Je ne serai vraiment pas surpris que nous soyons face à une épidémie d'intoxications alimentaires à la sortie du confinement.

2) La crise et la fermeture d'entreprises

Beaucoup s'imaginent que la crise à la fin du confinement amènera une faillite massive d'entreprises.
Il y aura sans doute beaucoup de redressements judiciaires et de mise en liquidation, mais je ne crois pas à l'hémorragie tant annoncée, tout simplement parce que l'Etat s'y attend, a pris des mesures de

Je pense au contraire que l'état va déployer des efforts énormes ( subventions, annulations de dette,...) pour sauver toutes les entreprises, y compris celles qui, en principe, devraient être en mise en faillite, parce qu'elles sont structurellement ou même conjoncturellement incapables d'être rentables.

Dans cette période pendant laquelle l'Etat s'activera pour remettre à flot son économie, comme si elle pouvait être éteinte et allumée à la manière d'un interrupteur, ce que je ne crois pas, il dépensera un grand nombre de forces et de "cartouches" financières ... qui se révéleront manquantes lorsque la deuxième crise se produira.

Quelle sera la deuxième crise et combien de temps après la crise du virus se produira-t-elle ?

Franchement, je n'en sais rien.

Cela pourrait-être : une crise de l'euro, une résurgence des manifestations de gilets jaunes en France en plus violent, une deuxième vague du coronavirus, ou plus probablement une vague de faillite de grande ampleur ( des compagnies aériennes, des géants de l'immobilier commercial comme URW,...)

Par contre, je pense qu'elle n'attendra pas trop la fin de la première crise : elle pourrait par exemple survenir à la fin de l'année 2020 ou au début de 2021, à supposer que la fin du confinement marque la fin de la première crise.

Les systèmes de protection publics ainsi que les gouvernements, déjà affaiblis par les efforts déployés pour gérer la première crise, ne sauront plus faire face efficacement aux problèmes auxquels ils seront confrontés.
Il en résultera une "supernova" de pognon (ces gens-là ne savent faire qu'une chose : imprimer de l'argent) qui cette-fois, résorbera le problème de la déflation. L'inflation finira sans doute par réapparaitre, et cette fois, il sera difficile de remettre le dentifrice dans le tube...
En d'autres termes, s'ils parviennent à inonder le monde d'argent, je m'attends à ce que la prochaine crise soit monétaire.


3) Le besoin d'anti-fragilité

Cette crise du coronavirus est presque une ode à Nassim Nicholas Taleb et en particulier à son livre : "Antifragile - Les bienfaits du désordre".


Je ne suis, bien sûr, pas innovant en parlant du besoin d'anti-fragilité.
Mais je voudrais insister sur son importance dans le contexte actuel, principalement en regard de la rentabilité, voire l'efficacité globale de l'entreprise.

Quand on a toutes ses usines entre les mains de sous-traitants en Asie (principalement en Chine), comme c'est le cas d'Apple, on est très optimisé, notamment en terme de résultat d'exploitation. Mais on est également à la merci d'un arrêt de ces usines qui pourrait se révéler bien plus toxique que l'ensemble des gains accumulés en n'ayant pas conservé toutes ses usines au même endroit ou bien entre les mains d'un seul fournisseur.

Au niveau d'une très petite entreprise, l'anti-fragilité se définit en particulier, selon moi, par la polyvalence des salariés et la répartition/distribution des clients.


4) La restriction des libertés

C'est un sujet sur lequel un grand nombre d'articles ont été écrits, mais je veux rajouter ma petite touche.

La restriction des libertés est pour moi le problème majeur de cette crise.

Pour gérer le problème de santé, les autorités ont pris l'une des décisions portant atteinte à l'un de nos droits les plus basiques : le droit de se déplacer.
Cette restriction, je la considère comme une mesure sanitaire, et à titre optionnel, comme un test.
Le fait que nous tous, moi le premier, l'acceptions si facilement, donnera très probablement aux autorités des idées pour restreindre nos libertés ... toujours pour le bien commun, je n'en doute pas.


Je me demande vraiment quelle sera la nature et l'étendue de la perte de liberté qu'ils nous demanderont d'accepter par la suite. En fait, j'ai déjà une petite idée.

Je me sens prêt à tout gérer (je veux dire à tout défier), mais le plus dur sera bien évidemment la perte de liberté de voyager, de se déplacer, d'entreprendre, etc...

Je n'ai pas pour l'instant, de remède tout fait.
Je peux simplement dire que la Liberté est un élément de la plus haute importance pour moi, et que pour le protéger, je ne peux penser qu'à accroître ma mobilité.
Lorsqu'on souhaite accroître sa mobilité, un certain nombre d'actions viennent immédiatement à l'esprit. Et le fait que ces actions ont un impact, parfois très important sur la rentabilité, ne doit pas pour autant nous arrêter, sauf si vous pensez que la Liberté n'est pas un de vos critères essentiels.







4 visions différentes de la future réserve de valeur. Qui aura raison ?

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité d'interviewer mon cher ami, Eric Larcheveque. Eric est devenu, depuis sa participa...