dimanche 3 juillet 2022

Quand c'est Bonduelle, est-ce que c'est bon ?

 Je produis ce court article pour donner mon opinion sur le titre Bonduelle, injustement valorisé selon moi. 

Pour commencer, présentons succinctement cette entreprise plus que centenaire, créée en 1853 et qui est aujourd'hui le leader européen ou mondial (selon les estimations) du légume préparé. 

L'entreprise exploite environ 124 000 hectares et vend ses produits dans plus de 100 pays au travers de 55 sites industriels. 

Chaque année, près d'un million de tonnes de légumes sont cultivés au travers d'un réseau de 2800 agriculteurs partenaires de l'entreprise.

Examinons le cours de bourse. L'action Bonduelle (code : BON) est aujourd'hui à 15,88 € à des plus bas de plus de 10 ans. Il faut même remonter à Décembre 2011 pour retrouver un cours aussi bas, sauf qu'à cette époque le périmètre de l'entreprise n'était clairement pas celui d'aujourd'hui. 


Le chiffres d'affaires pour 2021 s'établit à 2780 millions d'euros. L'entreprise présente un PER d'environ 8 (7,94), une valeur d'entreprise de l'ordre de 1 134 millions d'euros, et un rendement s'approchant des 3%, mais ce n'est pas l'aspect intéressant selon moi. 

En fait, il y a 3 raisons pour lesquelles l'entreprise suscite mon intérêt : 

1) Bonduelle est une société dont l'activité est indispensable à la vie en société, quelle que soit la situation. Je vois bien les humains se passer des produits et services d'Instagram, de Snowflake ou bien de Peloton, mais je ne les imagine pas se passer de légumes en conserves.  

Donc, quoi qu'il arrive et même dans un scénario de forte dépression imaginé par certains, les produits de Bonduelle resteront en forte demande. A plus forte raison dans le cadre d'une récession qui est mon hypothèse favorite pour les 2-3 ans à venir. 

La nourriture produite par Bonduelle est diététique. Puisqu'elle nécessite pour être produite beaucoup moins d'eau à calories équivalentes que la viande, elle est parfaitement au coeur des problématiques environnementales actuelles et donc dans l'air du temps (en attendant les sandwiches aux sauterelles que nous préparent "nos élites").

2) Deuxièmement, Bonduelle, même s'il est un leader mondial sur ses marchés reste une entreprise familiale avec un management paternaliste et prudent. Depuis plus de 150 ans, l'entreprise aux manettes  L'expérience montre que ce genre d'entreprises est celle qui résiste le mieux au type de grande crise qui se profile à l'horizon.  

3) Enfin, et c'est très important pour moi, l'actionnariat est relativement stable. 
La famille détient la majorité des parts et surtout les parts combinées détenues par Vanguard et BlackRock, les 2 "pieuvres" du capitalisme mondial ne dépassent pas les 2%. 
Ces 2 entités, Vanguard et BlackRock détiennent une part insolente des entreprises mondiales (et d'ailleurs Vanguard possède au moins 5% de BlackRock, ce qui fait de ses actionnaires les véritables maitres du monde) et en cas de faillites en cascade, il est fort possible que le parcours boursier de certaines entreprises ressemble à celui des montagnes russes. 
La résilience de l'actionnariat est un point que je considère de plus en plus, lors de mes décisions d'investissement. On a vu ce qui est arrivé à une action comme Atos. 



Il y a quelques semaines, Bonduelle est entrée en négociations exclusives pour la vente de sa filiale de conserves et de surgelés en Amérique du Nord. Cette opération s'est effectuée sur la base d'une valorisation de l'entreprise de 850 millions de dollars canadiens, soit environ 625 millions d'euros.   
Comme le souligne les Echos, les actionnaires ont eu l'occasion de découvrir que cette cession de 65% de Bonduel America Long Life (BALL) représentait 90% de la capitalisation actuelle du groupe
Pour le dire autrement, l'ensemble des autres filiales et des outils de production était valorisée pour moins de 100 millions d'euros, y compris la zone Europe, la plus importante au niveau du C.A. Il y a clairement un sujet de valorisation, même si l'endettement global (716 millions en 2021 selon Zonbourse) avant l'opération était relativement importante. 

mercredi 29 juin 2022

Intel : analyse d'une action à fort potentiel

A l’heure où le marché boursier subit une baisse significative, où le marché obligatoire connait une véritable déroute et où le marché des cryptos descend en enfer, il me semble intéressant d’attirer l’attention du lecteur sur une société qui représente, à mon avis, une excellente opportunité d’investissement de cours, moyen et long terme. Cette société n’est autre que le leader mondial du marché des semiconducteurs, Intel Corporation.  

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l’investissement dans Intel est en ce moment même une belle opportunité, et nous allons les détailler ci-dessous.

Lorsqu’on examine l’investissement dans une entreprise, la plupart des recommandations à l’achat ou à la vente démarrent par une analyse graphique. Ce ne sera pas mon propos. Je m’intéresse davantage à l’analyse fondamentale. Quels seront les facteurs considérés ?

Nous allons regarder :

  • La barrière à l’entrée : ce qui protège Intel de la concurrence
  • L’équipe dirigeante et en premier lieu, bien entendu le CEO
  • Les technologies et les axes de développement d’Intel
  • Les éléments de valorisation actuels ( chiffre d’affaires, EBITDA, PER,…)
  • L’évolution du cours ces dernières années
  • La politique de dividende, très régulière
  • Les aspects géopolitiques qui sont à moyen et longs terme, très favorables à Intel

 

Barrière à l’entrée

Commençons par un facteur essentiel : lorsqu’on investit dans une entreprise, on ne souhaite pas que celle-ci se fasse doubler par la concurrence (Yahoo !; Altavista, Hotbots,…) ou que les technologies qu’elle propose deviennent obsolètes.

De ce point de vue, Intel officie dans le secteur avec, à mon avis, la plus gigantesque barrière à l’entrée au monde. Les investissements sont tellement énormes dans la course à la miniaturisation que seuls Intel et Samsung peuvent suivre la course effrénée menée pour l’instant par TSMC.

Par exemple, rien que pour l’Europe, Intel a annoncé un plan d’investissement de 80 milliards sur 10 ans.

Ce n’est pas pour rien que Rob Larson sur le site Jacobin.com (repris en français par le site Les Crises) a parlé d’un oligopole dangereux.

Intel est pour l’année 2021 par ailleurs à la 6ème place de l’IFI Claims Patent Services qui publie notamment le TOP 250 des entreprises ayant déposé des brevets, loin devant AMD, Microsoft, Amazon et toutefois derrière TSMC et Samsung.

 

Dirigeant

En Janvier 2021, Pat Gelsinger a succédé au terne Bob Swan.

Un ingénieur technique qui succède à un financier : ce point est fondamental. Intel est une entreprise de high-tech et a besoin d’un vrai technicien. Microsoft a connu son heure de gloire avec Bill Gates, Google a démarré avec Sergey Brin et Larry Page, etc…

Et Pat Gelsinger n’est pas n’importe qui : il s’agit de l’architecte en chef du processeur X486, qui doit éveiller quelques souvenirs pour les plus anciens parmi nous.

Son mantra, « Intel is back » n’est pas une parole en l’air, comme nous allons le voir ci-dessous.

En 1 an et demi, Pat Gelsinger a effectivement annoncé une série d’investissements significatifs, souvent contre l’avis de Wall Street et ces annonces ont été des facteurs déterminants, à mon sens, dans la baisse du titre.  

 

Technologies

Dans son cœur de métier, la production de puces pour les PCs de bureau et les serveurs, Intel a fait dès le mois d’Août de l’année dernière, une série d’annonces sur la douzième génération de processeurs Core. Ces annonces ont permis à Intel de rattraper son retard sur la concurrence, sauf pour ce qui est de la finesse de gravure par rapport à AMD.

La 13ème génération est déjà attendue pour le deuxième semestre 2022.

La conférence annuelle « Intel Investor Day » permet d’identifier les technologies et axes de recherche qui constitueront les relais de croissance de demain.

Dans cette conférence, Intel indique être en avance sur son planning de finesse de gravure.

Ce point a d’ailleurs été renforcé par une annonce d’Avril 2022, selon laquelle l’ère Angström démarrera au second semestre 2024, soit 6 mois plus tôt que prévu. Cette ère annoncée par Intel devrait lui permettre de récupérer sa couronne de fondeur ayant la gravure la plus fine. On rappelle qu’un Angström fait 10-10 mètres ou encore 0,1 nm. Dans la réalité, les premiers processeurs de l’ère Angström seront gravés à 1,8 nm (soit 18 Angström).

Pour rassurer les investisseurs de long terme, Intel précise aussi ses domaines de recherche à l’occasion d’une conférence également annuelle, intitulée « Intel Vision Day ». La dernière s’est tenue les 10 et 11 Mai 2022 et elle a permis de clarifier les points suivants :

Ø  La création d’un nouveau processeur mobile ultra-puissant, le Core-HX, preuve s’il en est qu’Intel n’a pas abandonné le créneau des processeurs pour les équipements mobiles (principalement les ordinateurs portables).

Ø  Le lancement d’une nouvelle catégorie de processeurs dédiée à l’optimisation des centres de données : les IPU (Infrastructure Processing Unit).

Ø  La mise en production prochaine d’une nouvelle génération d’Intel Xeon, les Sapphire Rapids.

Ø  Une infrastructure complète logicielle et matérielle, appelée Gaudi 2, spécialement optimisée pour l’IA et les processus de « deep learning ».

Ø  Une plateforme complète de TaaS ( « Trust As A Service ») permettant aux entreprises de certifier les processus s’exécutant sur une plateforme à distance, tout en conservant à distance les clés de chiffrement. Chez Intel, cette initiative porte le nom de projet Amber. Gageons que cette offre connaitra un succès certain auprès d’un certain nombre d’agences gouvernementales.

On le voit, Intel est à la pointe sur de très nombreux fronts et la finesse de gravure n’est qu’un seul aspect de ses efforts de recherche et développement.

Mais Intel, c’est aussi une position de leader sur le marché émergent des puces neuromorphiques, avec la sortie de la puce Loihi 2, qui mime le comportement d’un réseau neuronal. Sur ce sujet, très stratégique pour le futur, Intel fait pratiquement jeu égal avec IBM.

Enfin Intel, c’est surtout une politique d’acquisition très intelligente, en particulier MobilEye, qui est à mon avis l’entreprise la plus avancée dans les solutions permettant de démocratiser la conduite autonome. Plus de 50 millions de véhicules utilisent déjà ses produits. Sa puce, la EyeQ Ultra permettra en principe une vraie conduite autonome de niveau 4, à partir de 2025.

Intel a entamé les démarches pour introduire en Bourse ce très beau fleuron d’ingénierie, dont il gardera la majorité du capital.

 

Valorisation

La valorisation actuelle, s’agissant d’un leader mondial est troublante pour dire le moins. Si l’on reporte les données issues du site YCHARTS, on observe une valeur d’entreprise sensiblement égale à la capitalisation boursière.

Les ventes se maintiennent à un plus haut, bien que les nouvelles mesures du PDG n’aient pas encore porté leurs fruits :


LE PER (Price Earning Ratio) est parmi les plus bas sur les 5 ans écoulés. A environ 6,2 fois les résultats de l’année en cours, il ne reflète pas la valorisation d’un leader mondial.

Selon le site MacroTrends, celui-ci est même à un plus bas de 13 ans :

La marge nette s’établit à 31,68%, le plus bas de ces 10 dernières années (toujours selon le site macrotrends.net) :

Le ratio Valeur d’Entreprise (VE) sur EBITDA, indicateur plus apprécié des professionnels est également très intéressant, notamment par rapport à la concurrence, selon le site Finbox :


Le site GuruFocus annonce des ratios encore plus intéressants :

Evolution du cours

En dépit de la stratégie technique décrite plus haut, l’évolution du cours de bourse reste décevante sur ces 5 dernières années :


Dividendes

Intel délivre un dividende trimestriel sans interruption depuis des dizaines d’années, même pendant la grande crise financière de 2008-2009.

Ce dividende est soit stable, soit en augmentation. Il n’a jamais diminué, si l’on fait bien sûr exception des périodes de fractionnement d’actions (« stock split »).


L’historique des dividendes est présenté en suivant ce lien.

Le graphique de l’évolution du dividende depuis 1994 sur le site de Macrotrends est encore plus clair : le dividende n’a jamais connu de réduction importante.

 
La politique de rémunération des actionnaires est donc un principe de base chez Intel, et au regard des temps troublés que nous allons traverser, cette simple nouvelle est réconfortante.

 

L’argument national

Intel est, ne l’oublions pas, le seul fondeur réellement américain avec Texas Instruments. TSMC est comme ses initiales l’indiquent basé à Taiwan et Samsung est coréen.

Les autres ( AMD, Qualcomm, Nvidia,…) ne sont pas fondeurs, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas les usines incroyablement sophistiquées qui permettent de fabriquer les puces. On dit qu’ils sont « fabless ».

Qu’on le souhaite ou non, Intel fait partie de la guerre que l’état profond américain a lancé contre la Chine qui ne fait pas mystère de ses ambitions de reprendre Taiwan, avec toutes les conséquences que cela aurait sur le marché mondial des semiconducteurs. Même si cet état de fait constitue un risque financier à court et moyen terme, il est aussi facteur de soutien à plus long terme.

Le « Chips Act » est un aspect concret de cette préférence nationale : le congrès américain a récemment voté pour débloquer un package global de 52 milliards afin d’aider les entreprises fabricants de semiconducteurs à implanter ou réimplanter leurs usines aux Etats-Unis. C’est ce qui a conduit Intel à décider la création de deux usines ultra-modernes dans l’Ohio pour un montant de près de 20 milliards de dollars et très récemment, à en délayer l’inauguration dans le but de forcer le Congrès à tenir ses engagements.

En Europe, le programme équivalent, « European Chips Act » permettra à Intel de toucher 6,8 milliards d’euros.

Il y a d’autres facteurs favorisant Intel, comme le fait que cette dernière n’est presque pas orientée vers la fournitures de solutions de minage à l’attention des cryptomonnaies à preuve de travail (« Proof Of Work ») contrairement à AMD et Nvidia : avec la poursuite probable de la chute de valorisation des cryptomonnaies, une baisse des ventes des solutions de minage est à prévoir.

Pour les investisseurs évoluant en zone Euro, parier sur Intel est également un pari sur le dollar et il y a de fortes chances que celui-ci continue de s’apprécier par rapport à la monnaie de la BCE. A cet égard, le pari est tout à fait approprié.

 


En conclusion, ce n’est pas souvent qu’un leader mondial se trouve malmené à ce point, en particulier sur un secteur aussi essentiel que celui des semiconducteurs, qui sous-tend toute l’industrie de l’informatique.

Retenons toutefois qu'il est probable que le secteur des semiconducteurs soit amené à connaitre un ralentissement conséquent, qui ferait logiquement suite à des années de vaches grasses ayant amené à des surinvestissements.  IDC prévoit une baisse des ventes dès 2023, dès que la pénurie de composants se sera apaisée. 

Ma conviction sur le long terme, en dépit des turbulences à venir, est un achat fort.

 

 

 

dimanche 24 avril 2022

Pensées politiques

Je voudrais que les rares lecteurs qui se pencheront sur cet article n'en tirent absolument aucune conclusion quant à mon état d'esprit ou à mes appétences politiques. En d'autres termes, j'essaie ici de donner une analyse politique aussi neutre que possible et détachée de toute préférence personnelle.

Tout d'abord, je voudrais tirer mon chapeau à Emmanuel Macron qui a fait une excellente (courte) campagne.

Cet homme, je l'ai dit dans mon précédent billet est rempli de charisme. Sa capacité dans la conquête du pouvoir est exceptionnelle !


Malheureusement, E. Macron est entouré d'une bande d'amateurs et de crétins, au premier rang desquels on trouvera, comme je l'ai indiqué précédemment, Bruno Le Maire. 
La dernière en date : cette sortie du ministre dans laquelle, il juge nécessaire un embargo de l'Union Européenne sur le pétrole russe
Quelqu'un peut-il lui expliquer qu'en cas d'embargo, le prix du pétrole va bondir, et qu'il est possible que la Russie, au contraire, en sorte renforcé sur le plan économique. 
Même si ce n'était pas le cas, le peuple russe est habitué, de longue date, aux privations : il a tenu plus de 80 ans pendant la sombre période de l'URSS. Il tiendra encore cette fois-ci, par respect pour la Mère Patrie. 
Il y a d'autres problèmes que notre "russophobie" entraînera sur le plan économique, par exemple celui-ci ... Mais chut ! Il ne faut pas en parler.

De fait, les journalistes s'attachent à relever les gaffes de Le Maire sur des sujets qui sont sans importance.  

lundi 18 avril 2022

Qui sera le prochain premier ministre d'Emmanuel Macron ?

 Le suspense est à son comble : Emmanuel Macron gagnera-t-il la présidentielle dimanche avec 56% des voix (comme le lui prêtent les derniers sondages) ... Ou n'obtiendra-t-il au final que 53% des voix ? 

En fait, plus que le score final lequel (remercions notamment les grands médias et les gens du spectacle qui ne se privent pas de nous souffler le nom du vainqueur) ne fait guère de doute, c'est l'évolution du score de l'extrême droite au fil des ans, qu'il convient d'analyser. 

Marine le Pen est absolument incapable de gouverner : tout le monde le sait, y compris ses chats.
Elle-même est au courant. Son espoir est d'ailleurs de faire un score aussi proche que possible de la barre des 50%, sans toutefois l'atteindre. 
Dans l'hypothèse absurde où elle arriverait au pouvoir, non seulement la rue (les banlieues) et les médias s'enflammeraient, mais la BCE déclencherait une crise financière d'une ampleur cataclysmique pour punir la France d'avoir mal voté. 
D'ailleurs, elle ne disposerait d'aucun relais politique, la majorité des principaux cadres du RN ayant émigré chez Zemmour.  

Autrement dit, le vote "Le Pen" n'est rien d'autre qu'un vote de protestation, sans aucun espoir d'aboutir sur des réformes concrètes.

Et bien en dépit de tout cela, il y a quand même, selon les sondages, entre 44% et 47% des électeurs qui s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen, non pas pour exprimer leur souhait de la voir diriger le pays, mais pour dire leur ras-le-bol d'un système qu'ils estiment tournés contre eux. 
Le match Macron - Le Pen est en fait un plébiscite "pour ou contre le système".  
C'est absolument incroyable quand on pense aux centaines de milliards d'euros déversés sur le pays ces dernières années (notamment avec l'opération du "quoi qu'il en coûte contre le Covid") pour arriver à un résultat où près de la moitié des gens en âge de voter ne se reconnaissent plus dans le système en place. Tout cela en dit long sur la déchéance de notre civilisation. Ce sera le sujet d'un prochain billet. 

Revenons au réel et en particulier au thème abordé dans cet article : qui, Macron va-t-il choisir la semaine prochaine pour succéder à l'insipide Jean Castex ? 

Je ne suis absolument pas dans le secret des dieux, mais comme tout le monde, j'ai quelques idées sur le ou la candidate qui pourrait être en situation de passer ses nuits à Matignon. 

D'abord, je pense que le candidat idéal est un candidat de droite : la droite, c'est à dire le pragmatisme face au réel, est encore majoritaire dans le pays, et c'est en partie ce qui explique, selon moi, que le pays tout entier n'ait pas encore sombré. 
Quand on regarde ce qui s'est passé au 1er tour, l'ensemble des candidats de gôche ( Arthaud + Poutou + Roussel + Mélenchon + Jadot + Hidalgo) n'a pas dépassé les 32%, c'est dire le nauffrage de ces idéologues déracinés. Pour le moment, la France est encore une terre de droite.
Bien qu'il s'agisse d'un candidat de droite, il doit être Macron-compatible. Par question de prendre un Laurent Wauquiez ou un Eric Ciotti. Ces gens-là rappellent, par leurs idéologies extrêmes, "les heures les plus sombres de notre histoire" pour paraphraser Libération. A droite donc, mais pas trop. Un profil comme Edouard Philippe ou Jean Castex, donc. Ha ! On me souffle dans l'oreille qu'ils ont déjà servi.

Ensuite, il faudra une personne connue des français mais qui ne soit pas susceptible de faire de l'ombre au chef de l'Etat. Macron en est à son deuxième mandat et à priori, le niveau de détestation qu'il générera parmi la population lui enlève dors et déjà toute perspective de changer la constitution puis de concourir pour un troisième mandat. Je veux bien croire que les français ont un cerveau de poisson rouge, mais il y a des limites. Un candidat comme Sarkozy ou tout autre ambitieux ne saurait s'accommoder très longtemps de Macron, qui sera sur le départ. 
En plus, Macron voudra avoir la paix. C'est son dernier quinquennat à l'Elysée, bordel ! Donc merci mais pas de connard comme Nicolas Hulot ou de petites frappes qui ne paient pas leurs impôts comme Laura Flessel.

Troisièmement, il faudrait que cette personne ait une sensibilité de gauche, pour contrebalancer le fait qu'elle soit issue des rangs de la droite. Pourquoi pas une personne en rapport avec l'écologie ?
C'est très bien, l'écologie : c'est une valeur de gauche, forcément. On ne peut pas imaginer que la droite puisse faire de l'écologie... 
Dans la réalité, l'affirmation précédente est une absurdité absolue, les escrologistes d'EELV étant des caricatures de la véritable écologie. Mais ce qui compte, c'est le symbole n'est-ce pas, la narration, l'image plutôt que la réalité des faits. Va pour l'écologie !

Quatrièmement, il serait bien que cette personne apporte un vent de fraicheur sur le pays, par exemple qu'elle soit issue des minorités. Ce serait bien qu'elle soit une femme, qu'elle soit noire ou homosexuelle. Evidemment, une femme lesbienne d'origine africaine serait parfaite, mais en même temps, il ne faudrait quand même pas se mettre trop à dos l'électorat de Sens Commun. 

Quand on pose sur la table tous ces critères pour bien faire, on s'aperçoit que le candidat idéal est en fait une candidate, et qu'il s'agit de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Dort-elle ? Est-elle submergée par l'émotion de savoir qu'Emmanuel pense à elle ? 



P.S. Apparemment, la relation ne serait pas au beau fixe entre la belle de New York et le roi de l'Elysée, ce qui fait que mon scénario de politique fiction prend sérieusement du plomb dans l'aile. Je lui trouvais quand même plus d'allure que de choisir l'apathique Elisabeth Borne ou pire encore, la pimbêche Christine Lagourde. 









vendredi 15 avril 2022

Le mystère Emmanuel

 Il y a clairement un mystère entourant Emmanuel Macron. 

Même après 8 ans (on va dire que le français moyen le connait depuis son arrivée au Ministère de l'Economie), l'homme continue de déclencher les passions. 

Le niveau de haine qu'il déclenche auprès de certains de mes concitoyens continue de m'impressionner. Je ne suis clairement pas un supporter de Macron, mais il ne m'inspire clairement pas autant de mépris que son prédécesseur, François Hollande. 
Ce dernier n'avait même pas, selon moi, le niveau nécessaire pour être secrétaire adjoint de la sous-préfecture de Corrèze. 
De la même façon, je m'étonne sans cesse des lauriers qu'on lui tresse, de la manière dont certaines personnes sont prêtes à affirmer la main sur le coeur qu'il a globalement bien géré le pays. 
Ces personnes passent outre à toutes les bêtises de Macron, à ses énormes erreurs stratégiques, à ses grands écarts permanents. 

Je vais, dans ce billet, dire "ma" vérité sur le candidat Macron : il s'agit d'un candidat au profil de gendre idéal, charismatique,  exceptionnel dans sa capacité à communiquer et qui, au final se révèle excellent dans sa capacité à prendre le pouvoir. 

Une fois ce pouvoir pris, il n'a plus de vision, plus de stratégie, plus de marqueurs forts à part la volonté de profiter et de placer ses obligés à différents échelons. 

Cette capacité de fidéliser, de séduire et de trahir est d'ailleurs fort bien décrite par le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, "Le traitre et le néant" dont je suis en train de finir la lecture.

Tandis que la capacité à se servir sans vergogne, à piller la France a été mise en évidence dans plusieurs livres, au premier rang desquels "La Mafia d'Etat" que je n'ai pas encore lu.  

J'écoutais la déclaration de Delamarche dans le debrief avec Sylvain Tiger : malheureusement, Delamarche est trop excité pour être crédible dans son entreprise de démolition du candidat Macron. Je note surtout qu'il s'étonne de ce que personne n'arrive à mettre Macron face à ses contradictions et qu'il avoue humblement ne pas pouvoir se mettre dans la peau d'un macroniste. 
C'est intéressant, mais ce n'est pas la meilleur façon de convaincre. Je préconise malgré tout de regarder cette interview fleuve de plus de 100 minutes. 

L'analyse de François Asselineau est beaucoup plus claire et didactique : je vous engage à la consulter.

De mon côté, je souhaite donner 3 exemples très récents qui montrent que Macron (et sa clique) n'ont pas de colonne vertébrale politique, en clair qu'ils sont prêts à se renier à tout instant, si cela peut permettre de les porter au pouvoir ou de les y conserver.  
Si vous faites des recherches sur les 5 ans écoulées, vous en trouverez énormément d'autres, mais mon impératif est de prendre 3 exemples tirés de l'actualité immédiate.

Avant tout, commençons par cette interview d'Emmanuel Macron sur RTL le 08 Avril, l'avant-veille du premier tour de l'élection présidentielle. Il est important de regarder cette interview en préalable pour comprendre à quel point cet animal politique est adroit, habité par ses propres arguments. 
Je le sens capable de défendre avec passion n'importe quelle thèse et dans la foulée soutenir l'antithèse avec tout autant d'habileté sémantique. 

Une fois cette interview passée, venons-en à nos exemples. 
Le premier d'entre eux concerne son fidèle premier ministre, ou peut-être devrais-je dire, son fidèle grouillot, j'ai nommé l'incroyable Jean Castex qui n'a rien trouvé de mieux que de prendre son jet pour aller voter dimanche dernier. 
Une incroyable facture (probablement plus de 10 000 €) pour un aller-retour express uniquement pour des raisons de communication...
Sur RTL, Castex s'est justifié en indiquant ni plus ni moins qu'il avait le droit (à partir de 11:34 sur la vidéo). 
Je rappelle que le mouvement des Gilets Jaunes a démarré en 2018 quand ce gouvernement a décidé d'augmenter le prix du gasoil pour lutter contre le réchauffement climatique. 

Il y aurait beaucoup à dire, comme l'a si bien résumé Jean-Marc Jancovici sur sa page Linkedin :


Bien entendu, le 1er ministre a ses arguments prêts à servir : je suis le premier ministre, il faut que je puisse être à Paris rapidement, bla bla bla...
Mais pour qui réfléchit 5 minutes, il n'y a aucune obligation d'être dans son village, sauf au titre de la communication. C'est simplement indéfendable dans le schéma actuel où le petit peuple a subi de fortes taxations sous le prétexte de la lutte contre le réchauffement climatique. 

Le deuxième exemple reprend Macron lui-même qui le lendemain du 1er tour, lors d'une discussion avec 2 infirmières assure que lorsqu'il assumait d'emmerder les non-vaccinés, il le disait de manière affectueuse !
Cette vidéo est délicieuse, car je reste admiratif de la manière dont il essaie d'emballer le morceau. 
Je ne m'attendais pas à ce qu'un président dise qu'il allait emmerder les français. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il prétende que c'était affectueux. J'ai bien envie de citer Audiard, encore une fois. 


Le troisième et dernier exemple correspond à cette scène du 12 Avril à Strasbourg, dans laquelle Macron interpelle une femme voilée et lui demande si elle porte le voile de manière volontaire et se réjouit de ce qu'elle soit féministe

Cette scène a été abondamment commentée sur les plateaux de télé, habituellement pour la dénoncer. 
Moi, j'y vais surtout un talent certain de création des oxymores, car je ne considère par qu'on puisse être de manière générale, voilée et féministe. Les mots ont un sens. 
Mais au delà ce talent pour créer de belles figures de style littéraires, je crois qu'il démontre surtout sa démagogie, principalement auprès de l'électorat musulman, qu'il souhaite bien sûr capter tout entier au dépens de Marine Le Pen. 


Je n'ai pris que 3 exemples récents : je n'ai même pas parlé de l'affaire McKinsey, de l'affaire Alsthom, de l'Alphagate et de tout le reste !
Ces exemples récents sont malgré tout très parlants : ils sont tous difficilement défendables si on prend le temps de les examiner un par un, mais je suis sûr que le candidat chercherait avec toute sa fougue à les justifier, et qu'il y connaitrait un certain succès. 

Au final, j'ai bien envie de synthétiser Macron par cette image du dessinateur Marsault : 

Ma conclusion est sans appel : Emmanuel Macron est très certainement animé par l'énergie et la volonté de bien faire. Il présente bien et sait charmer la quasi totalité de ses interlocuteurs. Mais ses résultats ne sont tout simplement pas à la hauteur de ses promesses : la faute à un manque d'expérience de vie.
Et surtout, il profite et abuse du pouvoir, comme le faisait d'ailleurs Mitterrand. 
Je n'envisage toujours pas de voter pour lui. 


L'intelligence artificielle

  Je m'aperçois que je n'ai toujours pas écrit d'article sur l'invention la plus révolutionnaire du 21ème siècle, et peut-êt...